‹ A travers l'Afrique australeChapitre 26 sur 29 · LE PAYS DES ZOCLOUS · texte numérisé non relu

LE PAYS DES ZOCLOUS

Une scène qui se répète sur celte grande route commerciale du Zoulouland comme dans toute l'Afrique Australe, ce sont les longs convois de chars à bœufs qui transportent à Eshowe les marciiandisos du Natal et du Transvaal. Les interminables attelages sont conduits pardesZoulous qui poussent constamment des cris bii'.arres,tel3 que n'en peut produire qu'un gosier nègre. S'ils ont dix-huit bœufs à mener, chaque bête a son nom propre, en sorte qu'il ont dix-huit cris divers pourl'édificationspécialo de chacune d'elles; je ne sais si tes bœufs les comprennent, mais ils paraissent parfaitement indifférents à la voix du conducteur, et ils s'en vont de leur pas flegmatique, beuglant à qui mieux mieux et tirant par monts et par vaux les gros chariots gémissants et craquants, construits, sans l'aide d'un seul clou, en bois de sdn/cvood {iaurus buHata), l'essence la plus résistante du pays.

Sur cette route dus chars, on ne voit ni une maison ni une hutte. Ce n'est pas que le pays soit désert et inliabité ;les kraals',ou villages zoulous, sont même assez nombreux dans le voisinage, mais jamais on no les trouve le long de la route : ils sont toujours établisàquelques centaines de mètres do distance, généralement sur le revers d'une montagne, et on y arrive par d'étroits sentiers de bestiaux qui les relient à la route. Le kraal se compose d'un petit nombre do huttes, dixou vingt au plus, rangées dansnofl

cnceinle de terre battue clôturée par une haÎP. Chaque huile est soumise à une taxe annuelle de quatorze sliellings. Ces huttes, au lieu d'être de forme conique, comme chez d'autres peuplades africaines, sont rondes comme des ruches, et la construction en est fort simple. On plante verticalement dans laterrc une rangée circulaire de branches qu'on recourbe de façon à les faire converger vers un même point pour former le support du toit; puis on construit un entrelacement de brandies horizontales, et on consolide la charpente avec des lianes; enfin on tapisse le tout de gazon, ce qui est l'ouvrage des femmes, et la case ainsi édifiée offre un excellent abri contre la pluie, le soleil et le froid.

Au risque d'être mis en pièces par les chiens hargneux qui défendent l'accès des kraals, j'ai voulu en voir un de près, et je me suis dirigé, h.' bâton à la main, vers un village d'une douzaine de huttes. En y entrant, j'ai été allaqué par les chiens, mais je les ai tenus en respect par un vigoureux moulinet, et suis arrivé auprès d'une case devant laquelle deux ou trois familles indigènes formaient un groupe pittoresque, les femmes paresseusement couchées sur le ventre, les hommes accroupis sur les talons et occupés à se faire muluelloment la toilette compliquée de leurs têtes : l'un d'eux polissait consciencieusement Yisicoco de sou voisin, de façon à donner à l'anneau de tête le brillant du jais.

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