‹ A travers l'Afrique australeChapitre 27 sur 29 · LE PATS DES 20UL0US · texte numérisé non relu

LE PATS DES 20UL0US

Les Zoutoos tlcnicurenl [oui ahuris de l'inlrusiou du blanc cliez eux, et à luur première stupeur succède bienlôt un éclat de rire, mais un rire si sonore, si franc et si joyeux, que cela me gagne aussi. Et du coup nous sommes amis. Je m'informe en anglais de leur santé, ils ma répondent en zonlou, langue aussi riche que l'espagnol en voyelles et en gutturales; je leur réplique en français, et il faut croire qu'ils n'ont jamais entendu un langage aussi drôle, car celte fois c'est surtout chez les femmes un rire inextinguible ; l'une d'elles, la plus jeune et la plu^ jolie, est obligée de s'asseoir pour donner libre cours à son hilarité ; son costume so compose d'un pagne en perles et d'un collier: au moyen du langage dos gestes, je la décide à détacher, avec une petite moue, son collier, qu'elle me cède pour six pence, et àla vue delà petite pièced'argent, ses grands beaux yeux, qui vous regardent en face, rayonnent de contentement,

La belle race que ces Zoulous 1 Les beaux corps bronzés ! Des chairs fermes et bien potelées, un torse d'un galbe admirable, des épaules et des membres d'une beauté sculpturale, d'un profil presque classique. Et puis, les bonnes figures rieuses! Un rire franc et clair, coulant comme une pluie de perles d'une bouche qui s'ouvre toute large et oii brillent de splendides rangées de dents d'un blanc d'ivoire. En vrais enfants de la nature, ils sont peu frileux, et ils sont, pour

la plupart, nus de la lèle aux pieds, sauf le pagne en peau ou en perles, la soûle concession qu'ils fassent aux Européens. Chez les femmes mariées, le costume est un peu moins sommaire : elles portent une couverture de laine aux vives couleurs, qu'elles passent sous le bras gauche et ramènent sur l'épaule droite, laissant le haut du corps à découvert. Elles n'ont la grâce et la heauté que dans la première jeunesse, et elles vieillissent avant l'âge, à cause des rudes travaux dont leurs maris se déchargent sur elles, et comme elles ont l'habitude de porter leur nourrisson sur le dos, on les voit souvent rejeter leurs seins déformés par-dessus leur épaule pour allaiter leur progéniture. Les hommes atfectioilnent autant que les femmes les colliers de perles et les bracelets de métal; ils ont la singulière habitude de se perforer le lobe de l'oreille d'une large ouverture dans laquelle ils passent un roseau creux leur servant de tabatière; di leur épaisse toison chevelue, ils placent, comi dans un magasin portatif, toutes sortes d'obji disparates, des bâtons pointus, des cuillers en ivoire, de petites vessies gonflées d'air, et mille autres futilités dont eux seuls connaissent lea usages compliqués. Rien de plus varié que lei coiffures: l'un s'enduitles cheveux do beurre, autre se les teint avec de la terre rouge, celu les tresse eu cordelettes, celui-là les dispose forme de casque, de mitre ou de quelque auti

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