‹ A travers l'Afrique australeChapitre 28 sur 29 · LE PAYS DES ZOULOUS · texte numérisé non relu

LE PAYS DES ZOULOUS

érlifice bizarre. li faudrait beaucoup de temps pour décrire consciencieusement (ousies genres de coiffures artistiques auxquelles se prêtent les tètes zouloues.

Voulant voir l'intérieur d'une case, j'ai fait comprendre à un vieux ionbomme paraissant être UQ induna {chef) que j'avais soif et que je désirais boire. 11 m'a alors invité à entrer dans sa case, où je me suis introduit en rampant par une porte très basse, qui constitue l'unique ouverture. Sur le plancher en terre battue il n'y avait d'autre mobilier que de petits oreillers de bois et de primitifs ustensiles de cuisine. Le feu se fait dans un trou creusé a» milieu de la hutte, et la fumée s'échappe par la porto. Dans un coin de la case sont empilées les couvertures dans lesquelles les Zoulous se roulent pour dormir sur le sol. Pour compléter l'inventaire du mobilier, mentionnons une pierre sur laquelle une femme pétrissait du maïs, et qui m'a rappelé le rt metate » des anciens Astèques, avec lequel les Indiennes du Mexique confectionnent leurs H tortillas w ou (galettes do maïs. Le chef m'a offert, dans un vase de bois très propre, l'excellente bière indigène, Vuti/unia, que les Zoulous fabriquent avec Vamàbélé, sorte de millet qui forme la base de leur nourrilure.

J'ai payé l'hospitalité de ces braves sauvages par une distribution de cigares et de tabac dont ils ont paru enchantés, et j'ai poursuivi ma

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route jusijti'au sommet du deuxième Je fdanais de là, à vol d'oiseau, sur une iinmensi étendue de pays, depuis l'Océan Indien jusqu'ai mont Isandhlwana, au pied duquel tout oi régiment anglais fut massacré jusqu'au derniei homme par les Zoulous, en 1879. A porte de vm je pouvais suivre la ligne des poteaux télégrapliiques, dans la direction d'Eshowe, dont je devais être en ce moment à quatre ou cinq lieues ; mais peur y atteindre, il m'eût fallu un cheval. J'eusse donné tout le Zoulouland pour un cheval. Je marchais depuis trois heures sous un soleil ardent, sans espoir de rencontrer un autre gîte qu'un kraal, et plutôt que de m'épuiser on une impossible expédition pédestre, je repris la route de la Tugela, que je repassai à cinq heures du soir, au soleil couchant.

Le lendemain j'étais de retour à Durban.

SES DERNIERS JOURS AU HiTAL

Silué sous un courant équatorial, Durbaa a des chaleurs torrides, même ea liiver, et pendant les heures de soleil la température y est plus élevée qu'en Europe au cœur de l'été. Imitant les Anglais qui, pour fuir les chaleurs de la ville, recherchent lea frais ombragea de la Berea, j'ai quitté le Royal Hôtel pour aller m'installer à la campagne et jouir de l'air pur et élastique des plateaux. J'avais songé d'abord: à m'étabJir à Pinetown, joli village situé à une demi-heure de chemin do fer, surune hauteur qui jouit d'une grande réputation de salubrité. Ses habitants se vantent de ce que depuis douze ans on n'y a pas enterré un homme. Je n'ose garantir l'exactitude du fait, mais ce qui est authentique, c'est le mot d'uo habitant de la colonie rivale — un Cape colonisl — qui répliquait saos s'émouvoir qu'il y avait chez lui un village tellement salubre qu'on avait dû tuer un homme pour inaugurer le cimetière. C'est dans les environs de Pinetown que des Trappistes autrichiens ont fondé le ce-

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ièbre monastère de Marianhill où, à côté des ateliers où ils initient les noirs aux différents métiers agricoles, ils ont établi des écoles pour l'instruction des enfants indigènes. Ces religieux jouissent ici, dans cette colonie protestante, d'autant de liberté que de considération et de bienveillance, et c'est un témoignage à rendre au sens pratique des Angolais qu'ils comprennent la bienfaisante influence de l'élément religieux sur la prospérité de leurs colonies.

J'ai donc pris le train pour Pinetown. Le charmant voyage ! A peine a-t-on quitté la gare de Durban, — ou plutôt la future gare, qu'on est en train de construire, — qu'on s'engage au milieu des verts coteaux de laBerea semés de blanches villas. Puis, voici les villages de la banlieue de Durban, dont les jolis noms indigènes sonnent à l'italienne : Congella, assise au bord de la baie intérieure, village de coulies avec sa petite mosquée hindoue; Oumbilo, où la voie commence sa rude ascension vers ]e plateau, à travers les bouquets do bambous, les palmiers et les fougères arborescentes. Les courbes succèdent aux courbes, et comme il n'y a point d'alignemenla droits de l'une à l'autre» il en résulte des chocs brusques et inattendus. Le paysage a un ("■■* autre aspect qu'aux environs de Cape-Town.

cap de Bonne-Espéranco, c'est une nature tère, qui fronce le sourcil; ici, c'est une n douce et bienveillante, attrayante com^

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