‹ A travers l'Afrique australeChapitre 5 sur 29 · LA MONTAGNE DE LA TABLE · texte numérisé non relu

LA MONTAGNE DE LA TABLE

Si la ville du Cap n'avait d'autre attrait quo ses Cafres et ses rues, ce serait peu, en vérité ; mais elle a, je l'ai dit, sa magnifique situation sur un promontoire, à l'extrémité d'un continent, dans une profonde vallée s'ouvrant entre deux montagnes, l'une très haute, dont la n table » commande fièrement la ville, l'autre plus basse et moins abrupto, plus décliiquetée, mais portant altii^rement aussi sa « tête de lion » . Et puis, cette baie d'une courbe si délicate, d'un bleu si puri Et enfin, ce ciel si clair, si transparent, grâce à la qualité spéciale d'une atmosphère qu'on ne trouve qu'ici.

Pour jouir pleinement de lascène et la retenir pour toujours dans la mémoire, il faut monter au Kloof. Le Kloof, un de ces noms hollandais respectés par les Anglais, qui pourraient lo traduire par a cleft », est la passe qui s'ouvre entre la Table et la Tèle du Lion. J'y suis monté à pied par Kloof Ftnud, superbe route carrossable Construilc par les convicts, et dont chaque lacet

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o9re de nouvelles échappées s'ouvrant çk et li entre des pins fjiïants. Les rares passants qu'on rencontre sont des noirs : ils me regardent d'uo; œil étonné, car les blancs ne vont guère à pied dans ces parages écartés : leur altitude n'a, toutefois, rien d'hostile, et l'on peut, m'a-t-oo dit, se promener en complète sécurité danstouta l'Afrique Australe au mlliou de ces bons Cafres et de ces Zoulous qui sont, après tout, qu'ils le sachent ou non, les maîtres du pays.

Quand on a gravi deux heures au milieu des grands pins séculaires, on débouche on face delà Tête du Lion, énorme dôme dont les parois portent des arbres qu'il faut aller admirer dft près, car ce sont des arbres étranges, et l'on ni voit nnlle'part ailleurs ces curieux représentant! de la flore sitvestre sud-africaine. Quittant done' la grande route, j'ai marché vers ces arbres quS j'ai trouvés d'abord tout petits et clairsoraés mais bientôt ma promenade s'est poursuivie aa milieu d'une véritable foret, et quelle forêt 1 Je n'aurais pas éprouvé le moindre étooneraent si j'y avais vu surgir une fée des bois armée de sa baguette magique, car le spectacle que j'avais sous les yeux semblait être l'effet de quelque enchantement. Autour demoi tout était d'argent, feuilles, branches, troncs, et je me demandais si je n'étais pas devenu d'argent moi-même, car la lumière, réllécliio par ia surface argentée dii' feuillage, semblait être une lumière blanchof

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