‹ A travers l'Afrique equatorialeChapitre 18 sur 86 · ITINÉRAIRE PARTIEL DU VOYAGE · texte numérisé non relu

ITINÉRAIRE PARTIEL DU VOYAGE

JL traders l'JLfriq:-u.e Kq:-u.a.toriale

par ANDRÉ PILETTE

buait la solidité des constructions durant les tremblements souterrains.

J'arrivai à Fort-Portal (Toro) (i), (juinze jours après avoir quitté Entebbé. Je crus voir une petite ville, mais je fus déçu. Le nécessaire en matière d'installations coloniales y avait été fait, mais pas grand'chose de plus. Il est remarquable que la civilisation s'avère avec force dans la région, puisqu'on y trouve, en dehors des bureaux de l'administration et de la force publique, un hôpital, la poste et le télégraphe, des magasins, etc. On y trouve aussi, et c'est surprenant, des porteurs à volonté ; c'est pour cette raison, sans doute, qu'ayant accordé un jour de repos à ceux qui avaient fait la route avec moi, la grosse moitié du contingent crut bon de s'éclipser sans me remercier de la mesure humanitaire prise à leur égard. Cependant, les remplacer fut l'affaire de quelques heures. Je repris la brousse le lendemain après-midi, dans la direction Nord-Ouest et je vins camper au pied du massif du Ruwenzori, à plus de 1600 mètres d'altitude, dans le fond d'une vallée où soufflait un vent glacial. De là, la vue est superbe sur les montagnes profondément ravinées, mais l'air peu limpide ne permet pas toujours à l'œil de percevoir au loin.

Le chemin devint impraticable aux bicyclettes et c'est pédestrement que je continuai ma route. Une longue descente presque à pic nous conduisit dans une large vallée où serpente le sentier qui, après avoir franchi un second étage, nous amena dans la plaine de la Semliki. Les nombreux ruisseaux descendant les pentes sinueuses apportèrent une eau fraîche et claire que la caravane apprécia grandement après les privations des derniers jours.

(i) Consulter pour les noms géographiques qui suivent, la carte II, la laisser dépliée durant la lecture.

Aussitôt que j'atteignis les bords de la Semliki, je m'empressai de la traverser pour, enfin, me trouver en territoire belge. Large en cet endroit d'une centaine de mètres, la rivière charrie une eau boueuse ; ses rives sont si régulières qu'elles semblent d'œuvre artificielle. La Semliki déverse les eaux du lac Albert-Edouard dans le lac Albert ; son courant n'est pas très rapide, mais des chutes en interdisent l'accès aux steamers. Seules les pirogues peuvent en descendre et remonter le cours (i).

Je repris la direction Ouest un peu avant de franchir la Semliki. Un sentier conduit vers une nouvelle chaîne de montagnes qui s'étend du Nord au Sud et compose en partie ce qui pourrait être dénommé l'épine dorsale de l'Afrique. On l'appellera comme on voudra ; moi qui me prépare à la longer et à l'escalader durant une notable partie de mon voyage, je l'appellerai toujours Mitumba bien qu'en avançant vers le Sud, elle prenne, à en croire les indigènes, des noms aussi baroques que divers. D'après mon itinéraire, elle côtoie sans interruption les lacs Albert, Albert-Edouard, Kivu et Tanganika, pénètre dans le Katanga où elle porte, en géographie, le nom de ^litumba. De l'autre côté de cette suite de lacs, lesquels s'alignent du Nord vers le Sud, se retrouveront à nouveau des montagnes d'une suite moins régulière et probablement de structure géologique différente. Ces grands lacs sont encaissés dans un très long et large couloir que les premiers explorateurs se sont efforcés à suivre. Je suivrai donc cette route naturelle, en m'écartant de temps en temps vers la droite ou vers la gauche selon les nécessités qui se présenteront.

(i) Voir photographie n'"» 7.

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