‹ A travers l'Afrique equatorialeChapitre 61 sur 86 · VOLCANS ÉTEINTS VUS COTÉ NORD-OUEST DES HAUTEURS DES MITU.MBA · texte numérisé non relu

VOLCANS ÉTEINTS VUS COTÉ NORD-OUEST DES HAUTEURS DES MITU.MBA

Photo lie l'auteur.

95- — LE NYAMLAGIRA VU COTÉ NORD-OUEST DES HAUTEURS DES MITUMBA. DANS LA PLAINE, LES TACHES FONCÉES SONT DES COULÉES RÉCENTES DE LAVE.

André Pilette. .4 travers l'Afrique Éqnatoriale

DANS LES MONTS VIRUNGA ET MITUMBA 323

mener à nouveau chez des indigènes. Je poursuivis donc ma route, dès l'aube du lendemain. Des hauteurs du Nyamlagira, je découvrais, au loin, au Nord-Ouest, dans les ondulations des Mitumba, des lacs vers lesquels je me dirigeai. Deux petits volcans fumaient sur les pentes rocheuses de celui que je contournais ; leurs éruptions, assez récentes, avaient déversé sur les flancs et jusqu'au pied du Nyamlagira, de la lave que nous franchîmes. On reconnaît l'âge de la lave à sa teinte foncée, presque noire (i). Traverser ces scories est pénible. La lave était faite, ici, de blocs de dimensions variables, hérissés d'aspérités innombrables meurtrissant les pieds des porteurs. Ils avançaient avec lenteur et posaient les pieds avec précaution sur ces rochers comparables à des hérissons roulés en boule (2).

Les nègres s'étaient armés la plante des pieds de sandales faites de ce qu'ils avaient pu trouver ; certains en portaient de confortables en cuir ; d'autres de dérisoires en feuilles de bananiers. L'un d'entre eux portait un vieux paillon de bouteille en guise de semelle. Malgré tant de précautions, plusieurs porteurs terminèrent cette terrible journée ayant l'extrémité des orteils dépourvue de derme. J'ai fait déjà l'éloge de l'endurance des nègres. Malgré leurs souffrances, ils ne prirent qu'un quart d'heure de repos, vers onze heures et un autre à quatre heures, pour s'abriter d'une ondée.

A la finde l'après-midi, nous étions au bas des flancs Nord- Ouest du Nyamlagira. Au pied des Mitumba, un sentier montant presque à pic fut le dernier calvaire en ce terrible jour. Nous campâmes dans un village situé presque au som-

(i) Voir photo 11° 95.

(2) Voir photo no 93.

met de la première ligne de faîte Est de la longue chaîne montagneuse (i).

Au sommet de la grande ehaîne des Mitumba, je pus me rendre exactement compte, vers l'Ouest, de la disposition des lacs Mukota qui, lorsque je les aperçus, étaient au nombre de quatre : deux assez grands, l'un proche de l'autre, et, dans le voisinage, deux petits que la saison sèche prive, peut-être, de leurs eaux.

La chaîne des Mitumba, à cette latitude, atteint une largeur longitudinale de 60 à 75 kilomètres ; elle se compose de quatre lignes de faîtes plus au moins parallèles et très nettement apparentes. Pour la traverser, il faut escalader successivement ces lignes pour, après chaque montée, redescendre dans une vallée très large et assez profonde, encombrée de mamelons obligeant à quelques ascensions plus courtes, mais quand même fatigantes. Les lacs sont situés entre la première et la seconde ligne de faîte Est. J'allai camper sur les hauteurs qui les avoisinent. Chacun de ces lacs porte un nom : le mot Mukoto est le nom du chef décédé à qui a succédé l'une de ses veuves, laquelle dirige la région sans grande autorité. Suivant les dires des indigènes, le plus grand des deux lacs porte le nom de N'Dalala (2). Il est de forme oblongue, très découpé et parsemé d'îles ; sa longueur est de 12 à 15 kilomètres. Le second se nomme Luenghé (3) ; il est plus régulier de contour et plus petit que le précédent. Les deux autres sont de grandes mares. Le lac N'Dalala (4) est des plus pittoresques ; il est entouré, de tous côtés, de

(1) Voir photo n° 94.

(2) Voir photo n" 96.

(3) Voir photo n" 97.

(4) Voir photos n^^ 96 et

LACS MUKOTO (Nord-Ouest Région des Volcans du Kivu).

Page 1