‹ A travers l'Afrique equatorialeChapitre 72 sur 86 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

Descente rapide sur le Congo

Ponthierville. — ■ Stanleyville. — Les Waghénia. — Les tatouages. — Stanley-Falls et pêcheries. • — La descente du Congo. — Les noirs et leurs bagages. — Les termites. — Les fourmis. • — Parasites des animaux. — Manque de confort. — Danses indigènes. — Vie africaine. ■ — Différents aspects du fleuve. — • Léopoldville. • — • Les bouches du Congo.

Nous étions arrivés à la mi-août 1913 ; la saison sèche des régions australes avait fait baisser considérablement le niveau des eaux du Lualaba, et rendait la navigation difficile à cause du manque de profondeur. Les bateaux se jetaient sur des bancs de sable au risque d'y demeurer et ce n'était qu'après des manœuvres laborieuses que l'on parvenait à les renflouer. Cet état de choses retardaient considérablement les transports et jetaient le désarroi dans les services réguliers. J'eus cependant la chance d'atteindre Ponthierville (i) sans encombre, à bord du «Delbeck» (2). Ce poste est des mieux

(1) Voir photo n» 129.

(2) Voir photo n" 128.

situé et ioliment entretenu; j'y passai quelques jours agréables : les indigènes chassent continuellement dans la forêt, capturent les animaux vivants (i) et les apportent aux Européens quand ils le leur demandent. Ils tendent, pour les maîtriser, de longs filets vers lesquels ils traquent. Les bêtes dissimulées dans la végétation fuient devant les noirs, et tombent dans les rets, où elles sont aussitôt tuées à coups de lance. Les plus inoffensives sont laissées en vie et amenées dans des paniers. Comme la viande fait souvent défaut, on les enfemie dans un enclos et on les supprime suivant les nécessités.

Les habitants, durant mon séjour, apportèrent une grande diversité d'animaux parmi lesquels deux variétés de Céphalophes et plusieurs chevrotains (Dorcatherium aquaticum) , que les Européens de la région dénomment antilopes d'eau, eu égard à leurs habitudes. Ce curieux ruminant — au dire des indigènes, — se tient de préférence à proximité des rives herbeuses ou boisées des cours d'eau. Traqué, il cherche souvent son salut en plongeant dans la rivière, et il échappe, à la nage, à ses poursuivants. Ces petits mammifères n'ont pas de cornes ; leur structure a des points de ressemblance avec les cer\ddés,les camélidés et les suidés. Les mâles ont de grandes canines qui ornent leur mâchoire supérieure et qui sont, extérieurement, très apparentes chez les vieux sujets. Sa chair est excellente et, au goût et à la vue, se rapproche fort de celle de l'agneau peu cuit.

Les indigènes apportèrent également des singes et des potamochères — cochon roux sauvage de la forêt, — dont ils prirent, dans un même coup de filet, un mâle adulte et un jeune. Le père fut tué à coups de lance, car il menaçait de

(i) \'oir photos n°^ 130 et 131.

LUALABA

Plioto du C H. Pauwcls.

T30. — KINDU. CÉPHALOPHE NAINE CAPTURÉE PAR LES INDIGÈNES DANS LA FORÊT ÉQUATORIALE

131. — PONTHIERVILLE. CÉPHALOPHE CAPTURÉE PAR LES INDIGÈNES DANS LA FORÊT ÉQUATORIALE

André Pilette. A travers l'Afrique Équatoriale.

PONTHIERVILLE

Lt

mm

SHH

ti

Plioto de l'auteur.

Page 1