ÉQUIPEMENT POUR UN SIMPLE VOYAGEUR
Campement et Literie. — (Les chiffres indiquent le nombre d'objets à empoiter pour un séjour d'un an dans la brousse).
Tente, i. — Maillets, 2. — Doubles toits pour la tente, 2. — Tapis de tente, 2. — Lit pliant X (léger), i ; matelas galette, i ; paires de draps de lit, 3 ; oreillers, 2 ; taies d'oreillers, 4 ; couvertures, 3 ; moustiquaires, 2 (toute la literie dans des sacs de toile imperméable, 2). — Tables pliantes, 2. — Chaise longue pliante, i. — Chaise pliante, i. — Aiguière, i. — Bain, 1. — Seaux en toile, 3.. — Photophores avec abat-jour, 3 • — Globes pour photophores, 6.
La dimension et le modèle de la tente doivent être discutés chez le fournisseur. Ne la choisissez pas trop petite parce que vous
y seriez à l'étroit et pas d'une grandeur exagérée, parce qu'elle nécessiterait un grand nombre de porteurs, ce qui est toujours un inconvénient grave. Il est à conseiller de la commander ouverte des deux côtes pour permettre d'y établir un courant d'air durant les heures les plus chaudes de la journée. Après un an de service, en général, le double toit et le tapis doivent être remplacés; ils sont pourri? par l'humidité constante, ainsi que les cordes et les chevilles de bois. Exigez deux maillets pour la planter.
Les modèles de lits sont excessivement nombreux, mais les uns sont plus pratiques que les autres. Pour le Safari, un lit X très solide me semble plus pratique que bien d'autres modèles, à cause de sa légèreté et de son sj^stème ; exigez qu'il ait au moins 90 centimètres de largeur et prenez-en un de réserve au cas où l'autre casserait.
On fabrique des matériels de campement très légers et très pratiques qui portent la marque X ; ils sont à recommander pour des déplacements rapides. Il faudra toujours viser au minimum de poids ; cela vous fera réahser une économie et vous dispensera de voyager avec un grand nombre d'hommes.
Cantine. — Casseroles s'emboîtant l'une dans l'autre avec manche amo\'ibte, 4. — Grande marmite pour y faire cuire le pain (entourée de charbon de bois ardent, fait office de four). — Couvercle concave pour cette marmite. — Formes à pain, 2. — Moules divers pouf gâteaux et desserts, 4. — Cuillers (bois et métal pour la cuisine), 3. — Grjl, I. — Couteaux de cuisine, 2. — Hache, i. — Tire-bouchons, 4. — Ouvre-boîtes, 4. — Boîtes pour épices, sucre, sel, etc., à fermeture hermétique, 6. — Entonnoir, i. — Torchons et lavettes (24 de chaque espèce) — Filtre portatif à fort débit, i — Bougies de rechange pour filtre, 8. — Bouchons extensibles en caoutchouc pour boucher la bouteille entamée, 6. — Tasses et sous-tasses, 2. — Assiettes plates, 4. — Assiettes creuses, 2. — Plats de grandeurs diverses, 3. — Couteaux, 2. — Couteaux à dessert, 2. — Couteau à découper, i. — Fusil à aiguiser, i. — Fourchette à découper, i — Fourchettes ordinaires. 2. — Fourchettes à dessert, 2. — Cuillers à soupe, 2. —
Cuillers à dessert, 2. — Cuillers à café, 2. — Jeux de cinq à six verres (en cristal épais), 2. — Timbales, 2. — Salière, i. — Poivrier, i. — Sucrier, i. — Moutardier, i. — Beurrier, i. — Pot à confiture, i. — Presse-citron, i. — Sparklet i /2 litre, 2. — Pour sparklet : caoutchouc et tubes en verre de rechange. — Serviettes, 6. — Nappes, 4. — Plateau, service à hors-d'œuvre, etc.
Nombre des ustensiles de cuisine peuvent être en aluminium. Ce métal, d'après certains, se désagrège; ceux que j'ai employés sont restés intacts et m'ont donné entière satisfaction. On en fait en fer battu, c'est plus pesant et inutile ; l'émaillé doit être proscrit.
Le filtre doit être pris à fort débit pour éviter une longue attente pour se procurer de l'eau. Ne pas oublier de se munir, pour ce dernier, de bougies poreuses de rechange.
Si vous prenez des assiettes en porcelaine, vous ferez bien de leur prévoir un écrin comme pour d'autres objets aussi fragiles : tasses, verres, etc. Comme la cantine heurte le sol plus souvent qu'à son tour, soit par la chute du porteur, soit quand il la dépose avec peu de délicatesse, faute de l'emballage susdit, on s'exposerait à n'en retrouver que des morceaux. On fabrique de la vaisselle en fer battu émaillé qui se rapproche, à première vue, de la porcelaine blanche et dans laquelle il est plus appétissant de manger que dans des objets en aluminium. C'est ce genre de vaisselle qui me plairait le plus dans une cantine d'un prix assez modeste.
Vêtements et lingerie. — Chapellerie. — Cordonnerie. — Ceintures de flanelle, 3. — Gilets de soie ou de flanelle à porter sur la peau, 6. — Chemises de jour col bas et~ souple y tenant, 3. — Chemises de jour pour s'habiller, 3. — Chemises de nuit ou pyjamas, 3. • — ■ Faux-cols amidonnés pour s'habiller, 6. — Blouses de chasse (de couleur kaki au vert foncé), 3. — Cravates, 4. — Culottes kaki, 3. — Pantalons, 2. — Vestons kaki, 2. — Genouillères en laine (pour affût), I paire. — Singlet (de préférence brun), i. — Foulards, 3. — Gilets
4l6 A TRAVERS l'aFRIQUE ÉQUATORIALE
de chcisse en tricot avec manches et poches, 2. — Mouchoirs toile, 12. — Gilet et caleçon (chauds pour afiût), i . — Chaussettes (si l'on marche beaucoup), 24 paires. — Pardessus, 1. — Impemiéable en iissti excessivement solide, culotte du même tissu, housse pour casque, paire de gants en caoutchouc pour la pluie (le tout dans un sac), 2 de chaque espèce. — Écharpe en laine, i. — Ceintures cuir, 2. — Gants cuir, I paire. — Gants laine, t paire. — Parasol doublé vert avec fourreau imperméable, i. — Parapluie, i.
Casques kaki en moelle de sureau, 2. — Casque blanc en moelle de sureau, i. — Chapeau feutre double ou simple, i.
Bottes, 4 paires. — Embauchoirs, i paire — Tire-bottes, i. — Chaussures, 1 paire. — Chaussures blanches pour s'habiller, i paire.
Guêtres cuir, i paire. — Bandes-moletières, i paire. — Bains de
mer, 3 paires — Bottes moustiquaire pour le soir, i paire. — Pantoufles, 2 paires. — Brosses à bottines, 2. — Pommade et chiffons. — Huile, 3 litres. — Graisse, i kilogramme. — Blanco, i boîte. — Clous pour les grosses bottines ou bottes, i /2 kilogramme.
Il est pi-udent de porter sur la peau un petit gilet de soie ou de flanelle pour éviter que la transpiration, très abondante durant les marches, ne vous donne alternativement froid et chaud. La ceinture de flanelle est très recommandable pour protéger les reins et le ventre. Pendant la marche, la toile en contact direct avec la peau doit être absolument é\atée. Ce que j'ai employé le plus souvent, ce sont des petites blouses de chasse en flanelle vert-foncé, coupées comme une chemise de nuit ample qui ne descendrait pas plus bas que les hanches ; une rangée de boutons la ferme pardevant du haut en bas. Un col souple et bas entoure le cou d'où part, sur les épaules, une seconde épaisseur de tissu qui renforce la partie portant sur les clavicules ; un large pli dans le dos rend les mouvements aisés ; deux poches sur la poitrine permettent de porter des choses diverses : cartouches, boussole, etc.
Un gilet de chasse en laine collant au torse avec manches et poches, est très pratique pour sortir de grand matin.
Les chaussettes, pas trop fines, doivent être prises en grand
nombre car, en général, on ne les raccommode pas ; aussitôt qu'elles sont percées de trous trop nombreux, on les jette.
Le? vêtements imperméables doivent être choisis en un tissu excessivement solide. Je ne saurais assez le recommander car, faute de cela, ils seraient déchirés à la première sortie que vous feriez dans les buissons, en général hérissés de grandes épines. Si vous ne portez pas un pantalon imperméable, une blouse genre parapluie du chauffeur avec col en caoutchouc permettant de le fermer convenablement, si vous ne prenez pas la précaution de serrer les extrémités des manches dans lesquelles pénètrent vos gants en caoutchouc, vous reviendriez trempé, à chaque pi-omenade matinale dans les hautes herbes.
Il sera bon de garder ces vêtements sous la main pour se préserver des orages qui éclatent parfois soudainement. Tous ces tissus caoutchoutés s'abîment plus qu'ils ne s'usent ; c'est pour cette raison qu'il faut s'en munir de réserve.
Un parasol pour promener en plaine aux heures chaudes de la journée n'est pas à dédaigner.
Pour se garantir les pieds et les jambes, ce sont les bottes que je préfère car, étant souvent exposé à enfoncer jusqu'aux chevilles dans les marécages, on en ressort sans que l'eau en ait mouillé l'intérieur, tandis qu'avec des bottines et des guêtres, vous seriez à tout instant victime de cette désagréable surprise. Les bottes sont aussi plus légères et plus rapidement mises ; j 'en ai toujours employé d'un modèle qui n'est pas très courant : le bas de la botte est fait comme une bottine serrée au moyen de lacets qui s'ai'rêtent un peu au-dessus de la cheville, tandis que la tige se prolonge jusqu'aux genoux. Le serrage des lacets permet de maintenir le pied dans la chaussure en n'exerçant qu'une pression sur le cou-de-pied, tandis que la cheville est tout à fait libre, ce qui est un avantage en cas de longues marches. Des chasseurs ont préconisé de marcher les jambes nues et des souliers aux pieds.
4l8 A TRAVERS L'AFRIQUE ÉQUATORIALE
Si l'on avait de la peau d'hippopotame sur les membres inférieurs, on pourrait se permettre celte fantaisie. Quant à moi, j'en ai fait l'expérience, mais j'opine pour les bottes, car je n'aime pas les piqûres de serpent, d'insectes, d'épines, ni les coupures d'herbes, toutes blessures qui provoquent des plaies guérissant difficilement ou pouvant, telle la première, entraîner la mort. Marcher les jambes nues est certainement moins fatigant et procure une sensation de fraîcheur et d'aise mais, par contre, les inconvénients sont multiples et dangereux.
Les « bains de mer » sont nécessaires pour tra\'erser les marais profonds où l'eau vous monte parfois jusqu'au ventre et même jusqu'à la poitrine. Ils vous évitent de mouiller inutilement des chaussures de cuir, qui pourrissent très rapidement à de semblables usages.
Après chaque sortie, on laissera sécher les bottes humides en un endroit chaud mais non au soleil, en y glissant des embauchoirs, qui leur garderont leur forme. Quand elles seront tout à fait séchées, on les badigeonnera avec une huile spéciale qui conservera au cuir sa souplesse, le rendra imperméable et l'empêchera de pourrir. Les clous qui en protègent les semelles seront à remplacer plus ou moins souvent suivant le terrain sur lequel on circule. Sur la lave, la moitié en est parfois enlevée en six heures de marche tandis que, sur un terrain sablonneux, ils peuvent durer des mois.
Il est entendu que tout ce qui précède est compris pour un voyage qui ne sort pas de l'ordinaire. Si vous étiez intentionné d'entreprendre des ascensions de montagnes, telles que le Kilima- Ndjaro ou le Ruwenzori, il faudrait avoir recours à un équipement spécial et surtout bien vous documenter avant d'entreprendre semblable raid.
Un costume pour le boy qui doit vous servir à table ne serait pas un luxe exagéré.
APPENDICE 41g
Toilette. — Miroirs. — Éponges assez petites. — Grandes éponges pour le bain. — Gants de toilette. — Serviettes de toilette. — Kssuieéponge. — Sortie de bain. • — - Savon — Dentifrice. — Brosse à dents.
— Brosse à ongles. — Brosse à cheveux. — Peignes. — Lotion pour iiictions. — Tondeuse à barbe. — Tondeuse pour les cheveux. — Ciseaux pour les cheveux. — Scalpel. — Chausse-pieds. — Tire-boutons
— Nécessaire pour les ongles. — Deux rasoirs. — Plat à barbe. — Savon poui la barbe. — • Blaireau. — Cuir. — Rasoir automatique et lames. • — ■ Pirosse à habits. — Papier hygiénique
Pour les objets de toilette, vous pouvez en juger comme moi. Il faudra envisager qu'un objet perdu, cassé ou détruit sera remplacé très difficilement et qu'en conséquence il sera prudent, pour certains, d'en prendre en nombre supérieur à la consommation habituelle.
Pharmacie. — Une pharmacie Burow & Wellcome. — Quinine en comprimés de 25 centigrammes (deux grammes par semaine). — Bicarbonate de soude. — Seringue de Pravat (injections sous-cutanées).
— 6 ampoules de sérum anti-venimeux (D»' Calmette). — Nécessaire pour sutures (aiguilles et crochets). — 3 pots de vaseline boriquée. — Fruit sait (3 flacons). ■ — Embrocation (2 flacons). — Iode (très utile : 6 petites bouteilles). — Ouate. — Pansements divers. — ■ Seringue à injections, etc.
Pour ceux qui supportent la quinine, c'est un médicament recommandable. S'il est un poison qui attaque l'organisme, il évite, par contre, bien souvent des attaques de fièvre malarienne, qui peuvent entraîner de graves conséquences. Je l'ai toujours employé avec succès, même en Europe, et m'en munirai toujours dans tous mes voyages.
Le « Fruit sait » est un excellent laxatif pour les pays chauds ; il dégorge le foie qui est souvent peu sain sous les tropiques.
Embrocation pour massage après de longues fatigues et dans nombre d'autres cas tels que rhumatisme, froissement de muscles, etc.
420 A TRAVERS l'AFRIOUE ÉQUATORIALE
L'iode liquide pour appliquer immédiatement sur les blessures superficielles, évitera qu'elles s'enveniment.
Les médicaments d'un usage personnel seront emportés suivant les indications d'un médecin.
Papeterie et bibliothèque. — Papier de feuilles volantes. — Papier à lettres et enveloppes (formats divers), en assez grande quantité. — Ciie à cacheter. — Cachet. ■ — Gomme pour l'encre et le crayon. — Porte-phmie réservoir. — Poite-plume. — Plumes diverse?. — Encre de Chine en bâton. — Encres diverses dans des fiaconniers. — Crayons divers. — Buvard. — Colle. — Cahiers de notes. — Plumier. — Double-décimètre, etc.