PRÉFACE. V
vais état des routes algériennes. Les punchs prolongeant les banquets, on se couchait rarement avant minuit, et, à cause de la longueur des étapes, on se levait souvent avant trois heures. Je suis étonné que des vieillards aient pu supporter pendant un mois cette existence de soldats en campagne ; il y eut beaucoup d'indis- . positions passagères, mais aucune maladie sérieuse.
On s'est demandé quels avantages l'Algérie pourrait retirer d'une visite aussi rapide. En retirera-t-elle même un avantage quelconque et les Algériens n'en seront-ils, pas pour leurs frais d'hospitalité? Cette question ne saurait être po- . sée bien sérieusement. Outre que la caravane aura contribué à faire régler nombre d'affaires locales en appuyant des vœux jusqu'alors méconnus, son voyage ne peut manquer d'avoir une influence considérable sur les grandes discussions qui se produiront bientôt. Ce qui manque le plus à l'Algérie dans nos assemblées, c'est un auditoire; il est convenu qu'on s'intéresse à elle, mais en fait on ne s'en occupa guère. Le moment arrive oii elle réclamera une sollicitude un peu moins platonique. Des réformes qui engageront gravement son avenir vont être soumises au Par-