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LE CHEVAL HANOVRIEN-HARAS DE CELLE

J'eus l'occasion de voir les meilleurs étalons de Celle, il y a quatre ans, au concours agricole

(i) On peut consulter à ce sujet le livre très complet sur les mensurations du D' S. von Nathusius, Messungen an Hengsten stuten und Gebrauchpferden. (Berlin, Deutsche Landwirlschaft Gesellschaft.)

Thronerbe, étalon est-prussien, petit-fils de pur sang- par sa mère. i^i" prix. Concours de Hambourg, 191 1.

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MoDEFUSCHER, étalon trakehnen, par Le Borda, pur sang^.

de Dusseldorf. Avant d'en parler, il est nécessaire de résumer les tendances générales de cet élevage.

Depuis 17 14, l'influence anglaise provenant des rois de Hanovre n'a cessé de se faire sentir pour le plus grand bien d'un pays où la nature basse du sol réclamait pour les poulinières-indigènes de très fortes doses de sang pur. Les pur sang des écuries royales étaient libéralement mis à la disposition des éleveurs. Mais la prédominance trop forte de sang anglais n'a pas été sans alléger la race dans ces temps où l'anglomanie poussait à l'exagération. On a constaté le même inconvénient, jadis, dans le Midi français. Du moins, ici et là, cet excès, heureusement enrayé, a pu doter le fond de la race d'une durable dose de qualité. On a, après l'annexion, constaté un recul sensible dans la production hanovrienne, recul qu'elle est en passe de regagner, grâce à la direction éclairée de M. Grabensee, directeur du dépôt d'étalons provincial de Celle, chargé d'assurer et d'améliorer cette production.

Le haras de Celle fut créé en 1735. Les étalons, d'abord hollandais en grand nombre,

puis, vers 1800, mecklembourgeois et pur sang anglais, ont fini par se composer, en 1839, de 130 animaux dont 26 pur sang anglais.

En 1876, le distingué sportsman et écrivain hippique, comte Wrangel, qui visita ce haras, en trouva la moyenne des 220 étalons plutôt médiocre, en comparaison de ceux de Saint-Lô et du Pin qu'il venait de voir.

Les connaisseurs allemands, à cette époque et même en 1888 (le comte Lehndorf et M. v. Oetken en leurs rapports), déniaient officiellement aux hanovriens, même issus de pur sang, la qualité des est-prussiens. « Les premiers sont des chevaux de plaine, a-t-on écrit, et les seconds des hauteurs. » En effet, bien que l'altitude de la Prusse soit plus basse que celle du Hanovre, son sol est beaucoup plus calcaire. Et, chose plus grave, jadis on comptait au haras 52 pur sang; il n'y en avait plus que 12 ou 13 en 1902... Pourtant, depuis, les notes officielles fournies par les remontes militaires témoignent d'une sensible amélioration. Une forte race indigène a, en effet, été reconstituée avec une dose modérée de pur sang.

Mais ce sont les plus près du sang qui tiennent la tête comme aptitudes cavalières; les Allemands les àénonwciQntblood htmters . Nons donnons le portrait de l'un d'eux.

On ne manque pas de citer à l'actif du cheval hanovrien une performance très intéressante bien que déjà lointaine, celle du cheval d'armes de M. Sandrart, lieutenant en premier au 8' d'artillerie. Cet officier, désigné pour aller de sa garnison chercher des jeunes chevaux à Trakehnen, fit, à cheval, les i 630 kilomètres du parcours en quinze jours, dont un jour de repos, soit une moyenne de 116 kil. 5 par jour, étapes variant entre 108 et 155 kilomètres, presque tout le temps au trot de quatre minutes et demie le kilomètre; peu de pas, mais, dans ce cas, il descendait de cheval. Ration d'avoine : 11 à 12 kilogrammes par jour. Sa monture, Ilmaj tenait de sa mère Inga, pur sang anglais, le tempérament nécessaire à cet effort prolongé, tandis que son père. Bon, demisang hanovrien, lui avait donné l'ampleur des animaux de cette race. Mais on aurait tort de généraliser en dotant l'ensemble de la production selle hanovrienne d'une semblable excel-

lence. Je répéterai qu'en Allemagne, les préférences des cavaliers vont nettement, et avec raison, semble-t-il, aux est-prussiens.

L'effectif actuel du dépôt de Celle comprend 331 étalons (augmentation prévue : jusqu'à 380) dont 9 pur sang anglais, 16 demi-sang issus de père pur sang, un demi-sang anglo-arabe et ses trois fils (dont les mères sont des juments hanovriennes) 2 anglo-normands, Uzès et Dakota; tous les autres sont des demi-sang trakehnen, est-prussiens et surtout hanovriens, dont la plupart ont le pur sang anglais plus ou moins près dans leur pedigree.

Les étalons de Celle qu'en 1907 nous avons vus à Dusseldorf, sont, à première vue et à l'écurie, des carrossiers à l'air presque commun, éteints, chargés de viande et loin du sang; pourtant plusieurs, nous l'avons dit, sont fils de pur sang, certains presque angloarabes et tous, en tout cas, très près du sang. Grands et membres, cela va sans dire, car il semble qu'on les sélectionne à la mensuration. Plus, pour une certaine école, un cheval pèse en Allemagne, plus ses membres sont larges sous le genou, et plus il est apprécié. L'idéal

serait pour certains d'arriver à pouvoir obtenir chez les demi-sang un tour de canon de 24 centimètres ! Desiderata conduisant tout droit au cheval de trait, gros, grand, lourd et lymphatique.

Présentés en main et enrênés, — car les Allemands ne savent pas présenter des chevaux, — ces étalons hanovriens se réveillent et, malgré des encolures toujours un peu courtaudes, prennent de la noblesse. Ils ont de belles foulées de trot, très allongées, très cavalières. Leur modèle s'en trouve aussitôt avantagé, saillant, vibrant, et l'on est disposé à leur reconnaître certaines qualités importantes et très réelles : poitrine bien descendue, épaule assez bien dirigée et, malgré un dos souvent sans soutien suffisant, un rein bon et fort, une croupe parfois un peu fuyante, mais puissante. Les angles articulaires sont bons, spécialement celui du jarret. Mais le brio, le perçant, la « suractivité » en général, font défaut. Les plus brillants d'entre eux seraient peu regardés en France, et l'on peut croire que c'est avec raison que le comte Wrangel en a écrit : « Le hanovrien est un cheval inférieur toutes les fois

qu'il n'est pas arrosé de sang pur », c'est-àdire directement issu du pur sang.

Le cheval de Celle représente parfois excellemment ce que chez nous on nomme l'étalon cultural. Si en France l'éleveur s'est montré franchement hostile à la production d'un demisang presque trait, en Allemagne il ne semble pas en avoir été de même. On y espère ralentir ainsi le mouvement qui pousse le petit éleveur vers le gros trait.

On ne doit pas cependant se hâter de juger au point de vue français les étalons de demisang, qu'ils soient de Celle, de Neustadt ou de Beberbeck. C'est qu'en effet les Allemands ont comme principe d'utiliser au haras deux sortes d'étalons : les uns forts, puissants, de demi-sang bien confirmé dans les papiers et le modèle : ce sont les étalons pour faire la poulinière. La seconde catégorie d'étalons comprend les demi-sang très près du sang aptes à faire le cheval de service ou de remonte.

Parmi les étalons qualifiés selle, — légère, lourds, — carrossiers, exposés en 1907 à Dusseldorf, on doit une mention très honorable à Wells, un Ostfriese dont un grand-père et une

grand'mère sont de pur sang, énorme animal, à la croupe très forte, longue, un peu abattue, très sérieux, très brillant dans son trot étendu et facile; Ortolan, carrossier qui n'a d'ascendant de pur sang qu'à la quatrième génération, régulier, compact jusqu'à la lourdeur (750 kil.) mais avec un beau trot, le seul que j'aie vu en Allemagne ayant ce coup de « piston », c'est-àdire cet engagement sous la masse des jarrets et leur détente énergique, si particulier au bon trotteur normand; Collin, bon type demi-sang bâti en galopeur; Amoroso, demi-sang angloarabe intéressant par sa formule, mère hanovrienne par pur sang anglais; son père Amurath, anglo-arabe venant d'Autriche. Amoroso est un animal à la tête distinguée, aux allures cavalières et avec cela très doublé de partout, etc.

Tous ces étalons produisent de sages carrossiers, de placides cuirassiers, des uhlans, des dragons et quelques hussards. Deux étalons normands, Dakota (Ouragan) et Uses y font aussi la monte.

En Westphalie, à Warendorf, on essaye, sans y parvenir, de suivre la formule de Celle.

Là fonctionnent aussi 6 étalons normands : Verrier (Gambie), Feu Follet (Ventre Gris), Francklin, Fatal, Henri ^ Volga), Gouverneur (Accueil).

A Graditz, en Saxe, que je n'ai pas visité, mais dont j'ai rencontré des élèves aux écuries de Sa Majesté et dans les régiments, on produit surtout des pur sang anglais; le haras de Graditz est, en effet, le propriétaire qui gagne régulièrement en Allemagne le plus d'argent public en courses. On y fait aussi un élevage de demi-sang, naturellement très près du sang, toujours dans le goût allemand, c'est-à-dire avec une tendance très marquée au gros.

A ZwiON Georgenburg, petit haras principal de l'Est-Prusse, se font des chevaux en petite quantité, du genre trakehnen.

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