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Il est de petites cités mélancoliques dont les hasards de l'histoire ont brisé la destinée. On plaint leur disgrâce, mais on aimé leurs airs lointains et leur visage pensif. En elles, comme dans une eau dormante que ride un frisson de brise, nous voyons vaciller et trembler lesimages du passé.
Wissembourg est un de ces lieux désolés et charmants. Les vivants y étouffent le bruit de leur voix et de leurs pas pour ne point mettre en déroute le peuple des fantômes.
Ce fut d'abord une des plus puissantes abbayes de l'Alsace; elle était souveraine d'un vaste canton, affranchi de toute redevance et riche en prairies, forêts et vignobles ; elle exerçait le droit de frapper monnaie ; ses moines étaient les maîtres d'une école célèbre dans tout le pays rhénan ; son abbé portait le titre de prince de l'empire... Maintenant, de l'illustre abbaye, il reste seulement l'admirable église et les galeries d'un cloître délicat.
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Wissembourg fut aussi une place de guerre. Au moyen âge, une ville s'éleva autour du monastère, ville libre qui se ceignit de tours et de murailles pour défendre ses franchises contre les bandes de l'électeur palatin, les séditions religieuses et les paysans révoltés. Plus tard, les défenses effondrées qui avaient mal protégé la place contre les calamités de la guerre de Trente ans, furent relevées par les Français : ceux-ci, au dix-huitième siècle, construisirent des fortifications modernes, à la Vauban. On sait ce qu il advint le 4 août 1870... Aujourd'hui, Wissembourg est démantelé : vers le Midi, les remparts présentent une belle (errasse toute chargée de pampres, et le fossé n'est plus qu'un l^ng verger; vers le Nord, de grands arbres ont poussé sur les pentes des talus et ombragent une fraîche promenade, que dominent, ici, une tour basse et trapue, là, le débris d'un bastion; la ligne des vieux ouvrages de guerre forme ainsi une riante couronne de verdure autour de la pauvre ville taciturne et déchue.
La déchéance date de loin, du seizième siècle. Mais ce fut l'annexion à l'Allemagne qui donna à Wissembourg cet aspect démouvante désolation. En 1870, la petite sous-préfecture vivait encore de cette vie particulière aux villes de la frontière qu'anime le mouvement des militaires, des voyageurs et des trafiquants. La fr lîrhcur
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de sa campagne, le bouquet de ses vins, le charme de ses vieux logis attiraient et retenaient chez elle de vieilles gens désireux de faire la retraite. Devenue allemande, elle s'est brusquement dépeuplée. Aucune cité d'Alsace n'étaitplus étroitement liée au passé de la France militaire. Depuis un siècle ses fils étaient soldats. (Aujourd'hui encore, il y a, dans notre armée, plus de cinquante officiers supérieurs d'origine wissembourgeoise.) Toutes les maisons de la bourgeoisie se vidèrent. Quelques Allemands remplacèrent les émigrés. Mais, après trente-quatre ans, la ville semble toujours en deuil de ses enfants disparus.
Et pourtant, nulle part, le vainqueur ne montra autant de prudence qu'à Wissembourg. Pendant les dix années qui suivirent la conquête, le Kreisdirector Stichaner s'efforça de traiter avec douceur et humanité la ville pour laquelle il s'était pris d'une véritable affection. Il tempérait les ordres rigoureux qu'il recevait de Berlin, et tâchait de désarmer les haines par une sage administration. 11 aimait Wissembourg, son histoire, ses souvenirs et savait flatter l'orgueil alsacien. De tous les fonctionnaires allemands qui régnèrent sur la malheureuse province, il est à peu près le seul dont la mémoire ne soit pas restée odieuse au peuple d'Alsace. On lui a élevé un monument à la porte de la
ville et un vieux Wissembourgeois ma dit devant le médaillon de Stichaner : « Celui-là fut vraiment notre ami... » Mais si la présence de cet homme pitoyable et bienveillant rendit la domination prussienne moins accablante pour ceux qui étaient demeurés au foyer, elle ne ramena pas à leur patrie ceux qui lavaient quittée pour toujours.
Combien le départ dut être cruel à ces exilés ! Comme ils devaient chérir la touchante beauté de leur ville, ses rues proprettes et pittoresques, sa magnifique abbatiale, ses vieilles maisons, ses jolis vergers, ses pignons élégants!
On retrouve à Wissembourg quelque chose de la grâce de ces petites cités flamandes où les hasards heureux de la lumière et du temps composèrent, pour la joie des yeux, des tableaux divers et charmants : les tours de l'église surgissent entre deux arbres ou bien entre deux pignons pointus ; les gazons et les verdures du vieux rempart s'encadrent au fond dune ruelle entre deux larges auvents de tuiles; les frondaisons d'un jardin débordent une haute muraille de grès rouge ; la Lauter parcourt la ville avec maints détours, ici baignant le pied des maisons, là contenue par des quais minuscules.
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La belle église de Saint-Pierre et Saint- Paul, la cathédrale, comme Ion dit à Wissembourg, est flanquée d'une tour romane, grandiose et robuste. Le chœur et le transept du treizième siècle, la nef, peut-être un peu postérieure, sont de l'art ogival pur, délicat et sobre. Néanmoins, la pierre des Vosges a je ne sais quoi de grave et de tragique qui paraît mieux convenir aux créations de l'art roman. Sur les murailles de l'église on découvrit, il y a quarante ans, cachées par une couche de badigeon, des fresques dont l'âge semble incertain. Leur dessin grossier, presque barbare, s'efface chaque jour; mais, dans la brume qui maintenant enveloppe ces vestiges, on découvre encore des expressions de visage naïves et émouvantes. Au-dessus de la croisée du transept s'élevait une tour dont la flèche périt au dix-septième siècle ; on Fa naguère reconstruite et recouverte d'ardoises sans prendre garde que ce clocher gris, allait, comme une fausse note, troubler l'harmonie merveilleuse des toitures sombres et rouges qui de toutes parts se pressent autour de l'église.
Çà et là, de vieilles, de très vieilles demeures. Une masure présente encore de fines ogives. Ailleurs, c'est un beau palais du seizième siècle, la maison Vogelsberger. Puis un grand nombre de ces jolies maisons alsaciennes, enguirlandées
de vignes, dont la galerie extérieure s'encadre de poutres sculptées et dont l'escalier de pierre en forme de vis s'abrite dans une gracieuse tourelle. Pas un logis qui n'offre, inscrit sur le linteau de sa porte, le millésime de sa construction, et la ville conte ainsi aux passants l'histoire de ses destinées...
Mais il faut aller chercher ces précieux vestiges de la Renaissance alsacienne dans des rues écartées. Wissembourg fut presque tout entier rebâti au dix-huitième siècle, et c'est ce qui lui donne un caractère inoubliable. Entre toutes les villes d'Alsace, celle-ci porte, plus qu'aucune autre, l'empreinte du goût français. Sur la grande place, dans la grande rue, s'alignent de petites façades décorées de masques et d'écussons de style Louis XV. L'Hôtel de Ville élevé en i^4! servit de modèle aux bourgeois. Mais regardez les logis qu'ils élevèrent alors et, à la sobriété des ornements, à l'expression populaire de certaines sculptures, vous reconnaîtrez avec quel bon sens et quelle bonhomie ces Alsaciens accommodèrent les fantaisies de la mode à la parure de leur petite ville. Ah ! nous sommes ici loin du rococo germanique.
Qu'il est joli ce décor de Wissembourg ! Que de gentilles façades ! Que d'aimables sculptures! Que d'admirables ferronneries aux fenêtres, aux portes, aux escaliers des perrons !
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Nulle part, en France, on ne saurait trouver une ville qui ait si bien gardé la physionomie du dix-huitième siècle. On est heureux — et triste — de découvrir pareil spectacle en pleine Alsace. Mais cette tristesse, elle est ici, au fond de toutes nos admirations !
Ce fut à Wissembourg que se déroulèrent les scènes les plus dramatiques de l'extraordinaire roman de Stanislas Leszcynski. Ce fut là que le roi de Pologne vint un jour échouer, chassé de son royaume, chassé de la principauté de Deux- Ponts, traînant avec lui sa famille et les débris de sa cour. Comme ses biens avaient été confisqués, il subsistait des aumônes de la France et du duc de Lorraine. Il avait obtenu du régent de se fixer dans une des villes de l'intendance d'Alsace et avait choisi Wissembourg. Tout en fumant sa pipe, il poursuivait des songes ambitieux et attendait un retour de la fortune : c'était une âme chevaleresque, chimérique et puérile.
Ces souvenirs me poursuivent, tandis que je me promène à travers la ville dont la mélancolie s'accorde si bien avec cette histoire d'un roi en exil. Je veux voir la maison où vécut Stanislas, et d'où « la Polonaise » partit pour devenir reine de France.
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Cette maison est encore debout. Elle appartenait à un certain Weber qui l'abandonna au roi de Pologne. Depuis, elle a été modifiée, augmentée et souvent on en a changé la destination. Durant la Révolution française, la franc-maçonnerie y célébra son culte. Naguère on y avait installé un collège. Maintenant elle est l'hôpital de Wissembourg. Mais la construction a gardé son aspect ancien, sa haute toiture de tuiles et son bel escalier à balustrades de bois.
Au moment de gravir cet escalier, je note la date gravée sur la muraille : 1722. Or, ce fut trois ans auparavant que Stanislas vint à Wissembourg. La maison a-t-elle donc subi une transformation, tandis qu'il l'habitait? ou bien Stanislas, avant de s'y installer, logeait-il ailleurs ? D'autres résoudront ce petit problème. Ce qui demeure certain, c'est qu'en 1725, à l'heure décisive de leur destinée, le roi et sa fille vivaient entre ces murs.
C'était là que Stanislas avait logé sa femme Catherine Opalinska. sa vieille mère Anne Jablonowska, son représentant auprès des cours étrangères le comte Tarlo, son maréchal du palais le baron de Meszceck, son premier gentilhomme de la Chambre Wimpff, son secrétaire intime Biber, les cinq officiers qui lui étaient demeurés fidèles, et les trois dames d'honneur de la reine. En se lassant un peu, cette cour modeste pouvait résider dans la maison de Weber.
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Les chambres de l'étage sont aujourd'hui occupées par les lits des malades. La dernière de toutes, qui, selon une tradition, servit de boudoir à Marie Leszcynska, est maintenant la chambre des religieuses. Sans le vouloir, sans le savoir peut-être, on a ainsi rendu l'hommage qui convenait à la mémoire de la pieuse et charitable princesse.
Je parcours le jardin dans l'espoir d'y retrouver quelque vestige du passé. Au milieu d'un petit bosquet formé de vieux arbres et tapissé de lierre, on voit une table de pierre. Dans le verger, un petit jet d'eau jaillit parmi quelques pierres où l'on distingue encore des têtes de lions sculptées. Une inscription maintenant illisible a laissé quelques traces sur une muraille. Table, sculptures, inscription datent-elles du dix-huitième siècle? Personne ne le sait; rien ne rappelle plus ici le souvenir des exilés polonais : pas une relique. Mais l'essentiel du décor n'a point changé : c'est la même demeure, c'est le même jardin, c'est la même lumière, c'est la même tristesse ; cela suffît pour que les morts ressuscitent.
On a vingt fois conté l'histoire de la petite princesse qui, n'étant ni riche ni belle, quitta son taudis d'Alsace pour épouser le plus grand roi du monde 1. Mais qui n'a point vu la maison,
» Personne ne l'a si joliment contée que M. de Nolhac dans le premier chapitre de son étude sur Marie Leszcynska.
le verger et le bosquet de Wissembourg ne goûtera jamais tout le charme et toutes les ironies de cette singulière aventure.
Cet étroit jardin, le pauvre Stanislas Ta mille fois arpenté, rêvant à son trône perdu et à la détresse des siens. A vrai dire, il faisait bon marché de la couronne de Pologne; l'important pour lui et sa cour était de ne point mourir de faim ; or, pour sortir de la misère une seule issue lui restait ouverte : bien marier sa fille. Mais si sa dignité d'ancien souverain lui interdisait certaines mésalliances, sa détresse écartait les épouseurs. Son ami, le chevalier de Vauchoux, lui avait un jour apporté de Paris la nouvelle inespérée que M. le duc songeait à se remarier, qu'il avait jeté les yeux sur Marie Leszcynska et que Mme de Prie était favorable à ce projet. Stanislas en avait témoigné une joie inexprimable. Il était naïf, pas assez cependant pour ignorer que sa fille était le jouet d'une ignoble intrigue, que Mme de Prie était la maîtresse du duc de Bourbon et qu'elle acceptait ce mariage avec la pensée que son empire ne pouvait être menacé par une épouse pauvre, dévote, sans énergie et sans agrément. Le pauvre roi s'ingéniait à ne point perdre la précieuse amitié de la marquise; il correspondait sans relâche avec son ami de Vauchoux1,
i Ces lettres au chevalier de Vauchoux qui éclairent bien la psychologie de Stanislas Leszcynski ont été publiées, pour la
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négociateur zélé, et le pressait d'amener M. le duc à se prononcer publiquement; car il attendait anxieusement le moment où il pourrait fournir à ses prêteurs la caution de son gendre... Dans la petite chambre où sont aujourd'hui rangées les blanches couchettes des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, Marie, indifférente aux calculs de son père, attendait, en priant et en brodant des ornements d'église, que la Providence manifestât sa volonté. C'était une jeune fille gracieuse et enjouée, à la taille fine, à la démarche aisée, au teint frais et vivement coloré ; mais ses yeux étaient irréguliers, ses traits lourds et sans beauté. Elle avait du savoir et de l'esprit; pardessus tout, elle était bonne, compatissante et généreuse. Elle savait qu'elle n'était point maîtresse de sa destinée, et se préparait à devenir duchesse de Bourbon. Déjà, elle avait vu arriver mystérieusement à Wissembourg un artiste de Paris chargé de prendre son portrait : c'était le prélude des fiançailles. . . Mais trois semaines plus tard son père entra chez elle, ivre de joie, et criant : « Ma fille, tombons à genoux et remercions Dieu ! » Elle crut d'abord que la Pologne venait de rappeler son roi. Mais Stanislas lui répondit : « Le Ciel nous est bien plus favorable ; vous êtes reine de France! »
première fois, dans l'ouvrage de M. Henry Gauthier- Villa rs .
Le Mariage de Louis XV (i volume, chez Pion, 1900).
Reine de France ! Pour comprendre le prodigieux éclat de ce coup de théâtre, il faut avoir sous les yeux le jardinet des Leszcynski, les dix arbres de leur bosquet et les douze fenêtres de leur façade. C'était cela que Marie allait quitter pour Versailles, et Stanislas pour Chambord... Reine de France ! Il faut songer à tout ce que ces mots exprimaient de gloire et de splendeur pour ces Polonais calamiteux et besogneux, exilés au fond de l'Alsace ! Il faut se figurer leurs rêves, leurs espoirs, leurs embarras et leurs fiévreuses anxiétés, car tant que le mariage n'a pas été déclaré par le roi lui-même, ils peuvent tout redouter : les hasards de la politique, les inventions des calomniateurs, les intrigues de l'électeur de Saxe qui règne en Pologne et doit craindre un rival désormais puissant par l'alliance de la France.
Brèves alarmes. Mm* de Prie reste fidèle à Stanislas ; elle eût volontiers marié son amant avec Marie Leszcynska, mais la seconde combinaison lui plaît encore davantage ; elle choisit une reine qui sera sa créature. On a répandu le bruit que la princesse polonaise est atteinte du haut mal; le chirurgien Du Phénix vient secrètement à Wissembourg et son rapport confond la calomnie. Enfin, la police déjoue une tentative d'empoisonnement contre Stanislas. Celui-ci d'ailleurs charge ses amis de déclarer en son nom
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qu'il ne prétend plus au trône de Pologne et qu'il s'estimera « plus heureux cent mille fois de (tasser ses jours en France ». Enfin, le 27 mai, à son petit lever, Louis XV annonce à la cour « qu'il épouse la fille unique de Stanislas Leszcynski, comte de Lesno, ci-devant staroste d'Adelnau, puis Palatin de Posnanie, et ensuite élu roi de Pologne au mois de juillet 1704 et de Catherine Opalinski, fille du castellan de Posnanie... » A Wissembourg on respire : les destins sont fixés.
Une reste plus qu'à parer la fiancée et ordonner le cérémonial. La retraite de Wissembourg est encore un cadre à souhait pour faire valoir le tableau de ces préparatifs glorieux et puérils.
Composer la maison de la reine, cela regarde Versailles ; désigner son confesseur, c'est l'affaire du ministre ; mais on ne peut se passer de la princesse pour confectionner les atours dans lesquels elle va se présenter à ses sujets et à son roi. Le fidèle de Vauchoux est chargé de cette mission. M. le duc le prie de lui envoyer un des souliers de Marie Leszeynska, une paire de ses gants et la hauteur de sa jupe Après avoir renseigné M. le duc sur les « sentiments de la princesse Marie en matière de religion », le chevalier ajoute ce post-scriptum : « Je n'envoie à Votre Altesse Sérénissime qu'une pantoufle de la princesse, ne pouvant vous envoyer un sou-
lier comme vous me l'avez ordonné, attendu qu'elle ne s'en sert que pour danser et que ceux qu'elle a ne pourront faire qu'un mauvais modèle. Elle croit qu'une pantoufle enpourra servir. Votre Altesse Sérénissime trouvera les gants et la hauteur de la jupe comme elle le désire. » La hauteur de la jupe! Quel couturier se contenterait aujourd'hui d'une indication aussi sommaire pour habiller une reine?
Tandis que pantoufle et gants voyagent de Wissembourg à Strasbourg et de Strasbourg à Paris, Stanislas se met en état de faire figure de roi. Il a engagé chez un Juif de Francfort quelques pierreries, épaves de sa fortune royale. Par amitié et pour obliger le futur beau-père de Louis XV, le maréchal du Bourg, gouverneur de Strasbourg, lui avance la somme nécessaire pour les dégager. Puis il faut réunir des carrosses, constituer un semblant de cour et avoir six pages. Or, le pauvre roi n'en a que deux. Il finit par en trouver un à Wissembourg, et le maréchal lui fournit les trois autres.
Tant bien que mal équipés, les exilés peuvent quitter Wissembourg. Le 4 juillet, ils entrent dans Strasbourg à six heures du soir; les carabiniers de Parabère et de Pardaillan leur font escorte ; le canon tonne en l'honneur de Marie Le zcynska qui, six semaines plus tard, devient l'épouse de Louis XV.