‹ A travers l'Amérique CentraleChapitre 45 sur 64 · IL · texte numérisé non relu

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avoir, pendant ‘oute l’année, la charge d’un mulet, c’est-à-Gire de 2 à 3 quintaux, pour 4 ou 2 1/2 réaux. On voit par là que, s’il était nécessaire de‘réunir un grand nombre de travailleurs dans cette direction, on n’éprouverait aucune difficulté pour leur procurer les moyens de savoir satisfaire aux besoins de la vie.

« Les salaires alloués aux travailleurs, pendant le cours de ceite exploration, étaient de 7 4/2 dollars par mois, en sus de la nourriture, qu'on peut évaluer en moyenne à un demi-réal par jour ; mais ces salaires étaient plus élevés que ceux qu’on paye habituellement pour les travaux des champs, attendu que ces hommes étaient emmenés et tenus loin de leurs familles pour un temps indéfini. Pour des travaux comme ceux dont il s’agit, on trouverait, à la vérité, peu de ressources parmi les naturels; mais on ne manquerait pas pour cela de bras, car la certitude et la régularité de la payeattireraient des travailleurs, nonseulement de toutes parties de cet État, mais aussi des États adjacents de Costa-Rica, Honduras et San Salvador, en même temps qu’un système judicieux de règlements équitables assurerait parmi eux la discipline et le‘bon ordre. L’accusation de barbarie, dont certains auteurs ont flétri cette population, n’a pas besoin d'être réfutée : il suffit de nier le fait. Concevrait-on, en effet, que les paysans d’un pays pussent différer beaucoup de ceux des pays voisins, lorsqu'ils parlent la même langue, lorsqu'ils ont les mêmes habitudes de vie et les mêmes coutumes? »

Havre de Realejo, sur l'océan Pacifique. .

Le capitaine sir Edward Belcher, qui a levé, en 1838, le plan de ce port, nous donne les détails suivants :

« L'ile Cardon, à l'entrée du port de Realejo,-est située par 12° 28’ de latitude nord, et environ 87°12’ de longitude ouest. Ce port a deux entrées, qui sont sûres toutes deux, en tout temps, moyennant les pré- : cautions convenables. Sa profondeur varie de 2 à ‘7 brasses, ei on trouve jusqu’à la distance de plusieurs milles un bon mouillage. La marée y monte de 11 pieds..Il serait facile d'y creuser des bassinset d'y établir des cales de construction, et. l’on s’y \procurerait sans difficulté du bois de toute dimension..Le bois, l’eau et tout ce qui peut satisfaire aux besoins immédiats et même aux jouissances de la vie, s’y trouvent en abondance et à bon marché. Le village de Realejo est à 9 milles environ de la mer,et sa population peut s'élever à un millier d'âmes. La principale occupation des hommes est sur l’eau et consiste à charger et à décharger les navires : il y a une douane et des agents

sous les ordres d’un collecteur, d’un contrôleur et d’un capitaine de port.» (Voyage round the World.)

Il ressort évidemment de tout ce qui précède que.ie canal ouvert à travers l'État de Nicaragua présenterait tous les avantages désirables. Il traverserait. les parties les plus fertiles, les plus saines et les plus peuplées de l'Amérique centrale, et n’en serait, par conséquent, que plus susceptible d’atteindre un haut degré de prospérité et de grandeur. Il déboucherait dans les plus grands lacs du monde, communiquerait avec de grandes rivières, et, appuyé à ses extrémités sur deux grands ports de mer, répandrait les bienfaits de la civilisation sur une vaste étendue de pays.

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