‹ A travers l'Amérique de Terre-Neuve à l'Alaska [microforme]Chapitre 21 sur 24 · RE AMP AT NE NN A AR IP · texte numérisé non relu

RE AMP AT NE NN A AR IP

Cependant, cette première visite épiscopale produisit des résultats immédiats dans les autres parties du territoire. En 1878, le Père Althoff alla se fxer à Wrangell, dans l'Alaska du Sud-Est ; de là, il visita tout le pays de Cassiar et la côte, où est le seul établissement des Sitka, l'ancienne capitale russe. Il se rendit à Juneau, et en vit les débuts en 1885; c’est alors qu'il fut rejoint par le Père Heynen, qui vint l'aider dans ses travaux de Sitka. Ces deux prêtres zélés, qui furent les pionniers de l'Eglise dans l'archipel alaskan, connurent cet isolement complet qui accomnagnent les débuts d'une fondation de mission : ils prêchérent l’évangile aux Thlinket comme aux Blancs, jusqu’à ce que le décret de la Propagance, en 1886, éleva l'Alaska à la dignité de Préfecture apostolique et le passa à un ordre religieux.

En 1883, Mgr Seghers se rendit à Rome, assura son retour au siège de Victoria et reprit son plan, si longtemps retardé, de la conversion des indigènes alaskans. Il invita la Compagnie de Jésus à partager le travail avec lui; et, en juillet 1886, il partit pour ‘le quartier général du Yukon, accompagné de deux Jésuites, les Pères Pascal Tosi et Louis Robaut, et un domestique, nommé Fuller. La petite troupe eut beaucoup à

souffrir, et fut exposée à beaucoup de périls, en traversant la Passe de Chilcoot et en descendant ces eaux bouillantes qui virent tant de catastrophes, douze ans plus tard, lors des cécouvertes du Klondike.

En atteignant l'embouchure de la rivière Stewart, à quatre-vingt ou quatre-vingt dix milles au sud de

Dawson, les Jésuites établirent leur camp pour l'hiver, afin d’évangéliser les Thlinkets, pendant que le prélat et Fuller continueraient à descendre le Yukon. L'archevêque Seghers était impatient d'arriver à Nulato pour tenir la promesse qu’il avait faite aux Ten'’as, six ans auparavant. Les deux voyageurs rencontrèrent beaucoup de difficultés dans le. voyage, à cause des masses de glaces flottantes, et ils arrivèrent à Nulato, presque épuisés, après onze cent milles de parcours. En chemin, Fuller montra des symptômes de folie, devenant morose et parfois traitant l'archevêque avec la plus grande insolence. Le prélat se décida à se fixer à Yessetlatoh, près de l'embouchure du Koyukux, en attendant le Yukon à geler, et il s'établit dans une cabane de pêcheurs abandonnée. Le 25 novembre au matin, Fuller éveilla l’évêque, et, pendant que ce dernier était sur son séant, le malheureux, dans un accès de folie, lui donna un coup de fusil et l’atteignit au cœur. La mort fut instantanée. Les restes du malheureux archevêque furent amenés à Saint- Michel, où, deux ans plus tard, ils furent transférés à la crypte de la cathédrale de Victoria. L’assassin fut condamné à la prison pour de longues années, sa folie lui épargna l'échafaud.

Cette tragédie fut l'ouverture de la mission de l'Alaska du Nord. Elle fut ainsi arrosée du sang de celui qui doit être considéré comme son fondateur — fait qui est le gage

le plus sûr de son futur succès.

Au dégel du printemps 1887, les Pères Jésuites Tosi et Robaut, ne trouvant pas l’occasion favorable pour

commencer leur mission sur le Yukon supérieur, partirent pour rejoindre l'archevêque Seghers. Quand ils arrivèrent à Nulato, ils eurent la douleur d'apprendre ce qui s'était passé au mois de novembre précédent. L'œuvre de l'Alaska du Nord reposait donc entièrement sur ces deux Jésuites, qui, remplis du zèle dont l'archevêque assassiné leur avait donné l'exemple, commencèrent leurs voyages vers l’ouest, le long du Yukon et de ses affluents. Ils allaient de village en village, et, avec leur connaissance limitée de la langue, expliquaient aux indigènes, du mieux qu'ils pouvaient, la raison de leur arrivée parmi eux. Les établissements de la vallée du grand fleuve présentaient le terrain le plus favorable à leur zèle de missionnaires, et, pendant que le Père Tosi retournait aux Etats-Unis pour donner des détails sur la triste fin de l'archevêque Seghers, le Père Robaut se décidait à exécuter les intentions du prélat, et établissait une mission à Anvik, chez les Ten’as. L'année suivante, il se fixait définitivement à Koserefsky et commençait à évangéliser les Esquimaux et les Ten’as. Ainsi s'établit la mission de Holy Cross, qui est devenue le centre de l’action des Jésuites à l’intérieur. Cette mission est fixée sur la rive ouest du Yukon, à environ quatre cent milles de la côte de Bering, sur une bande de

terre unie, entourée de montagnes à l’est et au nord. Plusieurs grands édifices en planches, forment l'habitation des missionnaires et de leurs aides. Il y a des dépendances, des dortoirs et des ateliers où les jeunes indigènes Esquimaux et Ten’as sont formés au travail,

sous la direction de Frères Jésuites, qui leur apprennent le jardinage, la manière d'employer le bois et les métaux de toutes sortes.

Les filles, recueillies dans les villages le long du Yukon. sont sous la garde des Sœurs de Sainte-Anne. Ces femmes dévouées, dont la maison-mère est à Lachine, près de Montréal, arrivére en Alaska en 1888. Ce sont les pionniers du Nord; par leur zèle et leur abnégation, elles ont fait de la mission de Holy Cross, l'établissement le plus remarquable du Yukon, à l'ouest de Dawson. Elles ont constamment sous leur garde quarante ou cinquante petites Esquimaux ou Ten'as; auxquelles elles apprennent à faire la cuisine, à tricoter, ou à coudre. Elles les instruisent ‘'e la foi catholique, tâche qu'elles trouvent bien douce et facile : car ces enfants, quoique douées de peu d'avantages extérieurs ont l'intelligence prompte et la mémoire bonne. Leur talent pour la musique, leurs voix douces, cultivées sous la direction des Sœurs, ont plus d’une fois. dans les seize dernières années, surpris les touristes et les mineurs qui montent et descendent le Yukon.

Les Sœurs de Sainte-Anne, qui font tant pour l'Eglise, , dans ce pays lointain, méritent bien une page dans les annales d'Alaska. Déjà, l’une d'elles, Sœur Marie Angilbert, est allée recevoir la récompense de son généreux dévoueinent. Elle repose dans le petit cimetière, au flanc de la colline, à l'ombre de la grande croix, qui a donné son nom à la mission.

Le voyageur bien connu, Henri de Windt, qui a visité

Sainte-Croix, en se rendant en Sibérie, en 1897, lui a consacré une page émue dans son ouvrage, À travers l'Alaska jusqu'au détroit de Bering. « Le souvenir le plus agréable, écrit-il, que je garde du triste voyage de Cirele City à Saint-Michei, est la mission catholique de Sainte-Croix, à Koserefsky, qui est agréablement située dans une vallée formée par l'ondulation de petites rollines. Le vapeur y séjourna quelques heures, qui me permirent de visiter la la mission. Celle-ci se compose de plusieurs jolis bâtiments comprenant la maison d'habitation des Sœurs, le presbytère, la chapelle, l’école, et le jardin potager. C'est là que j'ai vu le premier et le dernier jardin à fleurs que j'aie aperçu en Alaska. Il était touchant de voir le soin prodigué aux fleurs — êtres inanimés sans doute, — mais qui donnent de l'éclat et de la chaleur à cette triste solitude... Au bout du jardin se dressait une statue de la Vierge, cachée dans une petite chapelle de branches de pins, pendant qu’une grande croix blanche, près de la mission, marquait le lieu de repos d’une pauvre Sœur qui venait de mourir, quelques jours avant notre arrivée. Le climat de Koserefsky est bien dur, et on a eu à déplorer bien des morts, quoique la mission ne date que de dix ans. Avant de partir, je visitai !+s écoles,

modèles de propreté, où vingt ou trente enfants des deux sexes, s'occupent activement. Il y régnait un air de paix et de tranquillité, si différent de la malpropreté des des établissements qu'on rencontre sur le fleuve, qu'on aurait pu se croire dans un village paisible de la France si lointaine... »

Il y a une demi-douzaine de Sœurs de Sainte-Anne dans la mission du Yukon. Elles font beaucoup de bien parmi ces jeunes Ten’as et Esquimaux, et rivalisent, dans une sphère et des conditions différentes, avec les Sœurs de la Providence, dont j'ai raconté plus haut les travaux chez les mineurs de la Péninsule Seward.

L'œuvre des missionnaires Jésuites chez les indigènes de l'Alaska du Nord-Est comprend maintenant deux mission: florissantes, Koserefsky et Nulato, sur le Yukon, Akularak, dans le delta, et une quatrième sur le Kuskokwim. D’autres sont installées dans les établissements plus peuplés, qui sont visités régulièrement en dépit des distances effrayantes et des rigueurs du climat. On ne saurait croire les fatigues endurées en ces dernières années, par les Pères Jésuites Tosi, Treca, Robaut, René, Crimont, Jetté, Chivassa, Ragaru, Monroe, Judge, Barnum, Luchesi, Lafortune, Camille, et une douzaine d’autres ; et ces fatigues sont les mêmes aujourd’hui pour jeter la semence de la Foi, dans les esprits et les cœurs de ces tribus qui vivent le long du Yukon et de ses aflluents.

Le froid et l'isolement des hivers d’Alaska n'effraient pas. ces hommes de bien qui donnent leur vie à leur

œuvre; leurs souffrances et leurs épreuves personnelles ne comptent pour rien quand il y a des âmes à sauver. Il est admirable de lire dans leurs lettres — missives confidentielles, nullement destinées à la publicité — les sentiments de résignation, de zèle, pour les gloires du divin Maître, de confiance dans la Providence, qui nourrit les oiseaux et revêt les lis Même dans leur exil

au milieu des tribus alaskanes, ils ont des consolations qu'ignore le monde extérieur. La facilité des enfants à accepter la Foi, leur piété après la conversion, sont des récompenses suflisantes pour des hommes qui ont renoncé au bien-être de la civilisation, Ces missionnaires ne cherchent pas de récompense en cette vie; et les sacrifices qu'ils font, sont le plus sûr garant de l'avenir de la religion au milieu des indigènes de l'Alaska.

Il me reste maintenant à dire ce que fait l'Eglise pour les Blancs sur cette terre lointaine. De ces milliers d'individus qui viennent en Alaska chaque printemps, le plus grand nombre est catholique. C'est à l'invasion de 1900, que l'Eglise commença à s'occuper de leurs intérêts spirituels. Dès le mois d'août de l’année précédente, le Père René, de la Compagnie de Jésus, alors Préfet apostolique d’Alaska, s: rendit an camp de Nuiue, et promit d'envoyer des secours spirituels. Un mois plus tard, le Père Treca, missionnaire Jésuite résidant à l'embouchure du Yukon, visita Nome, dit la messe aux mineurs, et leur procura les autres bienfaits de son ministère. L'hiver suivante, il essaya de rendre une seconde visite au camp, mais avant d'atteindre Unaliklik, le dévoué missionnaire faillit périr dans un bliz-

zard. 11 eut le visage et les pieds gelés, et sa vie resta en danger pendant bien longtemps.

Au mois de juillet 1901, le premier prètre résident, le Père Jacquet, de la Compagnie de Jésus, fut envoyé de Californie à Nome. Il commenca la construction d’une église qui fut achevée à l'automne. L'édifice est grand et

Indigène esquimau dans son kaiak.

Un igloo d'Esquimaux.

l'oteaux d'emblèmes en Alaska.

bien construit ; c'est l’église la plus à l’ouest de l'hémisphère occidental. La croix, qui surmonte le clocher, est le plus haut point de Nome. Elle est éclairée à l'électricité, et est visible à la distance de vingt milles ; elle sert de phare pour les voyageurs perdus dans les terres et pour les navires en mer. En été ce signal n’est pas nécessaire, puisque le jour ne baisse pas pendant plusieurs mois. Mais, à l'approche de l'automne, quand les ténèbres commencent, c'est un spectacle singuliérement pittoresque et inspirant, de voir cette croix brillante, se dresser claire et distincte, et sans soutien apparent, dans le ciel sombre. Les Esquimaux l'appellent : « l'étoile des blancs. » Pendant les longues nuits d'hiver, elle sert de point de ralliement, et à permis de sauver la vie de plus d'un mineur qui, en se rendant au camp, avait perdu son chemin sur la toundra. Le rôle que joue cette croix sur la côte de Bering est si important, que les échevins de Nome ont décidé, quand je quittai la ville, de subvenir à la dépense de l'éclairage, pendant la saison des ténèbres.

ar suite de ses efforts dans les premiers mois de son ministère, la santé du Pére Jacquet devint compromise, et il fut remplacé par deux de ses Freres, les Pères Van der Pol et Camille. Ces deux prêtres souffrirent pendant toute l'année les privations inhérentes à la vie de missionnaire, et firent des efforts héroïques, pour le soulagement spirituel des mineurs de l'Alaska. Ils furent remplacés par le Père Cataldo, dont j'ai déjà parlé, et par l’auteur de ces pages.

Le ministère du prêtre catholique à Nome et dans les camps voisins, difière peu de celui des autres centres. Mais les mineurs sont si terriblement absorbés dans leur travail après la recherche de la fortune, qu'ils sont bien peu préparés aux appels faits aux intcrèts de leurs âmes. L'Alaska n’est pour eux qu’une halte temporaire, où ils veulent passer juste assez de temps pour remplir leur bourse — et c'est tout. Les autres considérations, méme spirituelles, sont secondaires. Des douzaines de mineurs vous avouent franchement, quand vous Îles voyez de près, que leurs convictions religieuses ne supportent pas l'examen, et leur pratique vérifie à la lettre cette déclaration. Ils admettent eux-mêmes que c'est Île résultat de leur éducation dans les écoles publiques, tant vantées des Etats-Unis. On entend beaucoup parler des pertes que subit l'Eglise dans la République voisine, et du nombre presque incroyable d'hommes qui ont perdu la Foi. J'avoue que je ne m'attendais pas à rencontrer des preuves si solides de ce fait, pendant mes deux ans de séjour en Alaska. Presque tous sont vicvictimes du démon de l'indifférence. J’ai rencontré un assez grand nombre de catholiques fervents dans les

centres miniers que j'ai visités; j'en ai trouvé d'autres,

qui gardent cachée dans les replis de leur conscience,

cette Foi dont ils ont appris les enseignements sur les wenoux de leur mère. S'ils ne sont pas surpris, probablement ils appelleront le prêtre à leur lit de mort; mais ils ont trop peur de le déranger, quand ils sont en bonne santé. Bien entendu, il y à des circonstances atté-

nuantes. Les lrois quarts des catholiques de l'Alaska du Nord-Ouest sont des travailleurs à la journée, et la saison de mine dure moins de cinq mois sur douze. Les patrons exigent tous les instants de leurs ouvriers, la nuil comme le jour, le dimanche comme les jours sur semaine. C'est l'excuse universelle de l'apathie de nos gens ; el c'est en effet la meilleure excuse qu'ils puissent fournir. [ls sont tellement absorbés par leur travail, qu'il y à peu de moyens de les atteindre : c'est pour cela que nos visites aux camps ne produisent pas plus d'effet. Mais les mineurs ont le cœur grand, et le « pilote du ciel » es! loujours bien recu chez eux. [est trailé princiérement, et écouté avec respeel. Les pro teslants assistent à la messe aussi bien que Les catholiques; mais là finit le programme, F1 n'y à pas de temps pour aucune sorte d'instruction. Les autres interéts sont plus pressants que les intérèts des âmes: et il est tres probable que pendant que Le prédicateur leur parle des trésors qui ne rouillent pas, el que les mites ne peuvent ronger, ils pensent à l'exiguité de leur gain, et caleulent la valeur de leur prochain luraye d'or,

Voilà ce que j'ai constaté à Kolzcbue Sound comme

à Council, Au début de l'été 190%, je lis une seconde

visile à ce dernier camp pour exécuter un projet que

javais en vue, celui de construire une pelile église el une maison en planches. A ma visite de l'hiver précedent, les fondations avaient été creusées: et la promesse d'un secours généreux me poussait à compléter

l'ouvrage commencé, aussi tôt que possible. J'avais

méme l'espérance d'entrer dans Féglise avant le eonrmen cement de l'hiver. Des amisde New-York m'avaientenvore un orgue et tout Fornementation d'un autels mais il me fallailune église pour Les installer. Malheureuse ment. les ouvriers habiles me coûtaient dix dollars par jour, el Le bois de charpente me revenait à cent vingl dollars les mille pieds : des prix si élevés me contrai enaient à cime hâter lentement

Cependant. on ne eacnait rien à attendre, et je me mis décidément à l'ouvrage. Council était à soixante dis milles de Ia côle. Ta forél élail asse. épaisse el les arbres assez gros pour construire: je n'avais qu'à trouver le moven de les couper et de tes transporter au camp. Dix où quinze mineurs robustes, parmi les quels on comptait autant de protestants que de catholiques, iv avait méme un Gree parmi eux, prirent leur hache juste avant Farrivée des terribles olizzards, el Sen allerent abattre des arbres sur les bords de Ke Nenik uk, à cinq milles de Council Célait comme un écho des chantiers canadiens 2: on entendait Les Joyeuses acelamations des bücherons, en vovant tomber les crands arbres qui eraquaient. Mais, mème pendant qu'on coupait les arbres, nous ne punes oublier que nous élions en Maska. Un jour, pendant notre diner, un cortege d'Esquimaux, trainé par des rennes, passa à coté de nous, suivant le chemin ‘hiver pour «e rendre à la cote.

[s'agissait maintenant de faire sortir ee bois de Ja

jorèt. Plusieurs chevaux avaient été mis gracieusement

rs ex fs

a ina disposilion: mais, à cause de la profondeur anoi male de la neige, ces animaux étaient insufisante fallut done recourir aux équipages de chiens et. dans quelques jours, les bois de Peglise Tarent trames sur le chemin principal, jusqu'a la riviere Neuktuk. Cest alors que nous ftumes surpris par Ha plus Kuneuse tempèle qui ait sevi à Council, et qui nous reduit à une inactivité presque indélinie, La neige tombait épaisse et sans répit; des vents Hi poussaient Sur nos cabanes de bois et elle es recouvrant Peu a pei conne ct able mouvant. Quelques unes méme, disparaissatent completement, ne laissantde visible que le Cuvan du pole, Pendant cette rude saison, nous etes peu de temps pour songer à la construction de PFeglises nous étions L'op occupés à creuser pour nous débarrasser de a neite.

\u boul de Six semaines vint un répit, elles mineurs e mirent a haler les bois, à les couper el a construire, L'église fut élevée jusqu'à Hi toiture, mais la maison annexe fut achevée, el je pus entrer dans mon habi lalion. C'est la que je passai le reste de Fhiver dans ma solitude égayvée par les lettres ie est dans eette del cieuse prison, que je compilai la plupart des notes inse rées dans ce volume. Quelques Hivres que je nrelais pro curé à Fautomne précédent. la correspondance des inissionnaires du Yukon, me fournirent beaucoup de renseignements sur FAlaska:s je me suis efforee de Les livrer à mes lecteurs, surtout sur Les indiennes el les forts faits pour leur procurer Le bienfaitinstimables de Ta

Foi chrelienne.

La plus vive impression qui me reste de mon conlact avec les naturels de l'Alaska, c’est qu'il offre un champ immense au zèle du missionnaire dans la population arborigène du pays, si l'on peut trouver des hommes et des ressources pour y travailler. Les Alaskans sont intelligents et désireux de s’instruire. Par malheur, ni les hommes ni les ressources, ne semblent se présenter aussi abondamment que l’exigeraient les circonslances. Il y a beancouüp d'âmes à attendre en Alaska : non seulement celles des centaines de mineurs qui ne songent pas et ne cherchent pas la seule vraie richesse, mais aussi des âmes de milliers d'indigènes qui ont faim des paroles de vie, et il n’y a personne pour les leur distribuer.

Des milliers d’indigènes, non seulement dans la Péninsule Seward, mais sur le reste du territoire, n'ont jamais entendu parler de Dieu, et ils deviendraient des chrétiens édifiants, comme le passé le montre, s'il y avait des missionnaires pour consacrer quelques années de vie à leur conversion. C'est la volonté du Maitre que les hommes atteignent le ciel par le ministère de leurs semblables ; et cependant l'Alaska, malgré se: cinq cent soixante dix sept milles carrés, a moins de vingt missionnaires Jésuites au travail, quand il y a de l'ouvrage pour un nombre dix fois plus élevé. N'y a-t-il pas beaucoup de jeunes hommes, dans les collèges et les séminaires des Etats-Unis et du Canada, qui négligent d'écouter la voix silencieuse, les appelant au noble ministère des àmes? Et pour cette négligence,

quelle réponse feront-ils à Dieu au jour du jugement ?

Le

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