‹ A travers l'Amérique de Terre-Neuve à l'Alaska [microforme]Chapitre 5 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Seattle. — Sur le Pacifique.

Les Iles Aléoutiennes.

Seattle est un port de mer américain tout à fait moderne, très avance, et qui passe son temps du matin au soir à chanter les avantages qu’il tient de la nature ou de l’art. Il se prononce Si-a-tle, et tire son nom d'un vieux chef Indien, dont le portrait est maintenant une curiosité bien connue de ia côte. La ville compte réellement quarante ans d'existence : mais durant les vingt premiers, elle ne resta guère qu’un site intéressant, de quelque avenir possible. Elle connut, elle aussi, l'épreuve ordinaire de l'incendie, et en sortit avec une rapidité surprenante. Les dix dernières années surtout ont produit une transformation, presque inconnue même dans les villes de l'Ouest. Ses progrès, par sauts et par bonds, enthousiasment tellement quelques-uns de ses concitoyens, qu'ils la considèrent déjà comme un rival dangereux pour San Francisco.

La découverte de l'or dans le Klondike, il y a dix ans, et deux ans plus tard, au nord-ouest de l'Alaska, à

donné à son commerce une impulsion formidable. Seattle

attendait cette saute de vents, et il en profite encore plus que n'importe quel autre port de l'Ouest. Ses entrepôts et ses bassins sont remplis de chargements à destination des mers Arctiques ; des navires, chargés jusqu'à la ligne de flottaison, quittent chaque jour son port pour se rendre dans le Nord. Neuf sur dix, qui vont dans l'Alaska par Puget Sound, partent de Seattle.

La ville est construite solidement et avec goût sur une colline, qui va se perdre dans la mer. Ses avenues sont parallèles au Sound, et montent comme des escaliers jusqu’à ce qu'elles en atteignent le sommet. Par ses collines, ses endroits escarpés et accidentés, Seattle éclipse Québec, à mon avis, et rivalise avec Saint-John de Terre- Neuve. Mais Seattle a un avantage sur ces deux villes : c'est qu'il n'y a pas de colline à gravir. Vous sautez dans un fuuiculaire, une cloche sonne, le mécanicien tire un levier, et vous voilà au sommet de la colline.

Le temps est de l'argent à Seattle; tout est fait et dit avec une briéveté de Spartis'e. La facon de vous aborder, les enseignes des maisons et des voitures, disent juste ce qu'il faut : pas de prose inutile à Seattle. Chez nous, nous

disons : « Ne descendez pas, pendant que le train

marche. » Dans le West ils impriment simplement

« Attendez que le train s'arrête. » Chez nous, nous mettons sur la porte : « Pas visible, excepté pour affaire. » A Seattle vous lisez : « Eloignez-vous ! c’est pour vous! » Dans un train de Spokane, j'ai lu le sinistre avertissement suivant : « Ne descendez pas à reculons. » El au-dessus de

ces quatre mots, s'élalait la représentation de l'accident,

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Le Roanoke.

Nome, sur la côie de Bering,

Le Cap Spear à Terre-Neuve.

Le Cap Prince-de-Gaïles à l'Alaska.

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