‹ A travers l'Atlantique [microforme]Chapitre 19 sur 30 · ERNEST ANNEE EE · texte numérisé non relu

ERNEST ANNEE EE

re rase. CSS mm Re ape ER mel mr am der memes DT rm eq qe M ER Se EP ae. a ss Shi 9 TE : > et:

faisait de 36 à 38 degrés de chaleur, nous n'avions guère envie de nous jeter dans cette fournaise. Cependant le désæœuvrement et la curiosité nous ont conduits certain soir dans un théâtre-casino, situé dans la 39° rue.

Jamais salle plus baroque ne nous était apparue. Construite dans ce goût moyen âge dont Jvanhoë et Quentin Durward ont ressuscité la mode en Angleterre, cette salle de carton-pàte, avec ses avant-scènes en forme de tourelles gothiques, est affreuse à tous les points de vue.

On y jouait une sorte d’opérette intitulée Falka, à laquelle je n'ai pas compris grand'chose — et j'estime que c'est fort heureux pour moi. L'action se passait en Hongrie, au xv° siècle, affirmait le programme. C'était un excellent prétexte pour affubler de maillots et de collants une foule de petites femmes, recrutées tout comme chez

nous parmi celles que la nature a le mieux k

pourvues.

Les décors étaient assez soignés, mais d'une nuance bleu fade et argenté, qui n'avait

eur, Nous dans cette ment et la ‘rien de commun avec les tons ordinaires du paysage. Les femmes étaient vêtues de cos-

tumes composés de maillots rouges avec des

soir dans jme rue.

nous était M bottines et des vestes blanches extraordinaimoyen âge Mrement ajustées (il paraît qu'au théâtre le d ont rescette salle scènes en

affreuse à

déshabillé n’est pas shocking), et représen- | | taient des petits soldats hongrois, qui ma-

nœuvraient dans tous les sens, afin de se F } Eh) bien montrer sous toutes les faces.

Le chant laissait extraordinairement à

rette inti- désirer sous le rapport de la justesse. Les

s compris c'est fort

sons avaient en outre ce ton nazillard et gut-

tural qui caractérise l’accent américain.

passait en Quant à la musique, c'était une sorte de pot ait le protexte pour s une foule

M 2er

Bpourri, une réminiscence perpétuelle de nos

EURE | » 456 » REP SR EDR O Nmng ,

opérettes les plus en vogue — une de ces adaptations en un mot, à l’aide desquelles

omme chez le mieux

es Anglais (et les Américains, je le vois

aussi) nous pillent sans vergogne pour ne point payer de droits d’auteur.

Malgré toutes ces im;erfections, cho-f quantes pour quiconque a la moindre habitude du théâtre, le public applaudissäit à tout casser et faisait outrageusement"bisser les morceaux qui lui plaisaient. |

À 11 heures, la toile était tombée. Nous croyions que tout était terminé et nous nou} disposions à regagner notre hôtel, lorsque nous voyons la foule se précipiter vers une tour, par les fenêtres de laquelle se prof laient les spirales d'un escalier. Nous suivons docilement le flot de cette marée hu maine, nous montons quatre ou cinq étage et nous arrivons au faite de Ia maison Quelle est notre stupéfaction en découvran!

une immense plate-forme parquetée, éclairée par des gerbes de lumière, entourée de giran doles, de pendeloques en verres de toutes les couleurs, avec des fleurs, des arbustes, des tables et des bancs !

C'était un jardin suspendu, dans leque douze ou quinze cents hommes et femme

tions, cho-k indre habiaudissäit à ment” bisser

mbée. Nous et nous nou tel, lorsque iter vers une lle se prof r, Nous suie marée hu u cinq étages

la maison n découvrant!

etée, éclairée urée de giran de toutes le

arbustes, des

dans lequel

bs et femme

savouraient, pèle mèle cette fois et souvent détrès près, du thé, de la bière, des bois-

“sons glacées, tandis qu’un orchestre très k “imparfait, caché dans une espèce de temple | grec, exécutait (c’est bien le mot) les œuvres

des maitres français ou italiens. Pour peu que l'on eût dansé, on aurait pu se croire dans un coin du feu Jardin Mabiile ou du Château des Fleurs.

Pour compléter l'illusion, hommes et femmes s’accouplaient et disparaissaient, en échangeant de tendres œillades ou des étreintes significatives. C'était tout ce qu'il y avait de plus shocking, je vous le garantis, et cela donnait enfin le démenti que j'attendais depuis si longtemps à l'hypocrite pruderje contre laquelle je me heurtais à chaque pas et dont je n’étais pas dupe.

Ce n’était rien encore à côté des surprises que la fin de cette intéressante soirée nous

| ménageait. Nous suivions distraitement

Broodway pour rentrer chez nous, quand, à

droite et à gauche, dans les rues adjacentes, nous entendons des cris, des chants, de:la, musique, les accents mélodieux de plusieurs rs pianos. RES Curieusement nous écoutons, nous approchons, nous jetons un coup d’œil indiscret à travers les portes entre-bâillées et, résolument, nous entrons.. au petit bonheur.

C'est une salle qui peut avoir quatre mètres de large sur cinq de long. À gauche, un

comptoir tenu par un homme; tout autour de la salle, des tables de marbre blanc et, devantchaquetable, une, deux, ou trois femmes, à qui il n'y a pas besoin de demander ce qu’elles sont. Au fond, trône une matrone de quarante-cinq ans, énorme, graisseuse, rouge et bouffie, coiffée d'un chapeau à fleurs, sous À}, le poids duquel elle sue à grosses gouttes. Au he; bout, à gauche encore, presque en face de la porte d'entrée, un piano, devant lequel un

jeune virtuose s’escrime péniblement à gagner son cachet,

ljacentes,

nts, de:la.…

us approndiscret à t, résolunheur.

uatre mèrauche, un ut autour anc et, deis femmes, nander ce atrone de use, rouge eurs, SOUS outtes. Au face de la lequel un tàgagner

bre.

a a SES

Nous demandons à boire, nous faisons esse à nos voisines et nous apprenons que

Hot sommes chez la mère Tape-Dur. Les rieureuses qui sont là viennent y chercher

fortune et s’arrangent, je ne sais comment, avec la maitresse de l'établissement. Elles sont si laides, si vieilles, si repoussantes, si mal attifées, que nous nous hâtons de quitter

la place, quoique la mère Tape-Dur, quim'’a

l'air de connaître son monde, nous propose

ide faire venir des dames francaises. Et avec Duel sourire !.…

Nousentrons dans un iissément voisin, conçu dans un autre ordre d'idées. La salle

Rest beaucoup plus grande. Sur une petite Ascène placée dans l’encoignure, chanteurs et

danseurs se livrent à des acrobaties pitoya-

bles et peu variées. C’est donc une façon de

café-concert, devant les tables duquel sont

assis les consommateurs. Au milieu d’eux, ou à côté d’eux, circulent ou prennent place Rides femmes un peu moins repoussantes que

celles de la mère Tape-Dur, mais sur lesquelles il faut avoir une furieuse faim et un fameux appétit pour se jeter. : ge

Le voilà done, le puritanisme américain!

Dans son plus beau quartier, côte à côte avec k

les hôtels des plusriches négociants, en plein

Broodway, je le trouve en flagrant délit de} turpitudes, souillé d’ignobles repaires, envahi |

par la plus abjecte prostitution ! Chez nous

la police du moins surveille ces bouges. A È

New-York, elle est obligée de ne pas les voir pour ne pas les fermer, puisqu'elle ne les autorise pas. Lequel des deux systèmes est le meilleur et le moins dangereux ? Ce n’est pas difficile à résoudre.

Nous n'avons pas jugé nécessaire de pé-l

nétrer dans tous les autres repaires qui avoi-

sinaient les deux premiers. C’est dans unk

oyster-house de la 24m rue que nous avons achevé cette singulière étude de mœurs. Ainsi

que son nom l'indique, l’oyster-house est unel

maison où l’on mange des huîtres, qui ne

is sur lesfaim et un

américain !

à côte avec À

its, en plein

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| Chez nous

s bouges. AR

> pas les voir elle ne les systèmes esl x? Ce n'est

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nous avons œurs. Ainsi

ouse est unc he

res, qui ne

sont pas des huîtres mais tout bonnement

des palourdes. Or, entre les palourdes et les ‘hüîtres, il y a la même différence qu’entre-

ui gigot de chien et un quartier de chevreuil. Quoi qu'il en soit, en prenant place devant la table qu’on nous indique, nous constatons que la société est un peu moins mèlée que chez la mère Tape-Dur ou les autres bars d’alentour. Les hommes y ont une meilleure tenue, les femmes sont un peu plus jeunes et mieux soignées; mais

Belles ont toutes des toilettes impossibles et

ressemblent sans aucune exagération à des singes habillés ou à des chiens savants.

Quant à leur industrie, elle est la même ici que là-bas — à part la question de prix, très probablement.

Ce qui parait encore étrange à New-York, c'est que cette. immense quantité de bars ou

| de restaurants n’envahit sur aucun point la

voie publique. Aucun de ces établissements, et je parle des plus huppés, n'a sur-le trot-

Fa FA Hi Fra ; k SE { FE |

ei

mme,

toir une seule rangée de tables. Impossible, comme à Paris de prendre son absinthe ou | son café en regardant passer la foule.-“Ce:

serait sans doute par trop shocking, puisque: ce n’est pas toléré. Et ce n’est pas cette in- R terdiction, vous le pensez bien, qui est faite pour ressusciter cette ville morte — le soir surtout !

De même, il m'a semblé non moins étrange

de ne rencontrer dans la rue ni soldat n chien.

Je savais bien qu’il n’y avait aux Etats-| Unis qu’une armée très restreinte, mais je nel f

m'attendais guère à n’en apercevoir d'autre

échantillon qu’un zouave, vêtu d’un pantalon

jaune orange de l'effet le plus pittoresque.| Où donc se tient-elle cette armée? Ce ne sont

pourtant pas les forts dont la ville est entourée qui absorbent une grande quantité de BE? soldats, car ses fortifications sont dérisoires M et, telles qu'elles sont, ne servent absolument L à rien.

cmimentrerrrtnnntetmeemstin

[mpossible, Quant à la proscription qui pèse nécessai-

xbsinthe ou Rfement sur la race canine, elle n’est expli- \ foule. de.

ng, puisque:

as cette in-}

He quo par la lourdeur excessive de l’im- ‘1 “dont on frappe vraisemblablement ces Buvres bêtes. J'avoue n'avoir pas poussé

Q x LEE : x 4 ,« , F qui est faite amour de l'exactitude jusqu'à m’assurer

e — le soir fun fait, qui ne m'intéressait après tout que ès accessoirement.

ins étrange M Ou. comprendra sans peine maintenant

i soldat nie dehors des quartiers commerçants et b l'heure des affaires, avec une disette aussi

aux États-Mfande de voitures de luxe, de promeneurs,

A ? (Q SE 2 CO ; , mais je ne flâneurs, l’uniformité du costume, l’inexo-

voir d’autre ble alignement de ses maisons som-

; | ; $ un pantalon Mes, New-York soit une ville d’une mono

pittoresque. hie désolante. C’est pis encore à cette ? Ce ne sont

ille est enquantité de Wen font le voyage de l'Europe, afin de réa-

oque de l’année où les riches familles s’en nt à la campagne et aux bains de mer, ou

it dérisoires MP” des économies.

absolument La vie est, en effet, horriblement chère à

ew-York: le dollar y est à peu près l'unité

courante. L'or et l'argent y sont en out d’une rareté excessive. Ici c’est le papihé qui règne en maître. Toutse paie en papie ; ou plutôt en chiffons, car les billets de barniqu sont d’une saleté repoussante, etil est vériti blement répugnant de les toucher pour 4 faire usage. Or mettre la main à la pocl n'est pas une sinécure dans ce pays-là!

chaque instant, il faut palper et repalper cl loques infectes, qu’une crasse graisseuse f adhérer l’une à l’autre.

Je ne puis pas me consoler à l’idée qi l'on m'a pris cinquante francs pour me cha ger un beau billet de mille francs, tout net contre cette monnaie de chiffonnier. J’insi terai donc encore une fois sur la nécessité il se pourvoir de dollars quand on veut ven en Amérique, de mème que je conseiller au voyageur de se tenir en garde contre aubergistes américains. ;

Après avoir pris des renseignements min} tieux, nous étions descendus à New-Yoi

sont en ou c’est le papi aie en papie lets de bariqul etil est vérité

fdans un hôtel de la 5m avenue, que .je Muc. voeux pas désigner plus clairement. Il

# 134 , U L 4 , létait purement américain, m'avalt-on assuré, et devait, par cela même, offrir à notre curio-

sité un sujet d'études intéressant, Nous arriacher pour:

> irons tous les six, nous demandons des chamain à la pocl À | Mbres et nous nous informons des prix. On ce pays-là!

et repalper cs A Bde 32 dollars par jour, c’est-à-dire environ

nous répond que notre dépense totale sera

graisseuse À 90 francs par personne.

À Vidéo q On nous désigne alors des chambres, dont er à l’idée qi deux vraiment inacceptables, donnant sur pour me cha aies une cour étroite et sombre comme un puits.

ncs, toutnel ., re CE | . AN étais un de ceux à qui ce lot était échu. pnnier. J'1nSiiR bi re RS PR one La nécliait| Je m'insurge, je déclare que je n'habiterai an ; ‘ jamais un réduit semblable; le garçon deson veut vel j ie ; ' cend, va consulter son maitre et revient, au je conseilleràé , A ME] out de dix minutes, m’apportant la clef de arde contre! ; Mieux chambres plus convenables, mais

. situées au même étage.

nements min}

à New-Yoll Comme nous devions rester quelques jours w—Ÿ 0!

à New-York pour y attendre l’arrivée de la

Nubienne, nous nous installons et nous cher-f

chons à régler notre vie sur nos habitude;

françaises, c'est-à-dire à prendre nos repasaux heures ordinaires. Ce n’était pas de luxe, jeh

vous le jure, car la cuisine américaine, jointe] au bouleversement qu’elle apportait dans les| heures du déjeuner et du diner, nous avait complètement détraqué l'estomac. Malheureusement, ou plutôt très heureusement, comme vous allez le voir, nous n’avons pas pu atteindre ce résultat. L'heure à laquelle nous prétendions déjeuner ou diner était toujours l’heure du lunch, c’est-à-dire où iln)y a rien à manger !

Le lendemain nous prenons le parti dell quitter cette maison inhospitalière pour aller à l'hôtel Brunswick, où nous le savions d'avance, nous pouvions vivre à la française, et où nous n'avions pas voulu descendre tout d’abord par amour de la couleur locale, Nous demandons notre note, on nous la donne. Au lieu de 33 dollars dont nous

t nous cher- tions convenus la veille, ellese montait à

9 dollars! Pour ma part, cette journée et tenuitme coûtaient 11 dollars! (55francs).

js habitudes

OS rEpas AUX

' s s récl: ions é ai de luxe, jeWpncore, Sur les réclamations énergiques que

. . , À d Q Q . € 31e Te. S : dés caine, jointe ous lui adressions, l’aubergiste, prétendait

tait dans le NOUS avait fait de grandes concessions

, nous avait arce que nous étions nombreux. Je le crois

An (l [4 Al Q 2 « 9 ac. Malheu-M°2: Tout ce que nous avions pris à l’heure

ureusement, hlunchnousétaitcomptécommesupplément,

n'avons pasWnsi due les chambres que nous occupions,

s près AVOI à 1 Ë s d: 4 e à laquelkMMp'ès avoir refusé les nids à rats dans les

, . L e è * pas !

hofétait toi els on avait voulu nous faire entrer

e « . | 1 ] l A vre ) ? ; Q dire où iln’; Donc, messieurs les touristes, ou rez l'œil and vous allez en Amérique et sachez que

ù L} , . . É CN 1 > D € # À le parti de la bonne foi punique » n’était rien à côté de

e pour aller lle du Yankee. Il parait, du reste, qu’il

le skvtonci est de même dans toutes les transactions.

. A £ la française, parole donnée n’a pas cours en Amérique

aa Ke descendre tant qu’un contrat ou un marché n’est

leur locale MPS Signé, c est comme s il n’y avait rien de

1 . £ of , , on nous t. Surtout ne vous avisez pas d'amener le

dont nousMoindre roquet avec vous dans un pays, qui

= nié mirent ntmpiemte SPAS EEE RE LER | n'a décidément aucune sympathie pour c: | ami de l’homme, car il vous en coûterait w

dollar par jour pour avoir le droit de le ga der auprès de vous.

C'estécrit en toutes lettres sur l’avis impr mé quiest cloué sur la porte de la chambre

Quoique ce ne fût pas cette raison qui ei décidé notre départ, puisque nous n’avioi pas de chien, le soir même nous couchia à l'hôtel Brunswick.

La vie y est également chère, cela va sal dire, puisqu'elle l’est partout, mais vous jouissez d’une liberté complète. Votre chamhill vous coûtera de 2 à 5 dollars par jour, m:

vous pouvez aller prendre vos repas où hi vous semble, de même que vous pouvez voill mettre à table à l’heure qu’il vous convieilk La cuisine y est française et assez bonne; t y parle français, on y est complaisant : c'a dire que vous y retrouvez l'indépendan à laquelle vous êtes habitué. Enfin on 1e vous fait payer rien de plus que ce qui &

athie pour Céonvenu ; c'est un détail qui a bien sa valeur. n coûterait ui oit de le gar

Nous n'avions donc pas perdu au change

surtout au point de vue du service. Ah!

Re service des Américains. Je vais tàcher de ar l'avis impr@ous en donner une idée.

de la chambr£ En vous asseyant dans la salle à manger,

raison qui elui est propre dans les grands hôtels et dont nous n’avii linge même ne laisse rien à désirer, vous ous couchio@riez le garçon de vous apporter à déjeuner ju à diner. Il disparait pendant dix minutes e, cela va Süarviron, puis il revient, chargé d’un plateau,

mais vous Mur lequel sont posés tous les mets dont le

Votre chambf)as est composé. Il les aligne sur la nappe par jour, Mülevant vous. Alors, avec un empressement des

repas où bus louables, il vous les offre tous, les uns

1s pouvez VOprès les autres, sans que l'idée lui vienne

vous Convielmais de vous changer d’assiette. C’est ssez bonne; ans la mème auge qu’il vous fait manger des plaisant : ca ’indépendant

Enfin on!

bufs, de la viande froide, de la viande chaude, u ragoût, des petits pois, des haricots verts, e la salade. À l’entremets seulement, le que ce qui arçon se fend d’une seconde assiette.

om 2 -g8n « td ar dr eh cn ve re en À ne ci - ESPRES CPR present

ons tEiese

L’Américain ne bronche pas et trouve cel tout naturel. Quant à nous, qui avions l'or:

ginalité de vouloir changer d’assiettes et d’er demander, nous étions pour le garçon w sujet de très naïve stupéfaction.

Vous le voyez, en Amérique, il ne faut pai être difficile. On mange beaucoup, mais ne sait pas manger. Si l’on vous sert du roasif beef, il est toujours accompagné de deux « trois légumes : petits pois, haricots verts pommes de terre en purée, que l’on pla autour de votre assiette dans des raviers où, si vous aimez mieux, dans des plats à hor d'œuvres. Ces légumes sont cuits à l’eau € rarement assaisonnés. Les petits pois son énormes, et quant aux pommes de terre, elle sont détestables. Au licu d’être farineuse et d’une blancheur de crème, comme lei nôtres, elles sont aqueuses et transparente comme la stéarine. |

Le jambon et le bœuf sont excellents, mai le mouton est trop gras et a un goût d

suint très prononcé; le veau est ferme et rouge, le poulet maigre et coriace, l'huile lest détestable. Le pain, sous toutes les formes

trouve cell avions l'or:

ettes et d'a 6 et les noms qu’on lui donne, y compris le

« pain français », est atrocement pétri et très mal cuit.

2 garçon ul

l ne faut pa in + MS té La boisson srincipale, c’est l’eau. En été,

pn la boit glacée. L'usage en est si répandu que partout, sur les bateaux à vapeur, dans haque wagon de chemin de fer, il y a une ontaine d’eau glacée et un gobelet. Dès que

up, Mais 0!

sert du roasif é de deux 0 ricots verts, 1e l’on plac .

jous vous mettez à table, la première chose

ss raviers où, que fait le garcon c’est de vous remplir un

plats à hor ; erre de glace et d’y verser de l’eau ; dès que sous entrez dans une chambre d'hôtel, on ous apporte un pot d'eau bondé de glace ; si

jous sonnez, avant même de savoir ce que vous

ts à l’eaue tits pois son le terre, elle

e farineuse allez demander, le garçon arrive avec un

comme le:s ; pot d'eau glacée.

ansparentei P Il se fait également en mangeant une

énorme consommation de lait. Quelques-uns

ellents, mail . ne boivent du thé, quelques autres, mais ils

un goût d

sont rares, boivent de la bière anglaise qui, R naturellement, est assez chère. Quant a i vin, ou plutôt au claret —- car pour les Américains, tout ce qui est vin rouge est claret — ils en boivent fort peu, le servent danif des petits verres et n’y mettent jamais d’eau.h Les gens riches boivent quelquefois du champagne, mais sagement, car il coûte également cher.

Les fruits sont assez beaux, mais n’ont pas grande saveur: les cerises sont superbes, les fraises, très foncées, grosses comme la fraise anglaise, n’ont pas grand parfum. Les pèches et les abricots sont durs. Je ne connais pas leur cours ordinaire, mais nou avons payé les pêches six francs et je vou assure qu'elles ne valaient pas l'argent:

L'’ananas et les bananes sont les seuls fruits que l'on puisse se procurer à bon comptel L'ananas est exquis et coûte de quinze ik vingt-cinq cents (sous) la pièce, suivant si

grosseur. Les bananes sont ici aussi com

JE

anglaise qui,

jour les Améuge est claret

servent dansé

jamais d’eau.

afois du cham-

| coùte égale-W

1x, mais n'ont sont superbes; »sses comme là d parfum. Les rs. Je ne con- ‘e, mais noi nes et Je vou pas l'argent les seuls fruits

1 bon compte.

de quinze 1È

ce, suivant Si ici aussi Con

Æmunes que le sont chez nous les pommes au ee. Quant ABis de novembre. Les plus pauvres gens en Imangent dans les rues sans aucune réserve.

{Quant à moi, Je trouve que la banane res-

semble à un bâton de cosmétique; je n’en ai

Müonc jamais fait une grande consommation,

pas même en beignets frits, ce qui est pour-

lant la moins mauvaise façon de les manger.

Par exemple, je me suis rattrapé sur les

nanas. Ce que nous en avons avalé pendant hotre traversée de retour est honteux à dire !

Puisque jé parle cuisine et restaurant, je je puis passer sous silence deux établissehents de premier ordre que j'ai trouvés à Vew-York et quim'ont amplemeat dédomhagé de tout ce que mon estomac avait soufert pendant le voyage. Je veux parler de Jelmonico et d'Hoffmann.

Delmonico, je n’ai pas besoin de vous l’ap- »J |

rendre, est un restaurant français. situé dans

à 9" avenue, au coin de Broodway, en face

Pi Lies

PAS SR TN ETS PA pee PR EN QE

mas nn ne SSP OU

ti

de Madison Square. Les salles y sont spacieuses et bien aérées; le linge, la vaisselle et les cristaux y sont honorables, le couvert Bi parfaitement mis. Non seulement la plu part des maîtres d'hôtel et des garçons y parlent français, mais encore la cuisine y} est aussi française, tout en s’appropriant cer-le . tains mets créoles de haute saveur, que nosk, grands restaurants de Paris ont, du reste, | depuis longtemps adoptés. N +.

On y mange admirablement, aussi bien, sk, ce n’est mieux, qu’au café Anglais ou à kif maison Dorée, et à un prix qui n’a relative}, ment rien d’excessif. Je n’adresserai à ce établissement hors ligne qu’un reproche : 1

est relatif au service. Non pas que l’on 1 mange, comme ailleurs, tous les mets dan la mème assiette; mais le sans-gène améri cain a un peu déteint sur le service. Ainsi quand on sert le café, au lieu de faire tabl rase, on laisse inconsciemment sur la nappi tout ce qui s’y trouve: bouteilles vide

y sont Spala vaisselle

, le couvert fl

ent la plis garÇOnS } la cuisine y opriant cereur, que n0$ nt, du reste,

aussi bien, s glais ou à ke

i n’a relativef esserai à cet

reproche : |

s que l'on !E

es mets dan -gûne améti ervice. Ains e faire tabl sur la nap}i teilles vide

Biaurant Delmonico,

carafes, huiliers, et jusqu'aux bols de cristal dans lequel vous venez de vous tremper les doigts.

Le café n’est d’ailleurs pas d'une consommation courante en Amérique. Dans tous les

hôtels où nous en avons demandé, on nous a

servi des infusions de café, comme on sert

| une infusion de thé ou de toute autre tisane.

Quant à la décoration intérieure du res-

elle est horrible —

comme tout ce qui se faitici. Depuis le plafond, qui ressemble à une carte d’échantilonnage de papiers peints, de Lincrusta-

Walton, de compositions bizarres, jusqu'aux , Ï »

mesquins rideaux de mousseline blanche

qui pendent le long des hautes fenêtres sous

des lambrequins étriqués, tout est d’un goût

fabominable. La cuisine seule y est exquise,

cela sauve tout.

Hoffmann, lui, est moins un restaurant qu'un bar, mais c’est un bar de haut vol, vous allez en juger. Il a voulu faire de l’art et,

il faut lui rendre cette justice, il a fait pour y l arriver tout ce qu’il était humainement pos $ sible de faire dans le milieu au sein duquel ik

se trouvait. &

Une fort belle tapisserie d’Aubusson, com L d mandée par Napoléon III, et qui représenth € l'entrée du port de Marseille avec la vue ff

château du Pharo, y occüpe la plus grand place. Ensuite viennent, parmi d’autrall bé œuvres qui ne sont pas sans mérite : un

ri

groupe en bronze de Pan et Bacchante, pa

Clésinger, une Eve en marbre blanc, par Ball

un tableau Nymphes et Satyres, par Bouguc

reau, la Vision de Faust, par Faléro, égal

ment connu comme peintre de talent el comme yachtman enragé, un Intérieur dE

Harem, par Etienne, et un Vareisse, attribui au Corrège, de la plus grande beauté. Joigne!

à cette nomenclature un peu écourtée uni

pendule hollandaise, une pendule Boul

Louis XIV, des armes précieuses, des vaselÿ!0 magnifiques, et vous conviendrez qu’il y 4°

fait pour ; M largement de quoi égayer les yeux du con-

nement pos sommateur.

in duquel ik Toute ces beautés, précieusement abritées

contre la fumée du bar et les inconvenances

usson, conf dc: mouches — les tableaux par des glaces ?

i représente} et les marbres par des voiles de gaze — ec La vue dé sont très habilement mises en relief, le soir,

plus grand} par des réflecteurs dissimulés sous de larges

‘ Ya ne 7 ñ h >. 4 smi d’autres bandeaux de velours vert à franges. Par

mérite : wbpmalheur, là aussi, le détestable goût amé-

acchante, pas ricain a intercalé des animaux empaillés, € , Da

ne, par Ball des perroquets en faïence et, aux angles

du comptoir central, des petites lanternes

par Bougie raléro, égale de talent ch

Intérieur 4 cisse, attribut auté. Joigne écourtée ul ndule Boul

es, des vas} ez qu'il y New-York, mais s'y promener n’est pas 12,

en verres de couleur, quijurent horriblement avec cet entourage artistique.

Il est vrai que nulle part, mieux que chez

Hoffmann, on ne prépare les fameuses boisons américaines dont j'ai déjà si souvent

| arlé.

j En cherchant bien et en ne comptant pas

rop, il.y aurait donc moyen de vivre à

li 210 A TRAVERS L’ATLANTIQUE | . . . Q ; 3 facile. Ni les rues ni les avenues ne sont BF, 14 * : . ’ È 1 gaies, l’air qu’on y respire n'y est pas très

pur ; l'énorme quantité d'usines amoncelées à Brooklyn répand sur la ville un nuage de fumée fort désagréable ; encaissés dan »

des maisons de six ou huit étages, les squares RS q L manquent d'air et sont mal fréquentés Br | Bien entendu, aucun d'eux n’approche ir:

beaucoup près des Buttes-Chaumont ou du | parc Monceaux. Si l’on veut respirer à l’aisthpai ! et voir un coin de verdure, c’est au Central-Win

"| Park qu'il faut aller. | Il est d’un accès facile, puisqu'il est situé au milieu de la ville, et à portée

beau quartier, mais ne vous attendez pas

‘1 trouver rien qui ressemble aux bois de | Boulogne ou de Vincennes, avec leurs lacsires | leurs rivières, leurs cascades, leurs caflisit 4 et leurs restaurants. Quand vous aurelltr À pris une voiture à deux chevaux, qui vou | fera payer trois dollars une promenade dk Lcre deux heures, estimez-vous heureux, par leÿiicor

es ne Sont soirées accablantes du pays, de numer un

st pas tr peu d'air frais sous les allées ombreuses amoncelées BE que ce pare vous tient en réserve. > un nuage Aussi est-ce une promenade très à la aissés dans E mode et d'autant plus suivie qu’elle permet les squares D de passer la soirée sans trop d'efforts. Un fréquentés. restaurant y est installé et, quoiqu'il n’ait approche àBrien des élégances de Madrid ou du Pavilmont ou du lon d'Ermenonville, on peut y diner en plein pirer à l'ais air, y prendre des glaces, et y savourer les

au Central-Binévitables boissons que l’on retrouve ici à

tout instant.

qu'il est Si- Un autre pare du même genre existe aussi

dans le voisinage de l’'Amirauté et borde

à portée € tendez pas i aux bois de c leurs lacs, leurs cali

une partie de la rive gauche de l'Hudson, mais 1l est moins grand, sinon moins pittoresque. Il a surtout l'inconvénient d’être situé dans un quartier plus populeux, à une

très petite distance du pont de Brooklyn.

vous aurcêE

1x, qui vou Certes ce quartier, quoique moins aristo-

omenade dficratique, n’est pas moins intéressant. Au

eux, par leficontraire, c'est là seulement que vous pour-

rez admirer une des merveilles les plus extraordinaires qu’il soit possible d'imaginer, R | Trop à l’étroit dans la presqu'ile sur.

laquelle elle est bâtie, New-York a été forcée de se répandre au delà des deux rivières ; qui l’enserrent, et par conséquent, de multi- l plier les moyens de communication, pour rap-RF procher de la métropole, les usines, ls, chantiers, les chemins de fer dont elle es 3 séparée. nr Après avoir créé d'innombrables ligna de sieamers, sur lesquelles je reviendralBs.

tout à l'heure, l'Américain a trouvé ce

moyens de locomotion insuffisants et à résoll de relier par un pont les deux rives de l'Esÿ,

River, de façon que Brooklyn, qui est centre de toutes les industries, ne fût pa

complètement isolé de la capitale.

Un proverbe dit: « Grattez le Russe, vou trouverez toujours le Cosaque. » Un autrfh devrait dire: « Grattez l'Américain, vous jEkoi

trouverez toujours l’aventurier, » car s’il el

es plus exd'imaginer, squ'ile sur k a été foreux rivières +, de mult-

on, pour l'ap-

usines, les

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a l'origine et s’il n’en a pas encore dépouillé la sauvagerie, il en a conservé les audaces.

Le pont de Brooklyn en est un exemple

frappant. Tout d’abord, pour lui donner la

hauteur voulue, il afallu construire de chaque côté de la rivière deux puissantes amorces, qui pénètrent assez avant dans la ville et dans Brooklyn et qui ne mesurent guère

# moins de 300 mètres chacune. Ces assises sont

en pierre grise, fruste, et bâties avec une

isolidité telle qu'un bouleversement géolo-

gique pourrait seul en avoir raison. À l’extrémité de ce long viaduc, s'élèvent ensuite les quatre colonnes de granit, qui supportent les câbles de suspension d’une arche de pont

qui n'a certainement pas moins de 4 ou 200 mètres de portée. Les deux câbles principaux, sur lesquels est suspendu le tablier par un nombre infini d’autres fils acces-

joires, sont plus gros que le corps d’un

Homme, mais s’amincissent tellement dans

l’immensité qui les entourequ’on se demande comment ils ne fléchissent pas sous le poids formidable dont ils sont chargés.

En effet, tandis qu'au milieu du pont m passage de5 mètres environ est réservé pour : les piétons, on a ménagé, à droite et à gauche, R : un chemin pour les voitures et une voie pour le chemin de fer — en tout cinq voies difié-he 4 rentes.

Sur la droite, en partant de New-York passent les voitures et le train qui vont if Brooklyn; sur la gauche, les voitures et le:

train qui vont à New-York. Or le mouvement [m

des voitures est considérable et incessanit,

Quant au chemin de fer, il ne s’arrête au

deux extrémités du pont que juste le tem) nécessaire pour déposer et reprendre des voya

geurs, car il ne va point au delà et ne circulfés

qu'au moyen d’une corde sans fin, à laquel

une petite machine à vapeur fixe imprin

hic Mais si le chemin des piétons et celui dus

un mouvement de rotation perpétuel.

Qt

se demande R voitures estentièrement couvert en planches, us le poids E il n'en est pas de même du chemin de fer. Pour ne pas charger le pont d’un poids inudu pont un WE tile, on a posé les rails sur les traverses

réservé pour RE même du tablier, de sorte que, du wagon et à gauche, BE dans lequel on est assis, on voit couler l’eau me voie pour sous ses pieds à une hauteur de 30 ou | voies diffé-W 40 mètres pour le moins.

h C’est qu'il ne s'agissait pas seulement de , New-York, faciliter les communications par terre, …l qui vont à fallait aussi ménager les communications par voitures etleau, qui ne sont ni moins nombreuses, ni [moins essentielles. Il était nécessaire pour cela d'élever le tablier du pont à une hauteur suffisante pour que tous les bateaux pussent franchir l’obstacle sans démâter. Ce problème difficile a été victorieusement résolu.

le mouvemenl et incessant s'arrête ail uste le tem) ndre des voyi à et ne circuli fin, à laquel@} On se souvient du terrible accident dont le

fixe imprin@ipont de Brooklyn à été le théâtre l’année der-

étuel. hière. Des milliers de curieux étaient accou-

Set celui dus et l’avaient envahi, quand un alarmiste

{al : 4 Î

ou un plaisant sinistre s'écria : « le pont casse! » La panique qui en résulta fut terrible. Dans l’affolement que causa ce cri lugubre, deux ou trois cents personnes furent écrasées ou précipitées par-dessus les para- RE pets et noyées dans la rivière.

Aujourd’hui l'Américain est bien revenu Bi de ses terreurs;il va et vient d’un bout à

l'autre du pont, sans songer mème au danger

qu'il court.

Je n’ai voulu, pour donner une idée de

ce chef-d'œuvre, recourir à aucun guide.

Avec un livre, il m'aurait été facile de donner

le chiffre exact des longueurs, hauteurs largeurs, etc., mais, tenant par-dessus tou

à conserver au journal que je rédigeais so caractère purementimpressionniste, j'ai sys-

tématiquement évité d’être savant à si pel de frais, laissant aux maniaques quise pi

quent d’exactitude le soin de contrôler me

assertions. Je n’hésite donc pas à déclarer que la vu

+ « le pont 1lta fut tersa ce cri lu- »nnes furent

sus les para- k

bien revent

d’un bout à

ne au danger

une idée de ucun guide.

ile de donne rs, hauteurs, -dessus tou rédigeais S0!

iste, j'ai SyS vant à si pel es qui se pl ontrôler mes

er que la vi

de cette merveille d’audace et d'industrie est une des choses qui m'aient le plus vivement impressionné pendant mon voyage. Brooklynbridge m'a fait positivement songer aux léendes de la tour de Babel et des Titans essayant d'escalader le Ciel, Je ne crois pas que l’orgueil humain ait jamais atteint si nut. Ce pont suspendu est-il solide? Ré-

sistera-t-il longtemps à ce fourmillcnent

‘hommes, de voitures et de wagons? Je [æ)

d'en sais rien, cela ne me regarde pas. Je

jonstate que c'est une œuvre magnifique, oilà tout. J'ai dit jusqu'ici, et je dirai encore ssez franchement ce que je pense du peuple iméricain, en général, pour m'incliner deant sa hardiesse et son génie, lorsque l'occalon s'en présente.

De mème, il faut rendre hommage à son

üvité. Je vous ai parlé du mouvement extra-

dinaire qui règne dans les quartiers comrçants, mais je n'ai rien dit encore du moument qui règne sur les rivières, bien qu'en

es nn ere er enter sente mr rs,

comparaison du premier, il soit beaucoup plusk . considérable. Jonathan est un peuple neuf et qui «hi; forme tous les jours. Déjà le type du Yankeo, tel qu'on le représentait il y a vingt ans, avec sa figure rase et sa barbe de bouc al}, menton, commence à disparaître. Sans doutl., on le retrouve encore dans toute sa purcth}, parmi les hommes d’un certain âge, mais | génération nouvelle le répudie insensible, ment. Depuis que les communications sk.

sent multiplices et sont devenues si facilali

depuis que les voyages en Europe ne sal,

plus pour eux qu'une distraction, ils se coff;

forment davantage à nos mœurs, ànos usagi

à notre manière de s'habiller et, quoiqu'il

aient encore beaucoup à faire pour no

égaler, ils n’en sont pas moins, sous ce ri port, dans une voie de progrès qu'il est à

ossible de méconnaïtre.

Nul doute que la jeunesse actuelle ne cb,

tinue l'œuvre qu’elle a commencée et à,

jaucoup plis apporte l’activité dévorante dont elle fait | preuve sous toutes les formes et de toutes les f et qui sh facons. Ce pont de Brooklyn aurait été pour du Yankec oux un obstacle, bien plus qu’une commodité, a vingt a les habitants de. New-York ne l'avaient pas , de bouc aconstruit à une hauteur suffisante pour per- >, Sans dottiBnettre de le franchir aux bateaux de tous ute sa purcilos tonnages.

Age, MaislS En effet, on ne peut pas se figurer ce qu'il e insensible en passe tousles jours sous cette arche monuunications nentale, Sans parler des sloops et des goûues si facilities, qui font le cabotage et qui sillonnent 1rope ne SüBkans cosse et dans tous les sens les deux on, ils SC COivièros, il y a tout un monde de steamers s, ànoS USA ni les parcourent et tout un peuple quien vit. et, quoiqu'il re pour nù

Chacune de ces entreprises a ses docks Mlantés sur le quai etqui se prolongent sv.

s, sous Ce rBBilotis fort avant dans la rivière, C’est dans

s qu'il est 1Bfes docks qu'on débarque les marchandises,

fest dans l’intervalle qui les sépare que les ictuelle ne CEavires viennent se ranger, et il y en a tant

mencée et ue, si vous vous dirigiez vers les quais dans

De

à 220 A TRAVERS L'ATLANTIQUE l'intention de contempler l'Hudsor., vous se RE riez volés. Vous ne verriez que des docks,

4 encore et toujours des docks, aussi loin qu,

# la ville peut s'étendre. n.

& Les compagnies transatlantiques y occu-hf . È pent naturellement une large place, car i f L. n'est guère de puissance maritime euro-kf} 1 péenne qui n'ait pour le moins une ligne tk F

} steamers faisant le service de New-York cf | qui n'y ait par conséquent ses magasins. en | Ces compagnies, anglaises, francaises, M | allemandes, etc., se font entre elles un h. | concurrence formidable, C'est à qui ira Xp. Î plus vite. Le temps où ces bateaux mettaie | Lu: | quinze jours pour venir de France ou d’Anf,, F œleterre, et vice vers, n'existe plus qu À l'état de légende, aussi surannée que cell, Le. des coucous et des diligences. Il vient de 4, | fonder à Liverpool une nouvelle compagnie 4 dont ies bateaux sont d'une vitesse prod, : | gieuse, L'Oregon, l'America, l'Alaska (je croi. 1 | bien que ce sont leurs noms) font le trajhés,

de Liverpool à New-York en six jours t

1, vous Se- D demi. C’est toutsimplement phénoménal, mais des docks, R pourront-ils soutenir la concurrence? Cela ssi loin GR me parait fort douteux, car des bateaux Ê comme ceux-là sont tout en machines et nes y OCCu- Æ consomme:it 60 ou 70 tonnes de charbon par place, car il] } jour — soit une dépense quotidienne de trois itime euro-Æ mille franes environ!

ane ligne te 4 D'après les renseignements que j'ai retew-York « 1 cueillis à New-York, cette vitesse n’a pas nagasins. encore séduit les Américains, qui ont l'habi- françaises tude des grands trajets et pour qui la trare elles Uycrsée d'Europe n’est qu'un jeu d'enfant. à qui ira PEParmi les compagnies existantes, la Franux mettaiciuise est la plus suivie, m'a-t-on assuré, nce où d'A no pes qu’elle ait la prétention de marcher te plus qi », aus parce qu'elle est de toutes la plus ide que Célhrudente, ia mieux installée et la plus sou- 1 vient de “Efieuse des commodités du voyageur. e compagnih} On conçoit sans peine, dans tous les cas, itesse prodi Au un tel déploiement de marine marchande laska (je croi écossite une manutention énorme et de

font le Wa Brés zastes emplacements. Elle n'occupe cesix jours !

ël na.

ï h À # ñ LEel tu #1 IE on LME L'48 M:

CR ë annee

rt ” = rene namrnmengenrerr < DRAM marbre enu ag et nées Cum 20. ba gnome audi ch ie a gnir pmm--r

k pendant qu’une faible portion du quai, car il R y à de bien autres lignes de steamers fai È ‘ sant à la fois sur les rivières le service du: d voyageurs et des marchandises ! ] {4 Et non seulement il y a de ces lignes d 1 bate: (:. à bord desquels on couche et l'onl

mange, qui sont des hôtels véritables, éle- | vés de trois étages au-dessus du niveau dl l'eau et ayant 10 ou 12 mètres de largeur Be | mais il y a les bateaux de promenades, qut - font le service dela banlieue, construits surkl même modèle, quoique de dimensions moinilé Fc. grandes; il y à les bateaux qui traverse}

| sans cesse d’une rive à l’autre; il y a la

| ferry-boats qui transportent les voitures et lapin | passagers, où qui promènent sur la rivière d’un chemin de fer à l’autre, des trains entieriipl de marchandise de quarante wagons; il y1l les élévateurs, qui servent à décharger lea

grains et qui ressemblent de loin à une tou ambulante; 1l y a les remorqueurs, en quan tités innombrables, ceux-là, qui parcourenl

quai, car il B le fleuve comme des mouches, toujours prêts eamers fai- B à accourir au premier signal et dont on se service des | sert à tout propos; il y a enfin les yachts de plaisance, à voile ou à vapeur, avec lesquels es lignes de les riches particuliers viennent le matin de uche et l'on Da campagne et retournent y diner le soir. ritables, éle- Est-ce tout? Non pas encore : il y a aussi lu niveau del les bateauxæ-féêtes, que j'oubliais et qui ne sont de largeur; cependant pas indignes d’une courte descripmenades, quition.

Figurez-vous un grand bateau plat, carré,

struits surle

La

nsions moinBlégèrement relevé à ses deux extrémités,

ui traverseiidont le bordage n’est guère qu'à un mètre aue; Iya le

roitures et les

dessus de l’eau et dont la largeur est de 10 mètres environ. Ces bateaux sont pontés et se

ur la rivièrelicomposent de deux étages superposés, com-

trains entienliplètement à jour. Le second plancher est souagons ; il y iffienu par de fortes poutres, assez mal dissimuécharger lafllées sous un enlacement de feuillage. À bord, En à une toufise trouve une méchante musique, composée

rs, en quan@ide cinq ou six musiciens allemands, qui jouent

Li parcourenftour à tour des valses, des polkas et des qua-

gnie de bien d’autres navires, nous ne dor-

tin

AE À VD, MARINE PE 2e Get Gas

drilles. Hommes et femmes dansent, boivent, Æ : font la fète dans ces guinguettes ambulantes, È € tandis que le bateau, entraîné doucement par R : un remorqueur, remonte et descend le cou- 1 rant de la rivière, au sein d'une exquise frai- Re c cheur. P

Cette distraction, fort goûtée par le peuple En en été, n’est pas une des moins grandes ori- WE ! ginulités que j'aie rencontrées.

Vous comprenez qu'une quantité semblable RC de bateaux, circulant incessamment dans tous Br:

les sens, à toute vitesse, jusqu’à une heure

fort avancée de la soirée, quelques-uns pen-

dant la nuit même, donnent à la rivière un

aspect complètement inconnu chez-nous et

que je ne saurais mieux comparer qu'à celui

des Champs-Elysées, à l'heure où il est de bon

ton d’aller au Bois.

Pour nous, qui pendant les derniers jours

étions mouillés en pleine rivière, en compa-

mions que d’un œil, tant nous avions peur des

it, boivent, W abordages ! Pas une fois un bateau ne nous a 1Us

mbulantes, Bi efleurés, et:je confesse que cela me semble

cement par incompréhensible. Comment, avec un grouil-

nd le cou- M lement semblable de steamers, marchant

xquise frai- constamment à pleine allure, n’arrive-t-il pas d'accidents, malgré l'habileté des timo-

ar le peuple niers qui les dirigent? J'en suis encore à me

. ] 4 vrandes ori- JR € demander.

Si j'ai insisté sur ces détails avec tant de

é semblable M complaisance, c'est qu'ils font esser Liellement

intdans tous

à une heure

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