A: DU
re de sir Th. Reed, située à dix journées de marche dans l'intérieur des terres.
Notre meute, confiée aux soins de mon factotum et inséparable compagnon Cyrille, se composait de dix admirables chiens vendéens, seuls survivants des quarante formant jadis une meute dont j'étais fier à juste titre. Chacun de ces nobles animaux valait plus de cinquante louis. Ils avaient suivi mes pérégrinations de Nemrod errant, voyageant à grands frais, en voiture, en bateau, én chemin de fer, voire même en palanquin. Combien de fois ne fis-je pas abattre les cloisons du gaillard d'avant, pour leur procurer un chenil commode à bord du bâtiment qui nous portait !
L'existence de chacun d'eux fut une véritable odyssée terminée souvent par une mort tragique. Lumineau eut pour tombeau provisoire, dans la Guyane hollandaise, l'estomac d’un boa qui n’en fit qu'une bouchée. Je tuai le boa et j'eus la tri. consolation de pouvoir au moins donner à mon brave cc apagnon une sépulture plus convenable. Ntenton, piqué au museau par un cobra-capello, ourut en cinq minutes à deux cents lieues de Guaymas. Margano fut entraîné au fond des eaux par un alligator rès du bayou Lafourche, en Louisiane. Une demi-douaine me sauvèrent la vie dans la Cordillière des Andes, n s’accrochant au mufle et à la gorge d’un taureau saurage, qui roula avec eux dans les abîmes sans fond d’un voladero.
Ceux qui restaient, quoique couturés de cicatrices et lus ou moins rhumatisants, étaient encore des bêtes ans pareilles, qui pouvaient, chose inexplicable pour un reneur, chasser toutes sortes de fauves.
Une mule de charge portait nos bagages, et nous avions récaution indispensable en Australie, chacun une bousole solidement amarrée à une poche spéciale.
Nous avions pour guide un vieux sauvage auquel le ajor avait jadis sauvé la vie, et qui avait pour son bien-