‹ Á travers l'Empire britanniqueChapitre 13 sur 145 · Sir Alfred Lyall. Asiatic Studies · texte numérisé non relu

Sir Alfred Lyall. Asiatic Studies

DE CHEMIN DK MGNT-ABOU. 57

petits chefs et payent, assez irrégulièrement, une sorte de tribut au prince de l'État.

La grande majorité des habitants professent les croyances brahmanes avec un mélange considérable de l'élément jaïnite. Quant aux chefs, on les dit plus superstitieux que dévots.

Ce matin, départ d'Ahmedabad. Pendant quelques heures le train traverse une plaine fort bien cultivée. Vers le déclin du jour, de hautes montagnes rocheuses pointent au-dessus de l'horizon. Encore quelques heures, et nous sommes arrivés à leur pied. C'est Mont-Abou, le groupe le plus méridional de la grande chaîne d'Aravalis. La station d'Abou-road, où je m'arrête, est située à cent quinze milles d'Ahmedabad. J'y trouve des chevaux, des jampans et des coulis que le capitaine Frazer, agent assistant à Mont- Abou, a bien voulu m'envoyer.

Les stations de ce chemin de fer, tout récemment ouvert, sont bâties dans le style du pays. Chaque salle est surmontée d'une coupole en pierre ou en maçonnerie blanchie à la chaux. Dans toutes leurs constructions les ingénieurs indo-anglais emploient autant que possible la pierre, la brique et le fer, parce que le bois est

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détruit en peu de temps par les fourmis rouges. On remise mon wagon, et j'y passe la nuit.

Le lendemain, les premières heures si précieuses de la matinée furent employées à rallier les membres épars de ma petite caravane. Un soleil impitoyable dardait ses rayons de feu lorsque enfin je pus me mettre en selle. Nous passâmes la rivière à gué, c'est-à-dire en nous enfonçant dans le sable qui avait remplacé l'eau, et nous traversâmes une petite plaine, écrasés par le soleil. A deux milles de la station commence l'ascension entre des rochers noirs taillés à pic, qui abritent dans leurs gorges, frangées d'arbres et de broussailles , un grand nombre de tigres, de léopards et d'ours. Nous n'avons aperçu qu'un singe énorme, assis à quelques pas de nous sur un bloc de granit ; il se mit à changer continuellement de place en faisant des bonds prodigieux , mais sans jamais nous perdre de vue.

Plus on monte, plus le pays devient sauvage. En regardant vers le nord, vous planez sur la vallée qui sépare les monts Abou de la chaîne principale des Aravalis, et débouche à l'ouest dans le grand désert des Rajpouts. Vues d'ici, les coupoles de la station ressemblent à des points blancs. Les pluies ont donné des formes bizarres aux rochers le long desquels serpente notre sen-

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