‹ Á travers l'Empire britanniqueChapitre 2 sur 145 · LE COLLÈGE DU DRKIIAX · texte numérisé non relu

LE COLLÈGE DU DRKIIAX

Mais pour les distinguer il faudrait dos yeux plus exercés que les miens.

Le « collège du De khan » est un bel édifice. Je trouvai dans une grande salle une douzaine de jeunes Hindous de dix-huit à vingt ans. Ils étudiaient Bacon et Shakespeare ! Ce soir ils discuteront en séance publique la thèse : les Anglais dans Vlnde! C'est, il me semble, à Pouna, un sujet bien délicat. Tout le monde me parle du prestige anglais, et l'on a bien raison. Ce n'est qu'avec l'aide du prestige qu'une poignée de civilians et soixante ou soixante-dix mille soldats anglais peuvent contenir deux cent cinquante millions d'Indiens. Mais le prestige gagnet-il à ce genre de. dissertations juvéniles? « Ces étudiants, demandai-je à un des jeunes professeurs anglais, ont-ils leur franc-parler dans ces dissertations académiques? — Parfaitement », me répondit-il. Cette confiance et ce respect pour la liberté individuelle m'ont paru fort beaux. Mais est-il prudent de laisser discuter par déjeunes Mahrattes, dont le dévouement à l'Angleterre est au moins problématique, la question de la présence des Anglais dans l'Inde? Ne pour-

raient-ils pas un jour mettre sur le programme l'éventualité de votre départ?

Sept heures de chemin de fer. La voie en descendant rapidement les Ghats serpente le long de rochers coupés à pic, contourne des abîmes, passe au-dessous de blocs qui semblent suspendus dans l'air, traverse de nombreux tunnels, débouche enfin sur la plage de la mer Arabique. L'air embrasé et la richesse d'une végétation tropicale rappellent au voyageur qu'il a quitté l'atmosphère relativement fraîche du Dekhan.

Pareil, du 9-12, du 14-16 février. — Sir James Fergusson, gouverneur de la présidence de Bombay, ayant bien voulu m' offrir l'hospitalité, je quitte le chemin de fer à une station voisine de Pareil, à six milles de Bombay, où se trouve la résidence officielle du représentant de la Beine.

Government-house était une église et un collège de Jésuites, qui furent expropriés en 1720

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par l'ancienne Compagnie des Indes. La partie inférieure de la nef forme le hall, la partie supérieure la grande salle de réception. L'étendue et la solidité de l'édifice seules rappellent les anciens propriétaires. C'est une magnifique construction, qui, malheureusement, est devenue malsaine pendant une partie de Tannée. A cette époque les habitants se réfugient à Malabarpoint, situé dans un des quartiers les plus sains de la ville, ou au Government-house près de Pouna. Ici, comme à Madras, je suis frappé de la magnificence du service, du nombre des domestiques, des équipages, des chevaux, de la richesse des livrées, du luxe sobre, élégant et nullement théâtral de tout l'établissement. Envisagées à notre point de vue européennes somptuosités paraissent exagérées. Mais n'oublions pas que l'Inde n'est pas seulement habitée par des Anglais ; que ceux qui gouvernent cet empire ne peuvent guère, dans leur manière de vivre, rester trop au-dessous des maharajas et des grands nobles du pays, et que l'Oriental mesure l'étendue du pouvoir à l'auréole matérielle qui l'entoure.

Bombay ' a été mille fois décrit et peint, mais ni peintres ni écrivains ne sont parvenus à en tracer une image ressemblante. C'est, à ce qu'il parait, une tâche impossible. Je n'ai garde de m'y essayer. Je chercherai seulement à fixer mes souvenirs.

La ville occupe la partie méridionale d'une île du même nom, étroite et longue, qu'une digue relie à l'île de Salsette et au continent. Baignée à l'ouest par la mer Arabique, à l'est par les eaux calmes d'un golfe parsemé d'îlots qui, en forme de triangle, pénètre vers le nord assez loin dans l'intérieur des terres, l'île de Bombay projette au sud deux promontoires peu élevés, effilés et de longueur inégale. L'un, celui de l'ouest, Malabar-hill, domaine du pouvoir, de l'élégance et de la richesse, s'est couvert de jolies maisons, de cottages, de villas plus ou moins ensevelies sous la végétation exubérante des tropiques. Fonctionnaires, juges, consuls, notabilités de la haute finance y ont porté leurs pénates. Quiconque se respecte demeure à Malabar-hill. Le gouverneur ne vient-il pas régulièrement tous les ans passer un ou deux mois à Malabar-point? Mais, pour bâtir et demeurer dans cette région privilégiée, le teint blanc est de rigueur. Même lesParsk, les

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