AGENCE A DELAGOA-BAY
des deux gouvernements coloniaux, qui pourvoient au transport, à la nourriture pendant la traversée et au rapatriement des travailleurs à la fin de leur engagement. ,
Voici comment on procède : L'agent résident à Lourenzo-Marquez envoie des messagers aux idunas, les secrétaires des chefs de tribu, grands ou petits, en leur offrant des cadeaux et en demandant des travailleurs. Le plus souvent la permission d’émigrer pour un terme fixé est accordée à un nombre déterminé de jeunes gens. Les recrues sont envoyées à Lourenzo-Marquez ct logées dans des hangars attenant à la résidence de l’agent. Après avoir discuté et réglé les conditions du salaire, il mène ses hommes, dix à la fois, chez le gouverneur portugais, devant lequel ils prennent l'engagement définitif de travailler dans tel ou tel endroit pendant deux ou trois ans. Leur consentement est complètement et réellement libre, et les cas de rupture d'engagement, excepté quand les engagés sont rappelés par leur chef, excessivement rares.
Ces sauvages rapportent toujours des économies, ce qui explique pourquoi l’on trouve des souverains anglais fort avant dans l'intérieur du continent. Leur but principal est d’avoir de quoi acheter une ou plusieurs femmes. Ils en font leurs épouses, et ce sont ellés qui doivent labourer
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leurs champs. Le prix des femmes et les négociations probables forment un sujet de conversation intarissable dans le monde noir.
Umzila, le grand chef des tribus qui habitent les rives du Limpopo, est le principal potentat de ces régions. Lui, comme les autres chefs, très friands de nouvelles, envoient aux établissements des blancs et jusqu'à Durban des messagers chargés d'y recueillir et de leur faire connaître de vive voix, à leur retour, les bruits et racontars du jour.
La race la plus guerrière est celle des Zoulous. Ils dédaignent les poissons, et disent que la volaille est nourriture de femme. Il y a des peuplades suspectes de cannibalisme. Pour être magicien, il faut avoir mangé de son semblable. Mais celui qui passe pour anthropophage est censé être un homme dangereux, parce qu'il veut acquérir un pouvoir surhumain. Souvent on le tue sans phrase.
Les chefs de tribu n’accordent la permission d'émigrer qu’à un nombre limité de leurs sujets, et seulement pour deux ou trois ans. En voici la raison : les nombreuses guerres de succession et autres les obligent à avoir toujours sous la main un certain nombre de guerriers.
Quand la paix est menacée, ils envoient un iduna soit au Cap, soit à Natal, pour enjoindre à
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LES COULIES. 113
leurs sujets de revenir. Ceux-ci partent un à un ou en petites escouades, et après quelques jours le propriétaire de la plantation se voit privé de ses travailleurs.
C'est une des raisons pour lesquelles on donne la préférence aux coulies, qui s'engagent pour dix ans et sont de meilleurs travailleurs. Lorsqu'un propriétaire, au Natal, a besoin de bras, il s'adresse au gouvernement de la colonie, en précisant le nombre de laboureurs requis. Le gouvernement, par l'entremise de son agent aux Indes, en fait, si cela est possible, venir le nombre voulu et les distribue entre les propriétaires. On est obligé d'engager une certaine quantité de femmes , soit quarante sur cent hommes, qui trouvent toujours à se marier avec des coulies. Ces Indiens, recrutés à Calcutta et dans la présidence de Madras, sont payés au mois.
Les propriétaires des plantations courent un certain risque, parce que, parmi les hommes qu'ils doivent accepter des mains du gouvernement, il y a toujours des maladifs et des fainéants. Pour obvier à cet inconvénient, depuis deux ans on a introduit le payement à la tàche : en d’autres termes, on assigne à chaque travailleur une certaine tâche quotidienne. En la remplissant, il donne la quantité de travail représentée par ses gages. S'il est bon travailleur, il l'aura terminée
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au milieu du jour, et il lui restera quelques heures à donner à son petit champ: car, outre ses gages et sa nourriture (riz, maïs, poisson, graisse), fournie par le propriétaire, il reçoit aussi un petit terrain qu'il peut cultiver, et dont le rendement lui appartient. Le paresseux emploie toute sa journée à remplir sa tâche. Au Natal, la plupart des coulies, après avoir terminé leurs dix ans, restent dans le pays, achètent avec leurs économies de petits champs, se font cultivateurs, pêcheurs, marchands. C’est à eux que les coulies travailleurs achètent leurs provisions. De là l'opposition croissante des petits commerçants de Natal à l'introduction des Indiens, dont ils redoutent la concurrence.
Mais, d’un autre côté, les planteurs de la canne à sucre ne peuvent se passer des coulies, parce que, moins indolents que les noirs, qui, de plus, sont souvent rappelés par leurs chefs avant la fin de leur terme, ils travaillent régulièrement et se trouvent trop éloignés de leur pays natal pour pouvoir songer à rompre leurs engagements. Depuis les dernières années, le recrutement des Indiens devient de plus en plus difficile, parce qu'ils préfèrent émigrer dans des pays plus rapprochés de l'Inde, comme par
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