Le territoire compte environ 70,000 milles carrés
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nymes de plantations). Chaque fermier est autorisé à employer à son service et comme cultivateurs un nombre fixé d’indigènes. C'est une manière efficace de limiter la population noire. En outre il y a deux Réserves ou localités réservées aux indigènes. On calcule le nombre des blancs à cinquante ou soixante mille, et celui des gens de couleur à vingt-cinq mille. Quelle différence avec Natal, où l’on voit huit mille blancs en présence de quatre cent mille noirs, dont le nombre, par suite d’immigrations et selon les lois naturelles, va toujours augmentant. Au Free State l'immigration noire est prohibée. Le surplus de l’ancienne population indigène a été obligé d'émigrer soit au Natal, soit vers la colonie du Cap. En vertu d’une convention faite avec l'Angleterre, les frontières de la république d'Orange, du côté de Basutoland, sont gardées par le gouvernement impérial conjointement avec le gouvernement de la colonie du Cap.
« Ainsi, grâce à la sagesse traditionnelle des Hollandais, m'a dit un haut fonctionnaire anglais, et grâce à l’habileté du président Brand, cet État libre est prémuni contre un double danger : l’envahissement par des immigrants noirs, et les invasions armées d'indigènes hostiles. » Johannes Henricus Brand, fils d’un président de la Chambre des députés à Cape-Town, né dans
la NATAL.
cette ville en 1822, envoyé à Leyde (Hollande) pour y faire son droit, avocat à Londres et au Cap, fut élu président de l’Orange Free State en 1863 et, à la suite de plusieurs réélections, occupe encore aujourd'hui cette haute et importante position. Il est et il passe pour être un des hommes les plus marquants de cette partie du globe. Cependant, au dire de personnes qui le connaissent particulièrement, il devrait ses succès moins à un esprit hors ligne, qu’au bon sens, au calme, au courage qui le distinguent, et surtout à une bonhomie et à une douceur naturelle qui désarment ses adversaires et en font souvent ses amis. Le gouvernement impérial, voulant reconnaitre ses mérites, non sans effaroucher un peu l’austère vertu républicaine des burghers, lui a conféré, et il a accepté, après quelques hésitations, les honneurs de la chevalerie. Cependant il ne juge guère prudent de se prévaloir du titre de Sir, mais, plus courageuse que lui, sa femme, qui a voix au chapitre, se fait appeler Lady Brand. De tous les territoires habités par des Africanders blancs, Orange Free State est le plus tranquille et le mieux consolidé. Laissant ici de côté le mérite du président, l'État doit ces avantages, — j'aime à le répéter, parce que je touche ici à une question vitale de politique sudafricaine, — il doit ces avantages à la propor-
nde) | tion numérique favorable entre les populations 1 au blanches et noires. Ces dernières ont cessé d’être le en un danger pour les premières. Mais cette proons, portion ne peut être maintenue: qu’en fermant por- l'État aux invasions du dehors, soit pacifiques, 1 des soit violentes, des Basoutos et autres indigènes. e du Or cette tâche, qui dépasserait la force des burni: le ghers orangiens, est accomplie, comme il a été d dit, par un gouvernement plus puissant qu'eux, sens, par l'Angleterre. Regardez le Transvaal, la st | colonie du Cap, et surtout la Cafrerie britanrélle nique et Natal, et vous y trouverez des angoisses vent permanentes, des troubles périodiques causés ulant les uns et les autres par la supériorité numése UT rique, qui est énorme, de l'élément noir. hers, Des deux républiques hollandaises, le Transhési- vaal, ce rendez-vous par excellence de flibuspen- tiers blanes et de sang mélé, est l'État le moins aloir consolidé, le plus ouvert aux incursions de tribus lui, hostiles et le moins bien gouverné. Le principal peler personnage, le président Krüger, fils d'un Boer, par n'est pas un Brand, n al Les Anglais. — Ce sont ou des négociants sont ou des planteurs farmers. Dans les provinces os orientales de la colonie du Cap et en Natal, le ke je nombre des planteurs anglais dépasse de beauà, coup celui des Hollandais. Ces Anglais ont por apporté leur esprit ouvert, leurs bras vigou- 1 — 10 EE EC
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reux, leurs cœurs intrépides, avec des capitaux considérables. Comme tous les colonisateurs de cette nation, ils appartiennent en très petit nombre à la gentry; les masses, aux couches inférieures des classes mitoyennes ; un certain contingent est fourni par le peuple. Peu d’entre eux, on pourait dire pas un, n'arrive avec l'intention de rester. Leur énergie est proverbiale, leur témérité sans pareille, leur activité à l’avenant. Mais les commerçants souffrent des suites de la dépression des affaires sur les marchés du monde et des effets désastreux d’une spéculation effrénée dans les actions de mines d'or et de diamants. Les planteurs, les farmers, se voient englobés dans ce mouvement de baisse. Et sur tous, planteurs et négociants, plane et pèse l'insécurité causée par la prépondérance numérique des noirs. Dans les Boers, qu'ils n’aiment guère, ils voient des rivaux et des gens désaffectionnés ; dans les noirs, des paresseux qu'il faudrait mener à la baguette, au lieu de les traiter comme des égaux.
Le monde officiel, obligé de tenir la balance égale entre toutes les couleurs, suit un ordre d'idées différent. Il se compose de gentlemen, en grande partie nés en Angleterre, mais aussi d'Africanders anglais, et les Hollandais ne sont pas exclus du service public. On en rencontre
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dans toutes les situations élevées de l’administration et de l’ordre judiciaire. Depuis nombre d’anrées, l’Angleterre a envoyé ici, comme gouverneurs, des hommes de valeur, et les a entourés de collaborateurs dignes d'eux. Si la plus grande partie de ces hauts fonctionnaires ont quitté leur poste en disgrèce, évidemment ce n’est pas dans les hommes (je parle de ceux qu’on a envoyés ici), c’est dans les choses qu'il faut rechercher les causes de ce fait.
Les Allemands, à part leurs colonies de Cafrerie britannique, où ils forment de petites masses compactes, sont éparpillés sur la colonie du Cap. Ils ne constituent pas encore un élément à part. Mais leur réputation de planteurs est faite. Ils passent pour les premiers et n'ont pour rivaux que les farmers écossais, C’est l'avis de tous les Anglais que j'ai rencontrés et interrogés sur ce sujet.
N'oublions pas les politiciens, les hommes qui font métier de la politique, les parlementaires par excellence. Ce sont des cosmopolites : Anglais, Africanders anglais, Africanders hollanduis, Allemands. Ils se distinguent peu de leurs confrères d'Europe.
Tels sont les différents éléments dont se composent lés populations de l'Afrique australe. Dans la colonie du Cap, la proportion numé-
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rique entre Anglais et Hollandais est de un à deux ; entre blancs et hommes de couleur, de un à quatre. Mais il ne faut pas perdre de vue le fait capital que, sauf les frontières de la mer et de l’État libre de l’'Orange, cette colonie est entourée de pays habités par des noirs. Il faudra donc compter avec les invasions possibles. A ce sujet Natal peut servir d'exemple. Le juge Cloete rapporte en 1844 au gouverneur Napier qu’à la première occupation de ce territoire par les Anglais, on n’y trouva que trois mille indigènes, dont un tiers mourait de faim. Mais, dans l’espace de deux ou trois ans, grâce à une immigration subite des Zoulous, la population noire s’éleva à cent mille. En 1876 elle atteignait le chiffre de trois à quatre cent mille! Aujourd'hui elle le dépasse.
En 1856 la colonie du Cap fut dotée d’une constitution à gouvernement responsable. Cette mesure qui, dès l’abord, donna lieu, au Cap même, à des appréciations diverses et fut en réalité saluée avec satisfaction seulement par une petite coterie de politiciens, n'était que l'application d’un principe général adopté alors par le gouvernement de la Reine à l'égard de ses grandes colonies. Il leur abandonna la conduite de leurs affaires et, en compensation de cette concession, se déchargea sur elles du soin de
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pourvoir à leur sûreté. De là, comme conséquence logique, retraite des troupes impériales et réalisation d'économies considérables. En ce qui concernait les indigènes, le gouvernement leur accorda les mêmes droits politiques qu’il conférait aux blancs. En effet, blancs et noirs seraient désormais considérés et traités comme égaux et, par conséquent, admis à voter sur le pied d’une parfaite égalité. Le Canada, l'Australie et même la Nouvelle-Zélande, où il n’y a plus que peu d'indigènes, semblent se bien trouver de ce régime presque républicain et tout à fait démocratique.
Voilà donc la constitution qui aujourd’hui régit aussi la colonie du Cap: autonomie parfaite, égalité politique de tous les habitants sans différence de couleur, enfin l'obligation, que jusqu'à présent il n’a pas été possible de remplir complètement, de pourvoir à sa propre défense.
Le gouverneur', nommé par la Reine pour cinq ans et muni dans une certaine mesure des pouvoirs d’un souverain constitutionnel, ne règne et ne gouverne pas. Cependant il nomme et renvoie les ministres selon la volonté du parlement. 1l a le droit de dissoudre l’assemblée législative, mais, règle générale, il n'aurait garde de le