‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 97 · GLENELG · texte numérisé non relu

GLENELG

et que peu d'entre eux connaissent la situation.

Enfin le jour pointe sans que l'ouragan ait rien perdu de sa violence. La journée se passe ainsi. De ma place je domine les divers ponts. Le bateau est excellent; la machine de première force; le capitaine, les officiers, les matelots anglais, à l'avenant. Ils ont tous l'air pénétré de l'importance de leurs devoirs; mais je ne trouve aucune trace d'émotion sur leurs màles figures. Les matelots et domestiques lascars et malais semblent démoralisés. La peur blanchit leurs noirs visages.

La nuit suivante est encore très mauvaise, mais cette fois-ci j'ai dormi d’un profond sommeil, Le lendemain (24 avril), à cinq heures du matin, le S%annon franchit la périphérie du cyclone. Le soleil et l'horizon de la mer étant visibles, le capitaine peut faire ses observations, d'où il résulte que le bâtiment, poussé vers le sud, a parcouru trois cent quatre-vingt-trois milles sans avancer d’un pas vers sa destination.

À midi sont en vue les iles de Kangurou, habitées par trois cents blancs qui vivent de la pêche. A neuf heures du soir, on arrive devant Glenelg, sorte de faubourg d’Adélaïde, capitale de l’Australie du Sud. La tempête continue, et, quoique abrité par les côtes, le Shannon roule sur ses encres.

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