‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme] (volume 2)Chapitre 49 sur 97 · PRE RARE EN · texte numérisé non relu

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hauteur, attire de loin, par sa masse imposante, les regards de l’arrivant; beaucoup de belles résidences particulières justifient l'enthousiasme des habitants, qui ont le droit d’être fiers de leur ville. Les rues parallèles, le domaine du haut commerce, brillent par le nombre et la richesse des boutiques et, l’après-midi, entre quatre et cinq heures, par la foule de jolies femmes bien mises qui, sous le prétexte de faire des emplètes, viennent ici promener leurs toilettes.

Dans le haut de la ville, une suite de rues élégantes et par conséquent peu animées, si ce n'est par les omnibus à vapeur qui les infestent, vous mènent, le long des jardins publics, vers les quartiers de l’ouest. Là, tournant à gauche, vous montez et descendez les promontoires qui se succèdent et où se trouvent les résidences des anciens et des nouveaux riches de la colonie. C'est vraiment beau : un paysage anglais avec la végétation semi-tropicale et australienne, avec la baie qui tour à tour parait et disparait, qui se laisse deviner et s'impose à vos yeux quand vous vous y attendez le moins. On n'oublie guère Pott’s-Point et Darling-Point, Doublebay et Rosebay avec leurs jolies villas et leurs ravissants jardins, ni les Heads et le phare électrique qu'on vient d'y construire, qui a coûté trente mille livres sterling, qui projette une clarté

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presque insupportable à l'œil même .à la distance de quatre ou cinq milles, et qui, étant réellement le premier phare du monde, fait le bonheur et l'orgueil des Sydneyens. J'ai pu en examiner le mécanisme, dont la simplicité et l’exiguïté contrastent si fort avec la puissance des flots de lumière qui en émanent.

Je partage avec Lord et Lady Rosebery l’aimable hospitalité du gouverneur et de Lady Augustus Loftus, qui ont bien voulu nous offrir l'occasion de faire la connaissance des sommités officielles et sociales de la colonie. Mes courtes mais fréquentes relations avec le juge suprème, Sir James Martin, avec le premier ministre, M. Stuart, avec l’attorney général, M. Darley, le juge Sir George et la charmante Lady Innes, avec M. Mitchell, Sir Patrick Jennings et tant d'autres notabilités, me laisseront toujours d’agréables souvenirs.

Grande matinée à Government-house : une de ces matinées appelées garden-parties si en vogue dans le monde fashionable de Londres,

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et d'ordinaire, avouons-le, si peu amusants.

Mais ici, aux antipodes, il n’en est pas ainsi. Les

"hommes, il est vrai, ont l'air grave, quelques-

uns préoccupé. On peut bien quitter son bureau ou ses magasins ; il est plus difficile d'y laisser les soucis, les espérances, les émotions des affaires. Mais les jeunes filles et les jeunes femmes ont beaucoup d’entrain. Toutes se font remarquer par la sobre élégance de leurs toilettes, plusieurs par leur beauté et leur distinction, celles qui sont nées dans la colonie par ce mélange de vivacité et de langueur qui rappelle les créoles des Antilles.

Quoique l’orbe de feu d’un soleil impitoyable se rapproche de l'horizon de l'Océan, la chaleur est encore celle d’une journée d’été à Naples. Il y avait huit jours, on se serait cru en Angleterre aux premiers jours d'avril. Les indigènes n’ont pas assez de louanges à donner à leur climat. Mais les résidents européens le trouvent énervant, agaçant et disent qu'il épuise lentement les sources de la vie. La vérité se trouve peut-être entre ces deux assertions contradictoires.

Excursion à Botany-Bay. Ce qui me frappe, 9 . Q c'est que le bois et la solitude commencent au

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