‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme] (volume 2)Chapitre 69 sur 97 · LES MERS HOLLANDAISES · texte numérisé non relu

LES MERS HOLLANDAISES

A bàbord et à tribord, des rideaux blanes et or, el sur ces ridezux des taches d’un vert tendre aux formes fantastiques, bizarres, féeriques, se rapprochent et s'éloignent tour à tour de la Duranda. Plus loin elle rase des îlots qui développent toutes les richesses exubérantes de la végétation tropicale. La mer a cessé d’être un désert. De nombreux canots dessinent leur blanche voile conique sur le feuillage des terres qu'ils côtoient. . Nous apercevons même un steamer sous pavillon hollandais envoyé dans ces parages pour poser un câble électrique.

Pendant la nuit notre bâtiment a passé par le détroit de Baly et pénétré dans la mer de Java.

Ce volcan géant, qui est là devant nous et dont

le cône touche le ciel, appartient déjà à la grande ile de ce nom. Ici la mer, d’un horizon à l’autre, est rayée de lignes blanches ; ce sont des pierres ponces, derniers vestiges de la catastrophe qui, en août dernier, a ravagé le Sund.

Enfin le 23 décembre, par une matinée idéale, notre bateau jette l'ancre dans un vaste golfe animé par des groupes de grands bâtiments à l'ancre, et par d’autres navires qui vont et viennent. Les basses terres ressemblent à un ruban

vert au-dessus duquel bleuissent dans le lointain deux colosses de volcans éteints, le Salak et le Gedé'. Nous sommes à Batavia. Distance de Brisbane : trois mille six cent quatre-vingts milles.

Batavia est une ville comme on n’en rencontre

que dans les contes de fées. Si votre plume, si:

votre pinceau étaient capables d'en faire une peinture exacte, personne ne vous croirait. Dans la partie basse où se trouvent les comptoirs, on fait les affaires et on prend la fièvre. Sa physionomie est celle d’une ville de la vieille Hollande. La police de la rivière est confiée aux crocodiles, qui y pullulent. Vers l’intérieur le terrain s'élève doucement. Nous voilà dans un faubourg exclusivement habité par des Chinois. On se dirait à Canton. Puis, une forêt de cocotiers, de banians, de cactus gigantesques, d'immenses bananiers ! D'autres arbres, dont quelques-uns couverts de fleurs pourpres, y mêlent et confondent les différentes nuances de vert de leur feuillage velouté,

épineux, incisé. — Mais la ville où est-elle? — Vous y êtes. — En effet, dans cette forêt épaisse

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