‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 97 · LES ZOULOUS · texte numérisé non relu

LES ZOULOUS

semaine à la ville pour y faire des provisions de viande fraîche. Le Cafre profite de l’occasion pour acheter à bon marché les parties de la bête dédaignées par les Européens. Cette fois-ci c'était une tête de bœuf. Au retour, en passant à gué l’'Umgeni, son fils, un petit garcon qui l’accompagnait, fut saisi par un crocodile. « Mon père, cria l'enfant, jette-lui la viande et il me làchera. » Mais le Cafre préféra la tête de bœuf à son fils, qui fut dévoré par le monstre. Toutes les personnes présentes affirmaient l’exacte vérité du fait. Le moyen de ne pas y croire ! Mais un fonctionnaire m'assura qu'il n’y avait pas un mot de vrai dans cette histoire. Le moyen d'y croire ! Et ainsi de suite. Je m'y perds.

Dans cette partie de l'Afrique, la population noire augmente dans des proportions notables. On constate ce fait par l'impôt sur les cabanes, dont on connaît exactement le nombre. Chaque hutte est supposée contenir un peu moins de quatre habitants et demi. On explique cette augmentation par la constitution vigoureuse et prolifique de la race et par la polygamie. Le mari habite une hutte avec sa grande femme, et il donne à chacune de ses autres épouses une cabane et quelques champs, soit pour les cultiver, soit comme pâturages. La donation faite, il ne peut plus disposer des champs que du consentement

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de la femme. Après la mort de celle-ci, la cabane et le terrain passent au fils aîné de l'épouse défunte. On dit que les femmes sont les esclaves de leurs maris. C’est vrai à un certain point dans d'autres parties de l'Afrique. Mais ici, chez les Zoulous, elles exercent une grande influence dans la famille, sont bien traitées, font certainement beaucoup d'ouvrage, mais travaillent moins que les femmes des laboureurs anglais.

Elles sont, à leur manière, bien mises, bien nourries et ont l’air content. En somme, les Zoulous sont un peuple gai et heureux; ils ne demandent qu’à être laissés en paix, et se montrent affectueux aussi longtemps qu'on les traite bien.

Ce qui précède m'a été dit par un magistrat anglais qui sert dans ce pays depuis 1852. Plus de trente ans passés au milieu des sauvages! et avec cela la tournure, le langage, les manières, la tenue du gentleman par excellence. J'ai dîné avec lui au club et j’admirais le nœud élégant de sa cravate d’une blancheur irréprochable, la coupe orthodoxe de son habit noir. Je me croyais au Zraveller’s. 1] y a des natures d'élite que rien n’entame, semblables à l’hermine qui traverse la boue sans éclabousser sa belle robe.

Voici ce que m'a dit un autre connaisseur des hommes et des choses de Natal, où il est né et où

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