LES ZOULOUS
il occupe une haute situation officielle : « Les Zoulous sont faciles à mener. Ils respectent la loi et subissent, sans plainte et sans, rancune, les peines que le juge leur inflige, pourvu qu'on parvienne à leur faire comprendre qu'ils sont en faute ; sinon ils n'oublient ni ne pardonnent jamais lorsqu'ils ont été, à leur sens, les victimes d'un arrêt injuste.
« Ils croient en un Être suprême et n’adorent pas d’idoles. On prétend qu'ils ont, à une époque fort éloignée, adopté la loi mosaïque (??). Une certaine pratique qu’on rencontre aussi en Cafrerie semble avoir donné lieu à cette supposition. Je serais enclin à penser qu'ils l'ont empruntée aux musulmans. On sait que parmi les tribus de l'Afrique centrale le Coran fait de nombreuses conquêtes. Ils sont superstitieux et croient à la transmigration des âmes. Les serpents qui pénètrent dans leurs cabanes sont, selon leur croyance, les esprits de leurs parents trépassés qui viennent leur rendre visite. On ne les tue que lorsque le médecin-magicien, le witch doctor, déclare y reconnaître des intrus et non des membres de la famille.
« En général, c’est un peuple satisfait de son sort et d’une gaieté imperturbable. Ils labourent la terre juste assez pour pourvoir à leurs très modestes besoins. Ils cultivent surtout le maïs
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pour en tirer une sorte de bière, le kaffirbeer, qui forme la nourriture principale des chefs. De là leur obésité. Ils ont de l'attachement pour le gouvernement anglais, ou, pour mieux dire, pour ses agents, à condition que ceux-ci sachent les prendre, ce qui suppose une main légère, mais ferme. On pourrait dire d'eux qu'ils joignent la simplicité de l'enfant à la ruse du sauvage.
Un recensement exact de la population est impossible. On réveillerait des soupçons et provoquerait des troubles. Un kraal ne contient souvent que trois ou quatre huttes. Mais il y en a aussi qui comptent quelques centaines de cabanes. Il y a de grands chefs qui possèdent jusqu’à quatre cents kraals. »
J'ai retrouvé ici avec plaisir un jeune Belge dont j'avais fait la connaissance à bord d’un steamer. Il retourne à Lourenzo-Marquez, Delagoa-Bay, où il exerce la fonction d'agent des gouvernements de la colonie du Cap et de Natal pour l'immigration de travailleurs indigènes.
Louren2o-Marquez, nhambam, Quilimane, Mozambique, de petites villes portugaises, auraient selon lui de l’avenir si le gouvernement ne les abandonnait à leurs propres ressources, qui sont nulles. Le terrain qu’elles occupent n’a
jamais été cédé aux Portugais. Des chefs indi-
gènes s’en considèrent comme les propriétaires.
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