Dans le quinzième siècle
dous. On donne comme motif de cette interdiction les égards dus à l'élément arabe, qui se compose de riches marchands et de grands propriétaires fonciers, originaires de Mascate et d'Hadramat, et établis ici de père en fils. On dit qu'ils sont très fanatiques et jouissent d’un grand prestige au sein des populations malaises et musulmanes.
Exveursion à Buitenzorg, Tjandjoer, Bandoeng et au volcan de Tangkoe-ban-praoe. — Du 24 au 31 décembre. — Départ en chemin de fer au lever du soleil. Le pays est d’une beauté indescriptible : des touffes d'arbres, parmi lesquels prédominent le cocotier, le bananier et le bambou, qui atteint des dimensions colossales, alternent avec des rizières dont les jeunes plantes se reflètent dans l’eau des rigoles. Ces champs en terrasses d’un vert éclatant remontent doucement vers les montagnes dont nous approchons. Toute la population, hommes et femmes, y travaille pêle-méle avec des buffles conduits par des enfants. Les villages, enveloppés d'ombre et de feuillage, semblent mettre une sorte de coqretterie à se dérober à nos regards. Au fond du tableau, ici le Gedé, là le Salak, gris safrané au
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pied, bleu d’opale en haut, dessinent leurs cônes sur un ciel argenté,
Buitenzorg, le Pétropolis de Rio-de-Janeiro, le Cintra de Lisbonne, le Simla de l'Inde, est la résidence habituelle du gouverneur général et le rendez-vous des sommités du monde officiel et du haut commerce, Si le «Sans-Souci » batave ne vous préserve pas des soucis du pouvoir et des affaires, il vous garantit de la fièvre, qui, me dit-on, n'y pénètre jamais. Les environs rappellent en grand les plus belles parties de l'île de Ceylan.
Le palais du gouverneur général, grand édifice dans le goût de la restauration, se présente fort bien, mais je préfère le pare avec ses arbres séculaires. Unéléphant colossal s'y promène mélancoliquement. Des daims ou des chevreuils se
dérangent à peine au passage de notre voiture.
Rien de poétique comme les premières heures de la nuit. L'obsecurité n’est pas encore complète ; ce sont des voiles noirs qui nous entourent, mais
, . , C | d'un noir nuancé selon les distances. Le regard monte d'étage en étage avant d'atteindre le sommet du mont Salak. Derrière le colosse, les clar-
tés couleur d'orange du ciel. Au-dessus de votre
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tête, de lourds nuages d’un noir foncé lisérés de jaune.
Nous sommes aux fêtes de Noël, et l'hôtel de Bellevue est rempli de monde. Hommes et femmes, tous appartenant aux couches supérieures de la société de Batavia, paraissent au déjeuner et au lunch dans une toilette adaptée au climat. Les dames portent une eamisole qui tient lieu de chemise, et retombe sur une jupe de coton, le sarong, aux couleurs bariolées. Les hommes ont gardé simplement leur costume de nuit, le pyjame, qui consiste en une jaquette blanche et un large pantalon de couleur. Tout le monde a les pieds nus chaussés de pantoufles. Ce sansgêne, qui d’ailleurs va fort bien aux jeunes'et jolies femmes, et qui sied moins aux dames d’une certaine corpulence et d’un certain âge, m'a d’abord frappé et presque étonné. Mais l'œil s'y habitue bien vite. Hätons-nous d'ajouter que les jeunes personnes non mariées font toujours une toilette complète.
J'ai fait quelques agréables connaissances, et
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tous montrent de l’empressement à répondre à
mes questions. — « La domination hollandaise aux Indes, m'a-t-on dit, se fondé sur le monopole et le travail obligatoire. Cela est contraire aux idées modernes, mais ici gouvernants et gouvernés s’en trouvent bien. Prenons pour exemple le monopole du café : dans certaines terres, le gouvernement le cultive à ses frais ; dans d’autres, les communes sont tenues d’en planter et de vendre leurs produits au gouvernement au prix fixe de quatorze florins le pickel, que l'administrateur vend de son côté pour le compte du gouvernement à raison de trente-cinq ou quarante florins. Personne n’est autorisé à posséder pour son usage une provision qui dépasse trois kilogrammes. Il en résulte que parfois, lorsque les provisions de première qualité accumulées dans les dépôts de l'État se trouvent épuisées, on est obligé de faire venir du café de Hollande. Ce n’est pas agréable, mais comme les avantages du système l'emportent sur les inconvénients, personne ne se plaint. »
« Le gouvernement, m'a dit un de mes nouveaux amis, se sert des anciens princes, jadis plus ou moins souverains, pour contenir et gou-