Dans l’Inde, ce mot est synonyme de premier ministre
BANGALORE. hu
ment du maharaja. La tenue des troupes anglaises était magnifique, celle des régiments indigènes de Madras tout à fait. martiale, quoique les races auxquelles ces soldats appartiennent passent pour moins guerrières que les populations du nord. Le régiment de cavalerie du maharaja produisait l'effet de troupes irrégulières, relativement bien exercées.
Près du grand étendard britannique se tenaient, avec Sir Frederic Roberts, qui commande le camp, le gouverneur, en bourgeois, toilette du matin, Sir Donald Stewart, et le général Hardinge. Comme tous les officiers, ils portaient la tunique écarlate et le casque blanc passementé d'or, Le maharaja s'était mêlé aux officiers de l'état-major. Sur l'invitation de Sir Frederic, il se plaça à ses côtés. Il avait la tète enveloppée d'un foulard eramoisi, rayé d'or. A l'exception de cette coiffure fort élégante, qui n’était pas un lurban, le jeune prince avait pour cette solennité choisi des vêtements européens : jaquette de velours noir, culotte de peau claire, bottes à l’'écuyère. Il montait un superbe cheval arabe blanc. Derrière le groupe des chefs et de leurs suites, où s'étaient, par contrebande, glissées quelques intrépides amazones, se pressaient les voitures remplies de dames et un grand nombre d'Européens à pied et à cheval. Rien de
ES
PO
don ot GER M PS ane à
hhh MADRAS.
beau comme le défilé, surtout celui dit « en brigade ». Mais c'est l’ensemble du spectacle qui défie toute description : Une plaine immense légèrement accidentée, la longue ligne des troupes, partie rouge, partie foncée, les armes étincelant au soleil, le hennissement des chevaux, le bruit sourd des caissons de l'artillerie ; le tout encadré d'une foule innombrable d’indigènes accourus à pied, à cheval, dans des charrettes attelées de petits bœufs aux cornes rejetées en arrière, peintes en rouge, en bleu, en jaune. Dans cette masse confuse prédominaient les tons blancs et cramoisis des vètements relevés par le teint bronzé ou noir de ceux qui les portaient. Plus loin des éléphants chargés du fourrage destiné au camp, des chameaux attachés, un à un, à une longue corde dessinaient leurs silhouettes sur le fond de ce ciel de l'Inde, à cette heure lumineux au zénith, pàle plus bas, légèrement brumeux à l'horizon. Grèce à la mousson nord-est, l'air était frais, mais le soleil impitoyable. Nous étions venus en chemin de fer : nous renträmes en voiture à Bangalore. Le pays n'est qu'une suite de petits mamelons de pierres, de jardins, de vergers, de groupes isolés d’arbres énormes. Du peuple partout. Cà et là un village. Les bazars remplis de monde. Nous passons devant une pagode flanquée de cocotiers.