LES PRINCES FEUDATAIRES. L
la reine Victoria prit le titre d’impératrice de
l'Inde. Mais, si aujourd’hui on ne signe plus de conventions avec les feudataires, les traités jadis conclus restent toujours en vigueur. Seulement les cas où le gouvernement de l'Inde ou les princes les invoquent sont devenus fort rares. Quand le vice-roi et son conseil le jugent nécessaire, ils imposent d'autorité aux princes feudataires des obligations ou restrictions qui ne se trouvent pas dans les anciens traités. Voici quelques-unes de ces restrictions. Défense d’importer des armes de certaines catégories. Défense d'employer dans leur armée ou dans l’administration, sans une permission du vice-roi, qui est rarement accordée, des officiers ou fonctionnaires européens. Obligation de se soumettre aux règlements en vigueur dans l’Inde britannique par rapport aux chemins de fer et au service de la poste.
Les restrictions des droits de souveraineté ainsi imposées aux feudataires ne sont pas partout les mêmes. Plus ou moins de liberté leur est laissée selon les événements qui ont amené la transformation de princes indépendants en vassaux déguisés.
Comme compensation des sacrifices qu’il leur a demandés, le gouvernement de la Reine a pris
l'engagement de les défendre contre toute agres- I — 31
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sion du dehors et, en cas de rébellion, contre leurs sujets.
Des résidents nommés par le vice-roi et placés sous la direction du secrétaire d’État pour les affaires indiennes, c’est-à-dire étrangères, sont accrédités près de ces princes. Ils ont pour mission de veiller à ce que ceux-ci remplissent les obligations contractées envers le gouvernement de l'Inde, et d'exercer un certain contrôle sur l'administration de leurs États. Ce sont des surveillants et des conseillers. Ils font, m’a-t-on dit, de la diplomatie du haut en bas.
Il y a des personnes qui pensent que les chefs
des grands États éprouvent, à l’exception d’un seul, naturellement et au fond de leur âme, peu de sympathie pour l'Angleterre, parce que c’est le gouvernement de l’Inde qui les empèche de s’emparer des territoires des petits feudataires. Ceuxci voient au contraire dans le gouvernement de l'Inde leur protecteur naturel contre les grands.
Le vice-roi, les feudataires et les résidents, surtout ces derniers, se trouvent quelquefois à l’égard les uns des autres dans une situation difficile, pour ne pas dire fausse. Rien ne serait plus facile que de trancher le nœud en recourant à l'annexion. Ce serait revenir à la politique de Lord Dalhousie, qui fut, selon mon interlocuteur (mais cette opinion est fortement combattue par
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