‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme] (volume 2)Chapitre 86 sur 97 · L'ARMÉE DU NIZAM · texte numérisé non relu

L'ARMÉE DU NIZAM

d’autres autorités), la cause indirecte mais véri-

table de la grande rébellion de 1857. Le gou-

vernement de l’Inde est parvenu à convaincre les princes qu'il a formellement renoncé à toute arrière-pensée de les déposséder de leur trône, et il a obtenu par là, indirectement, une garantie du maintien du statu quo et de la tranquillité de la péninsule. Si les grands princes pouvaient raisonnablement soupçonner le gouvernement de l'Inde de caresser de nouveau des projets d’annexion, ils recommenceraient à conspirer entre eux, et les plus faibles, aujourd’hui par leur intérêt attachés à l'Angleterre, tâcheraient de se sauver en passant, en temps utile, dans le camp des grands. L’éventualité d’une guerre européenne où l’Angleterre se trouverait engagée pourrait alors devenir, mais seulement dans la supposition qu’on füt revenu à la politique d’annexion, le signal d’une nouvelle rébellion.

Le nizam entretient une nombreuse armée ; mais les grands umaras aussi ont leurs troupes à eux. Aucun lien, aucun commandement général ne relie ces petites forces avec celles du prince. Chacun de ces nabobs a son infanterie,

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sa cavalerie, son artillerie, et, malgré la défense, bon nombre de petits condottieri européens, pour la plupart aventuriers de bas étage, servent sous les divers drapeaux des grands de l'État. C’est, on le voit, la guerre civile organisée pour l'heure voulue. Les cantonnements du nizam grouillent de femmes et d’enfants. Chaque soldat a le droit d'y héberger son épouse, samère, sa grand'mère, si elle existe, ses belles-sœurs. On trouve dans ces troupes quelques officiers européens, anglais et autres, qui servent avec le consentement du vice-roi, et grand nombre d'Eurasiens. C’est ainsi qu’on appelle dans l’Inde ceux qui descendent d’un père européen et d’une mère indigène. Depuis des générations ils se marient entre eux et forment un élément d’une certaine importance. On admet qu'ils ont l'esprit mobile, mais on leur attribue, peut-être à tort, les défauts, sans les qualités, des deux races. Ils sont tous chrétiens et pour la plupart catholiques. L'élément goanais est parmi eux fortement représenté.

J'ai déjà parlé de la « force subsidiaire » et du «contingent de Hyderabad », cantonnés à Bolaram et à Sikhanderabad, et formant un ensemble de cinq à six mille hommes. Ces cantonnements sont, avec ceux de Bangalore et de Pouna, les plus considérables et les mieux construits de

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