‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 12 sur 175 · EL PEER · texte numérisé non relu

EL PEER

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livide maladif qu’expliquent les fièvres du pays. Excepté les gens du peuple, tous sont habillés à l'européenne. Tous portent à la main d'immenses ombrelles. À en juger d’après leur manière de trainer les jambes, on les prendrait pour des valétudinaires sortis de l'hôpital. Mais ce sont des désœuvrés qui fuient l'ennui de leur maison pour le retrouver dans la rue.

Le palais du gouverneur, assemblage irrégulier de chambres qu'on appelle en portugais casas, maisons, parce que chacune à son toit séparé, frappe par son irrégularité, et offre tous les signes extérieurs d’une lente croissance. Près de quatre siècles ont travaillé à ce vénérable édifice. Plusieurs salles sont entièrement tapissées des portraits des vice-rois. Le plus ancien remonte à l’année 1505. Le second dans l’ordre chronologique est celui d'Albuquerque. La série est continuée jusqu’à nos jours. Le grand nombre de ces tableaux, dont une partie est presque détruite par l'humidité, tandis que l’autre est fort bien conservée, s'explique d’abord par le climat meurtrier, ensuite par les intrigues des courtisans de Lisbonne, qui n’accordaient à ces

fonctionnaires que deux ou trois ans de gouver-

nement. Cette collection offre le plus grand intérèt historique. Au point de vue des costumes, elle me semble unique.

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