‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 13 sur 175 · A È FR LEE · texte numérisé non relu

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L'ÉGLISE GOANAISE, 27

Sauf quelques églises et le palais des vicerois, il n'y a que l'antique résidence de l’archevèque qui puisse attirer l'attention, moins par son architecture que par l'importance des personnages dont elle est la demeure.

Goa était, et est encore dans une certaine mesure, la capitale du monde catholique indien. Aussi le gouvernement portugais réclame-t-il toujours pour l’archevèque de Goa le titre de primat de l'Inde, et pour Sa Majesté Très Fidèle le jus patronatus de toutes les églises catholiques disséminées dans ce vaste empire. En vertu de souvenirs glorieux qui n’ont plus qu'une valeur historique, de bulles papales qui remontent aux quinzième et seizième siècles, d’un concordat récent qui ne justifie pas ses réclamations, la cour de Portugal ferme de propos délibéré les yeux sur la réalité des choses, sur la perte de ses possessions qui, à l'exception de Goa et de Diu et quelques autres très petits territoires, ont passé à la couronne d'Angleterre, sur son impuissance évidente à pourvoir aux besoins de tant d’églises dotées, desservies, en partie fondées par l'intermédiaire et avec les subventions des Propagandes de foi de Rome et de Lyon. Inaccessible à tous les arguments invoqués par le secrétaire d'État du pape, le cabinet de Lisbonne persiste à émettre et à soutenir des prétentions que le

Saint-Siège rejette et que le gouvernement an- -glais, sans entrer dans le fond de la question, déclare également inadmissibles. La curie romaine motive son opposition sur l'impossibilité absolue où se trouve le Portugal, au point de vue spirituel et matériel, de supporter les charges inhérentes aux privilèges qu'il réclame. De plus, tout le monde admet la supériorité incontestable du clergé européen employé par la Propagande de Rome sur le clergé indigène goanais. Le gouvernement anglais ne s'oppose pas à ce que le chef de l'Église catholique, à l'instar des sociétés des missions protestantes, nomme ses organes et pourvoie aux besoins du culte et du clergé de sa confession; mais il refuse d’accorder à un souverain étranger l'exercice de ces droits sur un territoire dépendant de la couronne d'Angleterre.

Je ne retracerai pas ici l’historique des imterminables transactions entre Rome et Lisbonne. En 1838 on touchait au schisme. En 1857, à la suite de longues négociations, on parvint à conelure un concordat qui atténuait, sans les détruire, les maux dont souffrait et souffre encore l’Église catholique aux Indes. Le concordat avait laissé subsister dans une partie de la présidence le jus patronatus du roi de Portugal et les autres privilèges de l’archevèque de Goa. De là des

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