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L'ÉGLISE GOANAISE. 29
incertitudes, des contestations de juridiction entre des prêtres envoyés par la Propagande et des membres du clergé goanais ; souvent de nouvelles prétentions portugaises et, de la part du vicaire apostolique de Bombay, de nouveaux appels au Saint-Siège". Spectacle curieux étrange anomalie que cette lutte tantôt sourde, tantôt ouverte, qui bouleverse de vieilles chrétientés de l'Inde et compromet, en Europe, les relations d'un royaume catholique avec le chef de l'Église. On voit, ici, le Portugal moderne, qui accorde aux doctrines philosophiques une si large influence sur sa législature et sur la direction de ses affaires, invoquer des bulles plusieurs fois séculaires pour conserver le simulacre d'un état de choses qui appartient au passé ; là, le Saint- Siège, celte puissance conservatrice entre toutes, réclamer pour la constitution de l'Église de l'Inde des réformes reconnues indispensables, — le Portugal qui combat sous les drapeaux du moyen âge, Rome qui trouve sur ce terrain, grâce à la force de la logique, l'appui de la protestante Angleterre !
1. Depuis ma visite à Goa, Léon XIIT à nommé un délégué apostolique pour l'Inde, Les négociations continuent.
Le pays entre Pangim et Goa-Velha défie toute description. La vieille capitale est située à six ou sept milles en amont de la ville, À mi-chemin on trouve un gros bourg, une aldea, composée de misérables huttes indigènes, dignes de leurs habitants. Les hommes, sauf un haillon autour des reins, sont nus, les femmes s’enveloppent d'oripeaux, les enfants grouillent sur des tas d’ininiondices. Quel contraste avec la nature qui prodigue ses sourires et ses trésors! Dans le mème village, sur le talus d’un coteau, on voit quelques bons vieux manoirs en pierre, chacun montrant, au-dessus de la porte, le vieux blason de famille. Je me croyais à Lamego, à Viseu, ou dans quelque autre antique et vénérable petite ville du Portugal. C'est le quartier des Fidalgos. Leurs ancêtres sont venus &vec les conquérants. Plus près de Pangim, nous avons traversé une longue digue, belle et solide construction du dixseptième siècle, due aux Jésuites. Les libres penseurs goanais affirment que les Pères l'ont bâtie en une seule nuit avec l’aide du diable.
En approchant de Goa, la tour et une partie de la façade de Saint-Augustin se détachent sur
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