‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 131 sur 175 · SITUATION DES FEI · texte numérisé non relu

SITUATION DES FEI

Jementaires, ne s’aimant pas plus que par le passé, mais ne troublant en aucune façon l'ordre public. En général, pas ou peu d'actes de violence, Le peuple, gai, inoffensif, peu industrieux, mais content de son sort. Jusqu'à présent l'autonomie octrovée aux indigènes, dans certaines limites, n'a produit que de bons résultats.

Dans la population européenne, qui s'accroît rapidement, une transformation presque complète s'est opérée au cours des dix dernières années, Le spadassin légendaire d'autrefois a cédé le terrain à des gens honnètes et laborieux, dont le travail est fécondé par des capitaux provenant principalement de Sydney. Sous plus d'un rapport, la jeune colonie s’assimile de plus en plus à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande.

La culture du sol fait des progrès sinon rapides,

du moins continus, et le commerce a pris dans ces dernières années un élan inattendu. En 1883 on à constaté dans les caisses de l'État un excédent de revenu comparativement considérable*,

J'ai reproduit dans ces notes, consciencieusement et fidèlement, les informations que j'ai puisées aux sources les plus diverses et les plus autorisées, J'ai aussi placé côte à côte les juge-

ments si contraires que j'ai entendu énoncer

1, De vingt-six mille hvres sterling,

sur les hommes et sur les choses de ce pays.

Mais c'est à cela que doit se borner ma tâche. Il ne m'appartient pas de donner une opinion personnelle. Tout ce que je me permettrai d’affirmer, c’est que l'Angleterre, en prenant possession des îles Fiji, a fait une bonne action et une bonne affaire.

IT

Du 17 au 29 juin,

Les îles Nina-Tobutava et Tafari. — Les traders. — Apia. — Le triumvirat des consuls, — Le roi Melietoa. — Les maisons allemandes. — Tutuila. — Pango-Pango. — Hübner-Bay. — Labour-trade. — Les missionnaires, — La Cité de Sydney.

Samoa, du 17 au 29 juin. — Le 14, à midi,

départ de Loma-Loma. Suivent trois jours de calme ou de vents contraires, et nous voilà en panne à quelques milles de Nina-Tobutava (Keppel-Island) et de Tafari (Boscowen-Island).

Tàchons d’atterrir. La baleinière du capitaine s'engage dans un dédale de récifs à fleur d’eau. Heureusement, un indigène, accompagné d'un petit garçon, tous deux blottis dans un morceau de bois creux, vient à notre rencontre et sert de pilote.

L'air est brumeux, et le soleil, légèrement voilé, jette un tissu de fil d'or sur le bassin intérieur, qui ressemble à une immense vasque de vermeil incrustée de pierres précieuses. Au

dehors, la haute mer, vert foncé, inquiète, cour-

roucée, moutonneuse, contraste, par son agilution fébrile, avec l'immobilité métailique de la

lagune. Nous approchons de basses collines toutes boisées !, C'est l'ile Nina-Tobutava, qu'un chenal étroit sépare d'un de ces ilots, souvent annulaires, toujours couverts de cocotiers, qui dépassent à peine le siveau de la mer et forment un des traits caractéristiques des archipels océaniens.

À quelques milles au nord, Tafari s'élève tout d'une pièce, laissant à ses pieds à peine de la place pour les huttes d'une trentaine d'habitants. Malgré la proximité de ce cône colossal, à cause de l’état de l'atmosphère et de la position du soleil, nous n'en distinguons que la sombre silhouette, qui offre une ressemblance frappante avec Stromboli.

Tout près de l'endroit où nous débarquèmes, on trouve sur la plage mème la cabane de l'un des trois blancs qui résident dans cette île, Ce sont des traders. On appelle ainsi des commercants commandités par des maisons australiennes, anglaises, allemandes, qui leur cèdent, au prix double des marchés d'Europe, des canifs, des couteaux, des cotonnades, du tabac et d'au-

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