‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 15 sur 175 · partie nt sur · texte numérisé non relu

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GOA-VELHA. 31

un rideau de cocotiers. Ce sont des ruines qui nous laissent deviner le site où s'élevait autrefois la fière métropole de l'Inde portugaise. Nous débarquons sur une plage déserte mais délicieusement ombragée par des palmiers, et, après avoir fait quelques pas, nous nous trouvons en face de ce qui était autrefois une porte de la ville, ornée d’un haut relief grossièrement sculpté qui perpétue les traits de Vasco de Gama. C'est encore aujourd'hui par cette porte que les gouverneurs, en arrivant de Lisbonne, font leur entrée solennelle dans Goa-Velha. Ils pourraient passer tout aussi bien à côté de la porte, car les murs d'enceinte ont disparu, comme ont disparu les maisons et même le palais du vice-roi, dont rien n'est resté debout que le portail, qui faisait, avant la conquête, partie d'un temple /ainite. Seules les églises ont survéeu à la ruine géné- “ale. Elles sont desservies, la $6 (la cathédrale) par des chanoines, les autres par des prôtres séculiers, tous indigènes, A peu d’exceptions près, elles sont bien conservées, bien entretenues, et, à certaines fêtes, visitées par des milliers de pèlerins qui accourent de Pangim et des autres parties de la colonie. La plus ancienne d'entre elles, Saint-Francois d'Assise, est une belle et solide construction bâtie immédiatement après la prise de la ville par le grand conquis-

tador Albuquerque. Elle porte l'empreinte de l'âge d'or italien.

Le Bon-Jésus des Jésuites appartient à la fin du seizième siècle, On y voit le tombeau du grand apôtre des Indes, saint François Xavier, dû à la munificence de Ferdinand IF de Toscane. Le corps repose dans un cercueil d'argent massif qui, évidemment, est antérieur au règne du granddue. Tous ces temples ont un air de famille, mais je donne la palme à Saint-François d'Assise. Conformément au goût portugais, ils sont blanchis à la chaux. Des autels en bois sculpté, en partie plus modernes que la construction, recouvrent les niches et l’abside, là où il y en a; mais l’architecture rappelle italie et la fin du seizième siècle. L'extérieur vous transporte en Portugal. Goa a été prise le jour de Sainte-Catherine. Aussi rencontre-t-on presque partout l'image de cette sainte posant le pied sur le dos du dernier roi maure étendu devant elle. I y a aussi un vaste couvent de religieuses, habité par une sœur de quatre-vingt-quinze ans, la seule qui ait survécu. A sa mort, conformément à la législation moderne du Portugal, le gouvernement laëcisera cet édifice.

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