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aux siens des intérêts, jugés vitaux, de la colonie, dans ce cas, et je pense seulement dans ce cas, le lien qui unit la mère et les enfants pourrait se tendre au point de se briser.
Les colonies australiennes peuvent-elles se passer de la main secourable de la métropole? Je l’ignore, mais l'Australie est convaincue que oui. Sous ce rapport, sa situation envers la mère patrie est autre que celle des colonies de l'Afrique du Sud, qui, réduites à leurs ressources, manquent de vitalité et savent ou sentent qu'elles en manquent.
On prévoit aussi la séparation dans le cas d'une guerre prolongée et malheureuse entre l'Angleterre et d’autres puissances maritimes. A ce sujet les avis sont partagés. Je me bornerai à constater que les colonies australiennes fortifient leurs ports et seront bientôt en mesure de défendre leurs grands centres. De son côté, l'ennemi, quand mème il posséderait les moyens de transport el les stations de charbon indispensables pour tenter de pareilles entreprises, n’aurait garde de risquer une descente sur un littoral abandonné où ses troupes succomberaient à la soif, Mais la question, il me semble, n'est pas là. L'Australie et la Nouvelle-Zélande seront, il est vrai, bientôt en état de se mettre à l'abri d'imva-
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moyens de pourvoir à la sécurité de leur marine marchande, qui se développe, que dans un avenir fort éloigné. Jusque-là ce sera aux navires de la mère patrie de combler cette lacune.
S'il en est ainsi, l'Angleterre gardera ses colonies aussi longtemps que le Parlement accordera les moyens de maintenir des flottes en mesure de lui assurer la prépondérance navale. Les colonies et les stations de charbon perdues, il est au moins douteux que ces fonds soient votés en temps de paix. L'Angleterre perdra alors, graduellement et insensiblement, ce qu’elle appelle sa domination des mers. En d’autres termes, si l'Angleterre perd sa prépondérance maritime, elle perd ses colonies. Si elle perd ses colonies, elle perd sa prépondérance sur les mers et, avec elle, la place éminente qu'elle occupe dans l’aréopage européen. C'est dans ce cercle que se renferme la grandeur de la puissance britannique.
Les Allemands se rencontrent dans toutes les parties du globe. Avec les Anglo-Saxons et les Irlandais, ils sont les grands colonisateurs de nos temps. Aux États-Unis, tout en formant de plus en plus un élément à part, ils deviennent citoyens
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