AHMEDABAD
mener au camp, situé à deux milles au nord-est de la ville”.
L'histoire d'Ahmedabad se lit sur sa physionomie. Fondée par un mahométan, gouvernée plus tard par les vice-rois des empereurs monsols, c'est une ville mahométane. Mais l'élément hindou n'a pas disparu. La masse du peuple, il est vrai, à embrassé l’islamisme, mais dans la classe supérieure les Jaisnites prédominent *.
1. Le district d’Ahmedabad, quoique séparé. par l'Etat feudataire de Baroda, de la province de Bombay fait partie de la présidence de ce nom, La ville d'Ahmedabad (118 000 habitants), fondée en 1413 par Ahmed-Shah, prise par Akbar, se développa rapidement pendant le premier siècle de son existence, déclina ensuite graduellement, pour entrer, sous le règne des empereurs mongols, dans une nouvelle phase de prospérité (1572-1709). À cette époque la ville comptait près d'un million d'habitants, Survint une seconde décadence, et, sous le régime actuel, un nouvel élan, Ses manufactures de soieries, de coton, d'orfèvrerie, sont la source principale de sa prospérité, Ses sculptures en bois et en pierre jouissent toujours d’une grande réputation,
2, Les jaïnistes sont une secte d'origine bouddhiste, Ils répudient l'autorité des Védas, divisent le temps en ères et attribuent à chacune d'elles, au passé, au présent, à l'avenir, vingt-quatre Jinas où hommes justes parvenus à l'état de perfection. Les statues, parfois colossales, vingt-quatre fois répétées, qu'on voit dans leurs temples, représentent ces personnages d'élite, Sous certains rapports le jaïnisme n’est
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Ahmedabad s'élève au milieu d’une plaine accidentée. Les portes de l'enceinte frappent l'imagination par un caractère féodal et une affinité, que je ne sais pas m'expliquer, avec les fortifications de nos villes de la même époque. En dehors du collector, qui occupe une maison située près
d'une de ces portes, dans l'enceinte même, pas
un Européen ne demeure dans la ville.
L'animation des rues, larges ou étroites, droites ou tortueuses, remplies d’une foule mouvante dont la communauté d’origine apparait malgré la variété des costumes, cette animation, qui augmente au fur et à mesure que le soleil baisse, contraste singulièrement avec l'apparence délabrée des maisons, de la plupart des mosquées et des temples, de tous ces édifices enfin qui marquent dans l'histoire de l'architecture de l'Inde. Et comme si ce contraste ne suffisait pas, vous en trouvez un autre en comparant la richesse d'imagination, le don d'invention, le goût artistique de ceux qui ont créé ces chefsd'œuvre, avec l’ineurie, la paresse, lapathie des épigones, Ce qui doit vous frapper, c’est le développement de la sculpture, dont vous trouvez des traces même dans la demeure du pauvre. Je n'ai que le bouddhisme enrichi d'une mythologie, non plus de
dieux, mais de saints, — Voir à ce sujet Hunter, Indian Empire, et de nombreux Essais,
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