‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 18 sur 175 · AHMEDABAD · texte numérisé non relu

AHMEDABAD

pas vu une seule maisonnette si misérable où je n'aie pu découvrir quelque ornement finement sculpté. Ces artistes travaillent la pierre avec la mème facilité que le bois.

Le soleil va se coucher et nous avons hâte de regagner le camp. A cette heure la voiture du major est arrêtée à chaque pas par des flots d'êtres vivants. Voilà une procession de première grossesse qui passe. La jeune femme, l'héroïne de la fête, vêtue d’une robe magnifique de couleur cramoisie et surchargée de bijoux, est assise sous un baldaquin qui repose sur une charrette traînée par des bœufs. Des femmes fort bien drapées dans leurs écharpes flottantes, et portant de grands vases sur la tête, précèdent et entourent la voiture. Des joueurs de flûte suivent le cortège, Le vacarme, la foule, l'éclat des costumes, l'architecture des mosquées et des maisons sculptées qui encadrent la scène, les femmes qui se pressent sur les vérandas, sur les toits et aux fenêtres, forment un tableau fantastique dans lequel s'accuse, d’une manière tout à fait originale, ce caractère mélangé de mauresque et d'hindou.

Entre Ahmedabad et le camp, le pays ressemle à une vaste nécropole, On ne voit que des tombeaux mahométans. Quoique ce terrain soit sablonneux, le sol est fertile et bien cultivé. Plu-

Al

sieurs milles à la ronde, pas trace de pierre. Très peu de palmiers, mais de petits groupes de banans, de tamarins, de pipols, plus larges que hauts, qui, disséminés.sur la plaine, étendent leurs branches et semblent vous inviter à venir vous reposer à l’ombre de leur feuillage. Une très belle route bordée d'arbres magnifiques mène au camp. Ce soir, pendant que nous la suivions au retour de la ville, des milliers de perruches vertes qui y nichent nous saluaient de

leurs eris percants.

Bon et gai'diner à la table des officiers. Leurs ‘amarades indigènes ressent à part. Manger avec des blancs leur ferait perdre leur caste. J'admire la musique du 29%, dirigée par un Allemand des bords du Rhin. C’est lui qui à formé son orchestre. Ce sont tous des gens du pays, Hindous purs ou demi-sang. Il les apprivoise comme des perroquets. Cette méthode, la seule praticable, donne des résultats excellents. Ces jeunes gens possèdent au plus haut degré la faculté d’imiter, mais ils n'inventent pas. Il paraît que ce sont deux dons, d'une valeur fort inégale à la vérité, qui s'exeluent mutuellement.

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