‹ A travers l'Empire britannique (1883-1884) [microforme]Chapitre 7 sur 175 · LA « SAISON » À BOMBAY · texte numérisé non relu

LA « SAISON » À BOMBAY

ensuite au jardin; et, pendant que nous fumions, le maître de la maison put s’entretenir à son aise avec chacun de ses hôtes. Cette coutume me semble digne de passer dans les habitudes officielles de l’Europe. L'essentiel est de parler affaires après et non avant le repas.

Ce soir grand bal dans la maison d’un haut personnage parsis. On sait que les Parsis forment un élément très important de la population de Bombay. La salle était magnifiquement décorée, moitié à l'anglaise, moitié à l’orientale. Le maître de la maison me semblait le type du prince-marchand des Mille et une Nuits. Et penser que cet homme laissera dévorer son corps par des vautours ! Les dames de sa famille ne parurent pas. Il n’y avait que des Anglaises, parmi elles plusieurs jolies femmes, aucune décidément laide, toutes remarquables par la fraicheur de leurs toilettes. Tout le monde se livrait aux plaisirs de la danse, les uns avec un entrain peu justifié par la température, d’autres par sentiment du devoir. J'ai vu de vieux militaires se trémousser avec le zèle et le dévouement d'hommes habitués à observer la consigne.

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d'âge, et elle a raison. Elle abandonne au bon Dieu le soin de vous mettre à la retraite. Dans tous les pays, mais surtout dans le milieu anglosaxon, les danseurs se divisent en deux catégories : ceux qui sont animés du feu sacré de Terpsichore, et les consciencieux, les hommes de devoir. Ces derniers, je les admire, mais je les plains. Rien n’est moins amusant que la manière dont ils s'amusent ; mais rien n’est plus amusant que de les voir s'amuser.

Cet après-midi, guidé par l’aimable consul de l’empereur, M. Stockinger, je me suis fait conduire à Malabar-hill, malgré une chaleur étouffante, Arrivés au sommet, nous nous trouvons devant une haute muraille percée d’une porte. Les gardes nous laissent passer sans difculté, et me voilà dans un délicieux jardin rempli d’arbrisseaux en fleurs. C’est en cet endroit enchanteur que s’élèveni trois tours circulaires sans toiture et d’une hauteur d'environ vingt pieds. Le silence profond qui règne iei et qui fait qu'on les appelle tours du Silence est tout à coup interrompu par les battements d'ailes et les cris d’un grand nombre de vautours. Ils ont quitté le bosquet voisin du quartier indigène qui leur

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