LES STATUES DES GRANDS HOMMES
quis Hastings, Bentinck, Auckland, Hardinge, Canning, Ellenborough, Elgin, les frères Lawrence, et tant d’autres. Le culte que l’Anglo- Indien voue à la mémoire de ses grands hommes l’honore et donne un caractère tout particulier à la physionomie solennelle, imposante, magnifique et cependant essentiellement bureaucratique de la capitale de l’Inde*.
Calcutta, naguère si mal famé à cause de son climat meurtrier, grâce au desséchement des marais qui l’environnaient et à l'abondance d’eau dont il jouit depuis quelques années, passe en langage officiel pour la ville la plus saine du monde. On en dit autant de Singapore et de Shanghaï. Toutefois personne ne reste ici l'été, et pendant mon court séjour le choléra sévissait dans les quartiers indigènes.
Le 7Zibre, des Messageries maritimes, une ancienne connaissance, regorge de passagers.
C'est toute une cargaison d’élégantes du haut commerce grec de Calcutta, et, comme contraste, de Sœurs de charité françaises. Les premières,
1. Calcutta compte, européens et indigènes, près de 800 000 habitants.
fuyant les chaleurs de l'Inde, vont s'amuser à Londres et à Paris; les Sœurs ont assisté à des cérémonies religieuses à Chandernagor et retournent à leur couvent de Pondichéry.
Il y a calme plat ; sous ce rapport le ciel nous est propice. Mais le Hougly nous tient captifs pendant une nuit entière. Ses eaux basses obligent le capitaine à attendre la marée haute. Les moustiques et les miasmes de la rivière ne rendent pas fort agréable ce séjour forcé. Heureusement personne ne prend la fièvre. À Madras la petite vérole règne à l’état d'épidémie, et le prudent capitaine n'a garde de communiquer avec la ville.
C'est avec un vif plaisir que je revois Pondichéry. Pays et ville, vus de la mer, rappellent Madras, mais la ville a un vernis français. Ce que vous apercevez est un rideau de verdure, à fleur d’eau, sur lequel se dessinent la cathédrale et l'hôtel du gouvernement. Quand vous avez débarqué, les rues vous frappent par leur propreté. La ville n’est pas grande. Bientôt votre pousse-pousse, une chaise posée sur deux roues et poussée par trois coulies, vous fait gagner des avenues ombreuses entre des rizières d’un vert éclatant, alternant avec des touffes de cocotiers dont les éventails légèrement agités vous promettent une fraicheur qu'ils’ vous refusent.
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