PE GRENADE A SÉVILLE
QoesMoms efDeat^e8.-»-Une bMIade. — L'Andalousie et son olimat. — LaGiraldn. — Soavenirs que le nom de Séville réveille. — Manuscrits de Christophe Colomb — Histoire de Séville.— L'opinion de ses admirateurs.
Si j*ai bonne mémoire, la dernière lettre que je vous ai adressée, il y à déjà longtemps, vous parlait encore de Grenade, et c'est avec regret que je fais mes adieux à la vieille capitale des Maures.
Que de choses je pourrais vous dire encore ! Que de charmantes légendes j'aimerais à vous raconter, dans lesquelles les guerriers maures se trouvent aux prises avec les héros chrétiens ! Que de problêmes historiques il me plairait d'étudier avec vous !
Car cette invasion de l'islamisme dans l'Europe chrétienne, et. sa domination huit fois séculaire en Espagne, font surgir des questions du plus haut intérêt, et ont donné lieu à bien des erreurs. Il y a des écrivains qui, grisés des beautés de l'art oriental, se sont épris d'admiration pour les Maures, vantent leur civilisation, et regrettent leur expulsion d'Espagne. Inutile de vous dire que je ne suis pas de ceux-là. Tout en admirant le génie de leurs artistes — qui n'ont d'ailleurs excellé que dans un seul style d'architecture — je n'hésite pas à
dire qu'en expulsant ces terribles ennemis du nom chrétien, les rois catholiques d'Espagne ont sauvé non seulement le Christianisme, mais encore la civilisation et Fart.
Je crois aussi que Tislamisme n'a subsisté jusqu'à nos jours, que grâce à certains principes fondamentaux qu'il a empruntés au christianisme. La part de vérité, contenue dans le Coran et copiée de la Bible, l'a préservé d'une ruine précoce, comme la cathédrale catholique a sauvé la mosquée de Cordoue.
Mais ce n'est pas en courant d'une ville à l'autre, et dans une chambre d'hôtel qui ne contient pas un livre, que je puis approfondir ces questions.
Pour en finir avec Grenade, je veux reproduire ici cette charmante ballade que je trouve dans une vieille revue d'Espagne :