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ment.—Je vous connais à présent, je vous connais et je sais que vous abusez de même tout homme qui vient à s'endormir. Vos mensonges ne peuvent plus m'égarer, et je me tiens sur mes gardes, —sachant bien que la vie n'est qu'un songe.”
Les soldats veulent le convaincre qu'il ne rêve pas cette fois, et que, s’il a rêvé auparavant, c'était une annonce en rêve des évènements réels qni vont s’accomplir.
Sigismond.
“Vous avez raison ; c'était sans doute l’annonce de ce qui devait être ; et d'ailleurs, puisque la vie est si courte, Ô inon âme, livrons-nous à un nouveau rêve. Mais que ce soit avec prudence, avec sagesse, et de manière à n’en sortir qu’au moment favorable. Le désenchantement sera moindre, dès que nous y serons préparés: car on se rit des inconvénients qu’on a prévus. C’est pourquoi, bien persuadés que même le pouvoir le plus réel n’est qu’un pouvoir emprunté, et doit revenir tôt où tard à celui à qui il appartient, jetons-nous hardiment dans l’entreprise.—Mes vassaux, je vous suis reconnaissant de votre fidélité, et vous aurezen moi un homme dont la prudence et le courage vous délivreront du joug étranger. Que l’on sonne l'alarme et marchons! je veux vous montrer au plus tôt ma valeur. Dès ce moment, je me soulève contre mon père, et je prétends que mon horoscope s’accomplisse en le mettant à mes
pieds. (à part) Mais quoi ! si je m'éveiile auparavant, pourquoi parler d’une chose qui ne sera point réalisée ?
Mais, cette fois, le prince se contient. 11 réprime les mouvement de sa nature mauvaise, et il suit les soldats en disant :
‘ Allons, Fortune, marchons vers le trône, et si je dors, ne me réveille pas, et si je veille, ne me replonge pas dans le sommeil! Mais que tout cela soit une vérité ou un rêve, l'essentiel est de :: bien conduire: si c'est la vérité à cause de cela même, et :i c'est un rêve, afin de se faire des amis nour le réveil.”
Plus il réfléchit, plus il comprend qu'il doit bien se conduire Convaincu que tout ce qu'il voit n’est qu'un rêve, il ne pense plus qu'aux biens invisibles et éternels.
Bientôt son armée triomphe, et le roi vaincu, son vieux père, vient se livrer entre ses mains.
Alors le prince adresse aux Polonais un discours plein de sagesse dans lequel il démontre que son père a mal agi à son égard, qu'il a été injuste et cruel pour son fils, que ce n'est pas ainsi qu’il aurait dû corriger son caractère farouche, et, tendant la main au vieillard agenouillé il lui dit: ‘ vous devez être convaincu maintenant que vous n'avez pas interprèté comme il fallait la volonté du ciel. Pour moi, je m'humilie devant vous, mon père et mon roi, et sans essayer de me défendre, j'attends votre vengeance. ”