‹ A travers l'Espagne [microforme]Chapitre 72 sur 85 · LE PALMIER ET L'OLIVIER · texte numérisé non relu

LE PALMIER ET L'OLIVIER

Vain, orgueilleux, hautain et fier, un beau palmier livrait au vent son panache pompeux et méprisait un humble olivier, parce qu'il n'avait ps son arrogante chevelure. |

“—Regarde mes tresses, lui disait-il, et meurs d'envie, en voyant avec quelle ardeur l’homme les recherche, pour peu qu'il désire éterniser son nom. Pendant qu’a-

vec tes feuilles et tes maigres rameaux, tu ne lui fournis que du bois pour son foyer, moi, rival du laurier d’Apollon, je survis aux rudes outrages du temps, et animant à l'épreuve les âmes ardentes du martyr, de la

vierge, du guerrier, de tout ce que le monde entier renferme de héros, je leur donne à tous une récompense, une palme. ”

‘J'en conviens, dit l'olivier, mais ce n’est pas une raison pour que tu mettes ta joie el ton orgueil à me. mépriser. Car, si humble que je sois, je produis l’huile, et j'éclaire les autels du Dieu vivant. Qu’y fait-on alors de ce que tu appelles ta chevelure? Pour t’apprendre ce que vaut ta présomptueuse vanité, sache, mon fils, que mon huile y brille le jour et la nuit, et qu’au rayon du jour naiïssant je vois le sacristain se servir de ces palmes que tu vantes si fort, pour balayer le temple.”

N'ayez point d’orgueil ; c’est un vice que ma fable flétrit avec raison. Dieu, qui élève le mortel humble et modeste, confond l’insolent et le superbe.

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