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D’après les indications fournies par M. Joevgensen, le débit de 1903, du montant de 2:2 millions de marks, a donné un excédent de recettes brut de 1 .360.000 marks ou 2 1/6 0/0 du chiffre d’affaires total. Il en résulte un bénéfice net de 880.000 marks ou du 4 0/0. En règle générale, on emploie un tiers de l’excédent à des amortissements sur les immeubles de la Fédération et à l’accroissement du fonds de réserve, qui dispose actuellement d’un million; les deux autres tiers sont ristournés aux Coopératives au prorata des marchandises fournies.
La valeur des marchandises dans les dix entrepôts qui se trouvent à Odensee, Aarlhus, Esbjerg et dans cinq autres localités était évaluée à 3 millions de marks au 1^'’ janvier 1004. Ce stock a donc été écoulé 11 fois en 1903.
A l’heure qu’il est, la Coopérative de gros danoise est en train de faire construire de nouvelles fabriques, dont une savonnerie, sur des terrains récemment achetés. De plus elle vient d’acquérir un vaste domaine à Lyngby, faubourg de Copenhague. Un autre domaine, situé dans la même localité, est pris à bail, et les deux serviront ensemble à des essais agricoles.
Les Sociétés agricoles de Consommation de la Suisse sont de date plus récente que celles du Danemarck. Vingt-cinq ans à peine se sont écoulés depuis leurs origines. Les premières Sociétés de ce genre sont issues de Syndicats agricoles ne poursuivant d’autre but que l’achat collectif de matières premières pour l’agriculture. Cette catégorie de coopératives existait depuis longtemps. Nous savons, en effet, qu’aux environs de 1870, déjà, des paysans s’étaient unis, dans les cantons de Zurich, Argovie et Lucerne, pour grouper leurs achats d’engrais, de fourrages et d’instruments aratoires, et qu’ils réalisaient de ce chef d’importantes économies, quant à l’achat collectif d’articles alimentaires, on n’osait pas encore s’en occuper. On était même, dans certaiiïs milieux, nettement hostile à l’extension de l’activité coopérative à cette branche, ce qui s’explique par le fait que, parmi les membres des Syndicats agricoles, il s’en trouvait beaucoup qui, à côté de '
leurs occupations rustiques, étaient tenanciers d’un magasin d’épieerie ou d’un cabaret.
D’un autre côté, de nombreux coopérateurs ne pouvaient comprendre pourquoi on renoncerait à abaisser le prix du café, du sucre et du savon, après avoir obtenu une réduction de prix importante sur divers articles servant à l’agriculture. L’honneur d’avoir, les premiers, fait un pas décisif dans cette voie, échoit aux paysans du district de AVinterlhour, dans le canton de Zurich. Plusieurs des syndicats agricoles de cette contrée, groupés dans une «Union Régionale » assez peu cohérente, il est vrai, avaient entrepris de leur propre j
initiative l'achat collectif du café, opération qui eut un plein succès. C’est de ce milieu
que parlait à plusieurs reprises la proposition que l’Union régionale devait prendre en }
mains l’achat du café dont les diverses Coopératives locales avaient besoin. Eu 1885, le /
Comité régional reçut alors effectivement le mandat de faire un essai de ce genre. /J
Quand les paysans apprirent que par l’achat collectif du café son prix diminuait d'un ■
tiers, l’idée d’étendre l'essai à plusieurs autres articles fut accueillie avec acclamation . ^
Mais, afin de pouvoir tirer le plus grand avantage possible du champ d’activité nouvelle- ?
ment ouvert par l’achat et la répartition coopératifs d’aliments et d’autres articles d’un usage journalier, il était nécessaire d’asseoir sur une base plus large l’organisation de j
rUnion régionale de Winlerthour. Les liens assez lâches qui réunissaient les Syndicats 1
agricoles locaux devaient être solidement renforcés, afin de pouvoir résister aussi en cas d’insuccès éventuels. i
C’est pourquoi le Comité de l’Union régionale proposa aux sections la création d’une 2
Fédération coopérative nouvelle, établie sur une base juridique. La constitution de cette !
Fédération eut en effet lieu le 17 octobre 1886 à Winterthour, sous la dénomination de i
« Fédération des Syndicats agricoles de la Suisse orientale ». :
Dorénavant, l’achat coopératif d’aliments et d’articles pour l’agriculture possédait un *
point de concentration fixe et une organisation centrale vigoureuse, et cela avant même i
(|ue cette activité ail pris des proportions de quelque importance. Grâce à ce fait, la Fédération exerçait une influence décisive sur le développement ultérieur de la Coopération de consommation dans les districts ruraux de la Suisse orientale.
Mais avant de nous occuper de l’activité de la jeune Fédération, il importe de connaître l’organisation qu'elle se donna. Elle repose encore aujourd’hui sur les mêmes principes fondamentaux, à savoir :
Les Associations ([ui désirent se joindre à la Fédération doivent revêtir la forme coopérative, être inscrite au registre du Commerce et obliger leurs membres à la responsabilité illimitée pour leurs obligations ;
2^ Les Coopératives adhérentes sont solidairement responsables envers les créanciers de la Fédération, et cela jusqu’à concurrence d'une somme qui atteint aujourd’hui 300.000 francs, mais qui, au début, n‘'était que de 100.000 francs ; f
3® Les Coopératives adhérentes sont tenues de s’adresser exclusivement à la Fédération ^
pour la livraison de toutes les marchandises que cette dernière décidera de fournir ; ■
4'^ La direction des affaires de la Fédération est confiée à un comité de sept membres, *ii
nommé par les Assemblées de délégués. t
On voit, de ce qui précède que la nouvelle Fédération imposait à ses membres des •
conditions d’une portée très étendue et leur fi.xait des prescriptions assez dures. Sans nul doute, les fondateurs se laissaient inspirer par l’idée (fue, si les paysans n’avaient pas assez d’esprit de solidarité pour accepter ces conditions, la Fédération n’aurait pas de raison |1
d’être. Si, par contre, ils tenaient à leur Fédération, ils pouvaient bien assumer les garan- ■î ‘1
lies nécssaires à assurer son existence. L’expérience a démontré que ce raisonnement ^ Il
était justifié, au moins au commencement. Grâce à cette ori^anisation, la Fédération a su franchir tous les obstacles du début et est parvenue à «ans cesse ses bases.
Nous voyons donc qu’en Suisse le Coopératisme rural de consommation s'est trouvé être un puissant agent pour le développement de la cause des Syndicats agricoles. Dans les contrées où Ton crut devoir s’en tenir aux Syndicats agricoles d’achats, comme par exemple dans le canton de Berne, le Coopératisme agricole est loin d’atteindre la même importance que dans la Suisse orientale.
Nous citons comme une preuve palpable de la puissance économique qu’ont su acquérir un petit nombre de Coopératives -rurales de consommation, l’imposant bâtiment d’administration delà Fédération de la Suisse orientale. Les voyageurs des trains ijiii parlent de Winterthour dans la direction Est aperçoivent tout près des rails un long bâtiment à trois étages portant la suscription « Fédération des Syndicats agricoles de la Suisse orientale ». Ce bâtiment, construit dans les années 1898-1S99, a coûté plus de 300.000 francs. Il contient les bureaux de radministration ainsi que de vastes caves et magasins, et forme une curiosité coopératiste de premier ordre. x\ucune autre fédération agricole de la Suisse ne possède un bâtiment qui puisse soutenir la comparaison avec celui-ci ; aussi les coopéraleurs de la Suisse orientale sont-ils justement fiers de leur palais qui assez souvent sert de but d’excursion aux ditrérenles organisations locales de la région.
Pour donner à l’organisation celte uniformité si importante pour le développemetit de tout mouvement coopératiste, la lormation de Fédérations centrales est à recommander partout où l’on dispose des forces et des capitaux nécessaires à leur fonctionnement. Au début, elles servent de centre à la propagande coopératiste, à l’examen et à la mise en pratique des expériences et, plus lard, elles se laissent aisément transformer peu à peu en agences centrales pour les achats coopératifs en gros. En cette qualité, elles sont appelées à taire le plus grand bien au mouvement coopératiste du pays entier, comme le démontrent clairement les exemples du Danemark et de la Suisse. Et c’est justement sur le développement sain des Coopératives rurales que l'existence d’une Fédération peut exercer l’influence la plus salutaire. Ces Coopératives, dans leur isolement et leur peu d’étendue, ont un besoin plus pressant d'elre renseignées, encouragées et aidées, (|ue ce n’est le cas des Coopératives urbaines. Et où trouveront-elles tout cela, si ce n’est dans la Fédération, dont l'unique but est de les faire prospérer ?
Toutefois, il faut se garder de transformer cet encouragement en tutelle. On ne doit jamais perdre de vue que l’administration autonome est le principe fondamental du Coopératisme. L’éducation des Coopératives locales à l’activité autonome et à la propre initiative, voilà le but vers lequel doivent tendre tous les efforts d’une Fédération . L’intérêt bien compris de la Fédération même exige qu’elle habitue ses membres à raiitonomie, vu que son existence se base principalement sur les Coopératives vivant de leurs propres forces. Plus donc le nombre de ces associations fortes et indépendantes s’accroîtra,
Docteur Epienne BERNAT hirevteiir en chef de la Ligne des Agricnlteurs ffongrois.
Membre du Conseil d’administration de la Hangya (Cnion Centrale des Sociétés de Consojnmation de Hongide), de la Société centrale de Crédit coopératif, de la Société distributive des Fermiers hongrois.
Secrétaire général du 17e Congrès de l’Allkmce Coopérative Internationale.
plus la Fédération gagnera en puissance et plus elle pourra étendre le rayon de son activité.
N'oublions pas qu’au fond, le mouvement coopératiste est un mouvement économique et social de libération et qu’il a pour but de rendre plus autonomes et plus indépendants, tant les individus isolés que les peuples, en procédant systématiquement à une organisation nouvelle des conditions d’existence économiques et sociales. Quiconque veut donc efficacement contribuer au développement du Coopératisme, ne doit jamais oublier qu il s’agit de rompre d’anciens liens de dépendance, et non pas d en créer de nouveaux.
La discussion a été clôturée par le vote du projet de résolution suivant :
« Le Congrès, reconnaissant que l’intérêt des cultivateurs et des travailleurs des «, champs demande l’organisation de la Coopération de consommation, s appliquant aux « articles nécessaires pour la vie journalière, dans les districts ruraux, comme moyen « d’aiguisement de l’épargne, du relèvement et du bien-être de ces classes, de la même « urgence que l’intérêt des ouvriers industriels l’exige dans les villes, fait appel à tous a les amis de la Coopération, les sollicitant à contribuer de leur mieux à son organisation « et extension dans ces milieux. »
La séance est levée à 1 heure 1/2 de l’après-midi.
Après celte très laborieuse séance, M. le comte Zichy Aladar, membre du Comité d’organisation du Congrès et son beau-frère M. le comte Mailath, nous retiennent à déjeuner au Club national. Sous la conduite de son Président, nous visitons ensuite les diverses salles du Club, qui possède une bibliothèque très importante.
Mais, il faut se hâter, car les délégués ont à visiter les établissements de la Société Coopérative des Tailleurs, l'atelier des machines pour la coupe des vêtements et les ouvroirs publics à Erzsebelfalva. La caravane part du Kàroly- Kôrut en tramway électrique et se rend à la gare de Kôsvàgohid (de rabatloir) d'où elle repart en chemin de fer vicinal pour Erzsebelfalva.
La caravane rentre à Buda-Pesth après 6 heures du soir .
Mardi, 6 septembre