LE CONGRÈS
t Rappelant le principe incontesté que l’organisation des institutions coopératives a doit avoir pour base l’effort de l’initiative privée et l’aide mutuelle ;
« Mais, reconnaissant, d’antre part, que, dans certains pays, l’intervention de l’Etat « a puissamment contribué à propager les associations coopératives qui ne s’y seraient pas € développées sans cet appui, est d’avis :
« 1» Que dans tous les pays, l’importance sociale du rôle de la coopération corn- << mande une attitude bienveillante, et même favorable, de la part des pouvoirs publics ;
« 2° Que, dans les divers pays où l’intervention de l’Etal, se produisant sous forme t de subventions ou d\ivanceSy est jugé nécessaire au développement de la Coopération, a cette intervention doit demeurer modérée, temporaire et respecter scrupuleusement « l’autonomie des institutions coopératives. »
Et pour le corser davantage J’avais proposé par voie d’amendement d’ajouter le 3® paragraphe suivant :
Que les législateurs de tous pays, ont le devoir impérieux de s’inspirer des considérations qui précèdent, dans la rédaction et le vote des lois visant la Coopération.
Un autre groupe de délégués avait déposé un 2® projet de résolution ainsi conçu :
« Le Congrès lient à déclarer qu’il n’est pas admissible que les Sociétés coopératives I soient assujetties à la juridiction de diverses autorités, que l’intérêt de la coopération « exige qu’il ne soit pour elles qu’une seule autorité bien compétente, pareille au « « RegislarofFriendiy Societies » d’Angleterre, pour administrer la loi, afin que l’applica. « tion de la loi soit en tout cas experte et uniforme ; en plus que rinspection et la révision « de ces Sociétés appartiennent de préférence à ces Sociétés elles-mêmes, agissant au « moyen de l’administration d’une union ou fédération se composant d’elles, ou au moins « doit être confiée à une autorité experte comme celle dont il a déjà été question, et qu’en « aucun cas elle doit être commise à des autorités étrangères à leur mouvement, comme « les Chambres de commerce, dont l’intérêt pourrait s’opposer à celui des Coopératives;
/ I et, en dernier lieu, que bien qu’en général il est désirable que la vente soit restreinte
« aux sociétaires seuls, l’extension de la Coopération et l’intérêt des classes pauvres qui « ont le plus besoin de la coopération demandent qu’il ne soit pas défendu aux Coopéra- « tives de consommation de vendre leurs marchandises au public, afin de pouvoir ainsi t se recruter, d’après l’exemple, si approuvé, des Coopératives anglaises, parmi les pau- 1 vres et de mettre ces gens en état d’accumuler lentement, le montant de leurs parts « sociales, »
Pendant 4 heures on a discuté. Des idées excellentes ont été émises et quand tout a été terminé et qu’il n’y avait plus qu’à passer au vole, un délégué allemand a déclaré tout tranquillement que ses compatriotes n’ayant pas besoin de l’Etat dont ils se passent fort bien, ce que je conçois parfaitement, se déclaraient hostiles au vote de tout projet de résolution, et de fait, après pas mal de paroles inutiles échangées sur ce point, le Congrès (c’est-à-dire les délégués anglais et allemands qui disposaient des deux tiers des voix du Congrès) a volé qu’on ne voterait pas de résolution.
Et voilà comme quoi on peut discuter pendant 4 heures pour arriver à décider qu’on n’a rien dit ni rien fait.
Les anglais et les allemands (1) n’ayant pas besoin de l’Elal, les autres pays, leur semble- 1- il n'en ont pas davantage besoin et toute la discussion a roulé sur une équivoque qui n’est pas encore dissipée.
(1| Je ne fais aucune difficulté de reconnaître que la responsabilité de nos camarades d’Angleterre et d’Allemagne se trouve très atténuée par ce fait que point ou peu d’entre eux n’entendaient le français et les uns et les autres comprenaient très peu l’allemand ou l’anslais.Je suis convaincu que s’ils a> aient été fixés sur la portée exacte du vote que nous leur deuiandions, iis l’auraient certainement émis dans le sens de notre proposition.
Pas plus que les coopéialeurs anglais elallemanils les coopéraleurs d’autres pays n’onl besoin de la manne gouvernementale, car ainsi que je l’ai déclaré : le sou journalier des coopéraleurs a autrement de puissance et de fécondité, que les quelques billets de mille que pourrait nous donner le gouvernement en échange, peut-être, de quelques lambeaux de notre indépendance et de notre liberté ; mais ce que nous avions en vue en discutant, c’était moins l’argent que peut nous donner le gouvernement et doul nous n& voulons pas en aucune façon, nous, les Goopéiateurs de la Consommation, que celui qu’il pourrait être tenté de nous demander conti’e toute justice, et nous voulions amener le Congrès à pi’oduii e une déclaration solennelle au nom des 90.000 sociétés de la coopération mondiale : que les paidements des divei’S pays civilisés ont le devoir absolu de traiter avec bienveillance et justice le mouvement Goopéi’alif, et qu’ils commettent une imprudence impardonnable, en même temps qu’une crime social et une hérésie économique, ceux qui en usent avec sans gêne et brutalité à l’égard de nos pacifiques associations.
Voilà ce que nos amis d’Allemagne et d’Angleterre n’onl pas compris.
S’il m’avait été possible de parler au moment où allait s’accomplir l’acte regi-ellable qui a clôturé la discussion, si le tapage rpii régnait — et grandissait saL cesse — m’avait permis de me faire entendre, j’aurais essayé d’expliquer la nature de nos sentiments et de soutenir énergiquement les délégués Hongrois qui ont fait des efforts désespérés pour éviter ce qui s’esl produit.
J’aurais dit à nos amis hostiles au projet de résolution : «Vous pouvez vous passer de l’Etat et l’Etal vous laisse tranquilles. — C’est très bien. — Vous proclamez que la coopération anglaise et allemande est aujourd’hui une puissance avec laquelle on doit compter. — C’est on ne peut mieux, — Mais, c’est justement en raison de tout cela, que vous devez unir vos efforts aux nôtres pour que du Congiès actuel sorte une déclaration solennelle des droits des coopéraleurs, dont les coopérateurs des nations voisines pourront se servir pour obtenir les lois de liberté dont vous eles
si fiers, Messieurs, et qu’ils attendent encore • (1).
Et si les coopérateurs allemands et anglais étaient menacés d’une loi
(Il Nous épiouvons une vive, Irt-s vive acimii-ation pour l’œuvre magnifique de la coopération allemande et anglaise et nous avons été peinés, nous le déclarons franchement, de voir les Allemands et les Anglais émettre un vote qui est le désaveu de ce que les cooperateurs ont fait dans certains pavs de IT.urope Orientale : Hongrie, Houmame, Serbie et d autres, en acceptant la collaboration financière et l’appui de l’inlluence des gouvernements de leurs pays respectifs, en faveur de leurs œuvres qui, sans cela, nauraionl pu prospérer avec tant de rapidité.
Elkmkk de BALOGH
Directeur en chef de la Ifanrfija (rnion centrale de.t Sociétés Coopérafires de (Consommation en tlonfp'ie).
loi comme celle que l'on prépare pour la Coopération Hongroise et dont chacun de nous a reçu un exemplaire au commencement du Congrès, eh bien! ils seraient moins tranquilles et moins indifférents (1).
Mais, voilà! on n’a pas voulu donner cette marque de solidarité aux voisins,
dans cette séance, désormais historique.
Tant pis pour l’Alliance Coopérative Internationale, car nous avions pensé en adhérant à ce mouvement mondial, et nous le pensons encore, que celui-ci était créé bien plus pour venir en aide aux Associations coopératives des pays dont les élus sont hostiles ou seulement indifférents à notre doctrine économique, que pour en faire une institution d’admiration mutuelle entre gens satisfaits.
A 3 heures 1 /2, les membres du Congres ont visité la « llangya », association
(1) Voici quelques extraits du projet de loi pendant devant le Parlement Hongrois.