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heureusement se traine aur la the des hommes, cotrime un pou 1
Mes lecteurs savent que Madame Hello est un charmant ecrivain qui signe Jean Lander. Elle est de grande taille, robuste, et blonde, comme quelques types flamands que j'ai vus en Belgique. C'est une femme forte, un esprit remarquable et une plume tres elegante et original e.
AUX INCEfeDULES.
ES gens intell^ents m'ont aouvent fait cette objection : Comment se faitil que la sainte Vierge fasse plus de iracles k Lourdes qu'ailleurs ? Ne penz-vous pas qu'en la priant chacun chez i les p&Ierins obtiendralent les mSmes veurs ? Car enfin, elle noua entend partout, et oe n'est pas le lieu oil nous la prions qui peut augmenter ea puissance I
Quand mfime la raiaon hiimaine ne trouverait pas de r^ponse ii cette objection, ce ne serait pas un motif pour revoquer en doute la pr^Krence signal^e que manifeste la sainte Viei^e pour la grott« de Lourdes. Car c'est \k un fait incontestablement prouv4 par les nombreux miracles op^r^s. On raiaonne centre un ai^ument, mais non pas centre un fait — lors m€me qu'il est inexplicable.- .
Mais sans connaftre les raisons de Dieu et de sa sainte M^re, il me semble qu'il y a deux motifs principaux qui se pr&entent imm^diatement k I'esprit, et qui se trouvent d'ailleurs dans toutes les ceuvres divines : la plus grande gloire de Dieu, et le plus grand bien de I'homme.
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130 i)ANs tE Midi
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Ce que la sainte Vierge a voulu, c'est donner un dgne k la Prance pour la convertir.et la sauver, et pour que ce signe soit salutaire, il- faut qu'il soit eclatant, ind^niable, retentissant, immense. Or les miracles op6r6s dans divers pays, ou dans diverses parties de la Ii'rance, auraient ete des faits isol6s, dissemines, sans lien commun, ni relation d'ensemble ; et ils n'auraient pas produit le resultat voulu. Tons ces flambeaux isoles n'auraient fait que jeter une petite lamiere autour d'eux dans un horizon retreci, et le but divin — c'est-£l-dire la plus grande gloire de Dieu, et le plus grand bien de la France — n'etit pas 6te atteint.
Au contraire, tons les miracles 6tant accomplis au m^me lieu, et se multipliant d'une manifere 6tonnante, ont produit un faisceau de lumi^re capable d'6clairer les intelligences les plus ten^breuses. Ils se sont mutuellement servis, illumines, et m^me r6fl6chis comme des reverberes. lis ont eveille, soulev6, excite Popinion \ ils ont eu un retentissement immense ; les foules sont accourues de toutes parts, et sont retourn^es dans leurs pays proclamant, r6pandant et propageant le miracle !
Mais, il faut I'avouer, au milieu de cette 6clatante manifestation, il y a une chose qui m'etonne, c'est le pen d'attention que certaine classe lettree de la nation frangaise fait aux 6venements de Lourdes.
Elle se targue d'etre savante, d'6clairer, de guider le monde civilise. Elle veut r^soudre tons les problames, dissiper toutes les obscurites, expliquer toutes les choses myst^rieuses que la nature renferme.
II n'y a pas une question scientifique, sociale, politique qui ne soit Pobjet de ses Etudes : pas un objet dans la nature, depuis les niondes celestes jusqu'^ la goutte d'eau et k I'insecte, qu'elle n'observe et ne cherche ^ connaitre k fond. Et quand les miracles se multiplient, presque sous ses yeux, et lui oflfriraient la solution des plus graves questions religieuses, elle detouriie syst6matiquenient les regards, et nie emphatiquement sans prendre la peine de s'enqu6rir.
Lorsqu'il plait k la plan^te V^nus de poser son petit globe entre le Soleil et notre ceil, les savants vont jusqu'aux extr6mit6s du monde pour observer son transit ; et quand la Reine du ciel daigne poser ses pieds sur un coin du sol frangais, quand des merveilles sans nombre y attestent son* passage, il n'y a pas en France une soci6t6 savarite, pas une academic qui 6tudie ce ph6nom^ne !
N'est-ce pas Strange, et en m§me temps insense ? Le fait racont6 comme s'6tant accompli k Lourdes est vrai, ou il est faux^ S'il est faux, n'est-il pas n6cessaire de nous d6sabuser, nous qui avons la faiblesse de croire, et qui, de toutes les parties du monde, courons par milliers k Lourdes v^n^rer la Vierge Immacul6e ?
Mais s'il est vrai, c'est le plus grand fait de ce si^cle, et qui conduit k la solution des grandes questions religieuses. Comment la science peut-elle rester muette et indiflKrente en face de ce merveilleux 6v6nement ?
Ah ! c'est que les savants incredules ont peur de
ce qui est divin. lis sont aveugles, et rien ne les effraie comme de penser qu'ils pourraient voir clair ! La seule idee qu'en d6chirant le voile qui leur d6robe les merveilles de Lourdes, ils pourraient tout £t coup apercevoir Dieu, les jette dans la stupeur.
C'est pour cette raison qu'ils ont recul6 devant le d6fi do M. Artus. Vainement il les a provoqu6s, excites, attires. lis ont fui comme des laches, et se drapant dans leur orgueilleuse incredulity, ils lui ont r6pondu apr^s Pa voir injuria : " A quoi bon " nous enqu^rir des ev^nements de Lourdes ; nous " Savons de science certaine que le miracle est impos- " sible ! "
Et ce sont ces m^mes savants qui nous vantent sans cesse, la m^thode d'observation et qui r6prouvent 6nergiquement les id6es prfcongues I
Les catholiques procSdent bien autrement. lis ne craignent pas de dire : nous croyons ce que F^glise nous enseigne, m6me quand nous ne comprenons pas. Nous croyons m^me sans voir. Car c'est en cela m6me que la Foi consiste. Voir, ce n'est pas croire. En ce monde nous croyons ; dans Pautre nous verrons I Mais lorsque Dieu veut bien se montrer, m^me en ce monde, nous courons avec empressement vers le coin de terre oil son doigt s'est montr6, et nous 6tudions avec un soin scrupuleux les oeuvres qu'il accomplit, afin de mieux connaltre ses intentions et ses volont^s !
II n'y a aucun doute que le grand embarras de I'inc.r6dulit6 est le miracle. lis sentent bien que
c'est une r^ponse p^remptoire k toutes leurs thfeses, et ils ont peur du miracle com me les acteurs ont peur du sifflet. Cette frayeur s'explique done naturellement ; mais en m^me temps, elle prouve la mauvaise foi. Car s'lls aimaient sinc^rement la v6rit6, et s'ils voulaient la connaltre s^rieusement, ils agiraient autrement.
" Allons, se diraient-ils rfeolument, raisonnons et " agissons. Nous sommes libres-penseurs, et nous " repoussons les dogmes chr^tiens, mais si le mi- " racle de Lourdes est vrai, nous sommes dans Per- " reur, et ce sont les catholiques qui ont raison. Or " rien de plus facile que de s'en assurer. Rien de " tangible comme un fait, et ce fait s'est accompli " ici, k notre porte ; ce fait se renouvelle tous les " jours ; les miracul6s, leurs t^moins et les t^moins " de leurs t6moin^ vivent encore. A I'ceuvre !
" Nous avons des academies de savants ; char- " geons-les de s'enqu6rir de ce fait, et de nous dire "s'il est vrai ou faux. L'Eglise Catholique Pa ac- " cept6 comme vrai. Faisons-lui sur ce- point un " bon proems dans toutes les formes.
" Si elle a raison, si le miracle existe, helas ! il " faudra bien abandonner nos chores theories qui g^- " nent si peu notre vie ! mais si nous la convain- " quons de mensonge, quel triomphe pour nous !
" A I'oeuvte done, Messieurs les savants ; vous qui " avez si bien d6moli tous les dogmes, vous qui nous " d6montrez si bien que Moise et les Proph^tes, Je- " sus et les Evang^listes ne sont que des plagiaires
" et des falsificateurs, nous vous en prions, prouvez- " nous la fau8set6 du miracle de Lourdes. La chose " ne doit pas ^tre difficile I "
Vpilgl ce que feraient les savants impies s'ils 6taient de bonne foi. Mais ce n'est pas le souci de la v6rit6 qui les tourmente.
D'ailleurs ils boudent un pen la sainte Vierge d'etre all6e se montrer k une pauvre fiUette ignorante, perdue dans un ravin des Pyrenees. Pourquoi n'est-elle pas descendue k Paris, qui est le centre du monde civilis^, au Grand-H6tel, par exemple, eu face du Grand Op6ra, ou sur la rive gauche de la Seine, au Palais de I'Institut, au au Palais Bourbon, Partout elle aurait 6t6 accueillie avec tous les honneurs. MM. les r^publicains n'auraient pas pu la saluer du nom de Reine ou d'Imp6ratrice ; mais ils I'auraient appel6e la Grande Pr6sidente de la R^publique C61este I
Mais, que voulez-vous ? A ce beau titre la sainte Vierge a pr6f6r6 celui que Pie IX lui a d6cem6 en la proclamant Immacul6e. Et comrae cette definition d'un nouveau dogme etait assez mal accueillie par quelques catholiques, qui mettaient en doute son opportunity, en m6me temps qu'ils 6branlaient la croyance g6n6rale k l'Infaillibilit6 Pontificale, la Reine du Ciel a voulu manifester au monde que le Pontife romain ne s'^tait pas tromp6.
Elle est descendue du ciel, et elle a dit k la terre d'une voix que tous les peuples ont pu entendre : " Je suis PImmacul6e Conception."
C'6tait en 1858. II semble qu'elle ait ainsi voulu apporter Tautorit^ de sa parole ^ deux dogmes k la fois : k I'lmmaculee Conception, d^finie quatre ans auparavant, et k I'lnfaillibilit^ Pdntificale, qui devait 6tre promulgu^e quelques anuses apr^s.
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