‹ À travers l'Europe: impressions et paysagesChapitre 4 sur 28 · LE PARFUM DE PARIS · texte numérisé non relu

LE PARFUM DE PARIS

OUS I'avons dit dans notre premier

volume, il y aurait un livre ^ faire

sous ce titre, et nous desirous qu'une

plume comp6tente le fasse. II suffirait

k justifier notre confiance dans le salut

de la Prance.

Car, lors m^me que la restauration monarcHique ne s'accomplirait pas, nous ne voudrions pas croire encore ^ la decadence finale de ce beau pays, parce que la France qui prie, qui soufifre, et qui travaille k la renovation sociale, devra sauver la France qui blaspheme. Nous sommes convaincu que le relevement de la patrie frangaise se ferait plus vite et plus stirement avec le Roi. Mais s'il ne vient pas, ce seront les catholiques et leurs oeuvres de d^vouement qui la sauveront. Seulement il est bien k craindre qu'alors elle doive passer par- une longue s6rie d'^preuves douloureuses.

Nous, Canadiens-Frangais, aimons k pr6ner bien haut nos vertus et notre foi. Mais je n'h^site pas k dire qu'il y a un grand nombre de Parisiens qui sont meilleurs catholiques que nous, et qui ont plus de m6rite k I'^tre.

Chez eux, la foi (avec les oeuvres) ne demande pas

seulement du courage ; elle exige de rabn^ation et elle impose des sacrifices parfois tr^s durs. La persecution les poursuit, et comme elle a ^ sa disposition la puissance et les richesses de I'Etat, la resistance des catholiques estfort p6nible et on^reuse.

Pendant qu'ils paient k I'Etat des impots 6normes pour un enseignement ath6e que leur foi leur interdit, ils sont Qblig^s de se taxer eux^m^ines pour fonder et soutenir des ^coles, des colleges et des universit6s. Pendant qu'ils voient grandir le budget des tb^Mres, ils voient diminuer celui des cultes, des hospices, des etablissements de charit6, et il leur faut combler ce deficit par des souscriptions volontaires.

<dn a supprim6 leg coHgr6gatio'hs, on a prdscrit les religieux. Vite les catholiques ont dt s'imposer une taxe nouvelle appel6e le Denier des Expuls&s.

Dans un jour de repentir, la Prance, par ses repr6sentants, a fait voeu d'^lever une 6glise en Phonneur du Sacre-Coeur pour obtenir le pardon de ses prevarications ; mais qui a pay6 les millions que cette oeuvre nationale a d6j£l coM6? — Les catholiques seuls.

La propagande du mal est partout organis^e savamment et somptueusement, le plus souvent avec les deniers de PEtat. L'erreur a ses trompettes qui Pacclament et la r^pandent dans toutes les classes. L'irr^ligion a gagn6 les classes ouvriSres ; la science sans Dieu pervertit la jeunesse. Que faire ? Comment r6sister k cet envahissement uniyer$el et puissant du mal ?

PAtiB S&

Les catholiques se sont mis k Poeu vre, et au milieu de difficult6s sans nombre ik ont imit^ autant que possible les moyens d'action de leurs adversaires. Gr^ce k des sacrifices gen^reux et incalculables, ils ont fond6 des Cercles catholiques d ouvriers, la Soci6t6 Bibliographique, I'Union de la Paix Sociale, des Cercles Litteraires et cent autres associations. Ils ont etabli I'ceuvre des Bons Livres ; ils encouragent et soutiennent la Presse religieuse et les librairies catholiques.

lis b^tissent des 6glises et ils leur orient des revenus. Ils envoient partout des missionnaires aux peuples infideles, et ce n'est pas seulement de leurs deniers qu'ils aident largement k la propagation de la Foi, ils lui payent I'impdt du sang — comme ils savent le payer k la patrie lorsqu'elle le reclame.

lis contribuent toujours gen6reusement au Denier de Saint- Pierre ; et, malgre toutes ces contributions k un Budget que PEtat n'a pas le souci de secourir, leurs bourses sont encore ouvertes pour soutenir dans Paris toutes sortes d'oeuvres de charity.

Ajoutez k ces sacrifices p6cuniaires I'espece d'ostracisme qui les atteint, qui nuit k leur avancement dans toutes les carrieres, qui interdit si leurs enfants tels emplois publics ou telles situations honorables et lucratives, et vous aurez une id6e du merite qu'ils ont k rester de fervents catholiques.

Qui, certes, je me fais un devoir de le recpnnaitre, la foi des Parisiens catholiques est plus ardente, plus zel6e, plus d^vouee que la n5tre, parce qu'elle se r^-

trempe sans cesse dans la lutte et le sacrifice. Oh ! quelles lemons 6difiantes ils nous donnent ! Mais combien nous devons nous estimer heureux d'etre k I'abri des ^preuves et des souffrances qui les accablent ! Comme nous devons remercier Dieu d'avoir encore la paix religieuse et sociale, dont jouissent aujourd'hui si peu de nations.

Je pensais k ces choses bier en gravissant les flancs escarp6s de Montmartre. Parvenu au sommet, j'ai visit6 la crypte de Pimmense basilique en construction, vou6e au Sacre-Coeur, et dont les chapelles souterraines sont autant d'^glises ; puis, je me suis avanc6 jusqu'au bord de Pescarpement, et j'ai contempl^ Paris, tout entier k mes pieds.

Tons les bruits ^e la grande ville montaient jusqu'^ moi comme une rumeur sourde et confuse, et

de la vaste plaine o\i ses toits innombrables s'efFa-

gaient dans une commune uniformity, se d^gageaient

les clochers, les tours et les coupoles.

J'6tais seul sur cette cr^te silencieuse que les rayons du soleil couchant caressaient encore, et quand je me tournais vers la gauche j'apercevais la campagne s'6tendant au loin depuis les Buttes-Chaumont jusqu'^ Saint-Denis.

Mais ce magnifique panorama ne pouvait me distraire de mes pensees, et je songeais toujours k cette noble et courageuse phalange de Parisiens et de Parisiennes qui se d^vouent g6n6reusement au salut de la France, et qui lui consacrent leurs talents, leurs travaux, leur vie et une partie de leur fortune.

Oui, sans doute, me disais-je, il y a datis ce Paris bien des spectacles qui affligent, mais il y en a d'autres qui consolent ; et parrai les odeurs de corruption et d*impi^t6 qui s'en 61fevent, je sens monter vers Dieu des parfums de vertu et de foi.

II y a 1& de nombreux autels o\i le sang du Christ coule une grande partie du jour, *t demande mis6-' ricorde ; il y a la des sanctuaires oii des milliers de cierges briilent, oil des ex-voto brillent, oii des fiddles se pressent, et d'oii s'61ancent des hymnes et des cantiques pour faire oublier les lazzis et les paroles obscenes.

II y a des vierges sans tache qui ont fait voeu de n'avoir jamais d'autre 6poux que le Christ ; il y a de saints pr^tres,quelque8-uns rev^tus de la robe monastique, qui ont iur6 'den 'avoir pas d'autre 6pouse que I'Eglise. Toutes ces ^mes pures, unies si mille autres, dissemin^es dans tous les rangs de la soci6t6, s'ofFrent en holocauste pour le salut de la France.

II y a des p^res et des mferes de families qui d6fendent 6nergiquement contre les empiMements de I'Etat les ^mes etle salut de leurs enfants, et qui, dans le silencf^ du foyer domestique, forment une g6n6ration chr6tienne qu'ils donneront bient6t k la France et k TEglise.

A c6t6 de ces colleges de I'Etat, oii sont enseign^es tant de doctrines irreligieuses, il y a des chaires libres oH la v6rit6 se fait entendre, oii la science s'harmonise avec la foi. II a fallu lutter bien des ann^es pour les 6tablir ; car dans la France revolutionnaire il faut combattre pour avoir le droit de faire le bien.

et quand Ik droit est conquis, il faut s'imposer des sacrifices pour procurer aux oeuvres du bien le pain de chaque jour. Mais enfin I'enseignement sup^rieur est aujourd'hui plus 6u moins libre, et il faut esp6rer qu'on laissera subsister le fait accompli.

A c6t6 des palais de I'agiotage, il y a les humbles salles oii les Conferences de la Soci6t6 St- Vincent-de- Paul poursuivent leur charitable mission.

A c6t6 des idoles de chnir devant lesquelles la foule se prosterne, il y a les statues et les images des Saints, auxquels des milliers d'^mes pieuses vont ofFrir chaque matin leur v6n6ration et leur hommage.

Dans ce palais Bourbon, oii la Revolution fait la guerre k tout ce qui touche au divin, il y a de fervents catholiques qui demandent pardon pour la tribune frangaise des blasphemes dont elle retentit quelquefois, et qui r^pStent k Dieu du fond de leurs coeurs cette g6n6reuse parole du Christ en croix : pardonnez;leur, car ils ne savent ce qu'ils font.

Dans ce palais du Luxembourg, oii le Senat se montre trop souvent empress^ de ratifier les projets de persecution et les lois impies de la Chambre des D6put6s, il y a des intelligences d'61ite, servies par une foi ferme, qui jettent le cri d'alarme, et qui font entendre d'61oquentes protestations.

Non, la France ne perira pas.

Cette basilique que I'on ^ISve sur le mont des martyrs n'est pas un temple ordinaire, aux proportions colossales. Elle est I'image et le symbole de la r6-

Edification de la nation trSs chr6tienne, et quand le d6me reposera comme une couronne sur ces piliers gigantesques, il abritera tout un peuple r6g6n6r6.

Pendant que d'une part les charpentiers et les magons b^tissent ici dans la solitude ces murailles Epaisses, les ouvriers des 4mes et des intelligences reinvent de leurs ruines les institutions, les traditions et les oeuvres de la vieille France. Les architectes de Dieu sont ft I'ceuvre, et chacun apporte sa pierre k la restauraiion de PEdifice.

Le jour viendra oil la' double entreprise recevra son couronnement dans la splendeur de la gloire divine et du bonheur d'un peuple.

Les pierres de ce temple auront pouss6 jusqu'au ciel le cri d'expiation de la France, et le pardon qui en sera descendu aura consomm6 la redemption nationale.

CROQTJI8 PARISIEN.

-CE un linguiste qui a pr6tendu que le

L des Gaulois vient du latin galli (coqs) ?

le I'affirme pas ; mala il est certaio qu'il des Parisiens, deacendants dea Gauloie, font penaer S cette etymologic.

'eat pour cela, sane doute, que Voltaire a itjpt^ent^ Paria eomme " une grande basse-cour, compos^e de coqa-d'Inde qui font la roue, et de perroquets qui r^p&tent les paroles eana lea comprendre." Une injure aussi groasifire meritait un chfttiment, et beaucoup de Pariaiens, soucieux de leur dignity, lui en ont tenu compte, Maia d'autres — et ils 8ont nombreux — ont r^compens^ I'insulteur et lui ont eiev^ une etatue. J'en conclus qu'ila ont jug^ cette peinture vraie, et que le portrait leur a paru resaerablant. C'eet k cette clause de Parisiene que je veux consacrer quelques coups de crayon.

La plupart sont boulevardiers, ou I'ont 6t6. lis Bont diBs4min^ dans la presae, dans la politique, dana les tb^fltrea, dans la litt^rature, et ailleura. De ' fait, on les rencontre un peu partout, et si I'on tient compte de toutea les vari^tfe de l'eep6ce, on peut dire que leur nom est : lAgion.

Ce n'est done pas un individu que je veux croquer,

c'est une multitude ; c'est un type qui pose pour la personnification de Paris, qui se croit I'auteur ou le h6ros de tout ce que fait Paris, qui jouit des succfes de Paris, qui se rev^t des gloires de Paris, qui se pavane sous les plumes de Paris, et qui croit trfes ing6ntlment que Paris ne serait rien sans lui.

Que dis-je ? Paris ? C'est trop peu, en v6rit6. Ce type est profond6ment convaincu que I'Europe entifere est attentive k chacune de ses paroles, et ne prend pas la liberty de penser avant lui ; qu'elle lui emprunte toutes ses id6es, et que sans lui elle serait un corps sans Ame.

L'humble homme I C'est sa conviction qu'il est I'^me de I'Europe ; maisiln'est pas bien convaincu d 'avoir une kme lui-m6me. Car, au nom de la liberty, il a bris6 ce qu'il appelle les ohalnes de la foi ; il a renvers6 les murailles du dogme ; il s'est aflfranchi des croyances de dix-huit si^cles de Christianisme.

Cette ind6pendance religieuse absolue ne lui a pas donn6 la paix, ni le bonheur qu'il esp6rait. Au fond de sa philosophie, il s'avoue parfois k lui-mdme qu'il y a beaucoup de vide, et qu'en r6alit6 elle lui impose aussi une espfece de servitude. II y a m^me des heures oii 11 s'estimerait heureux de reprendre ses anciennes chatnes, qui lui apportaient certains rayons de lumifere et de joie ! II y a des jours o\i son kme jmmortelle souflfre de ne pouvoir plus aimer, croire et adorer.

Comme Alfred de Musset, I'un de ses pontes favoris, comme Alexandre Dumas, fils, son dramaturge

de predilection, une sorte de sentimentalisme religieux I'envahit, et lui fait trouver des attraits si la vertu et des charmes k la foi. Mais il voudrait que Dieu se montrSlt k lui pour lui prouver qu'il existe. II lui serable que Dieu lui doit cette attention, et que son importance et son r61e dans le monde meritent que Dieu se donne cette peine, dans l'int6r^t m^me de la religion.

Aussi lui paralt-il absurde de croire que la sainte Vierge se soit montree si une petite paysanne de Lourdes, et ne daigne pas apparaltre dans une s6ance de l'Acad6mie, ou de la Chambre des D^put^s. Dans son opinion, croire k I'apparition de Lourdes, c'est donner k penser que la mfere de ce Jesus — qu'il estime uu grand homme — n'est pas une femmeintelligente et n'a pas k coeur les int^r^ts de son fils.

C'est un peu pourquoi il se retranche dans son scepticisme. Mais ce sceptique ne doute que de la v6rite. II croit k tout le reste, et madame de Girardin a eu raison d'^crire :

Ce n'est que pour le faux que Paris est cr6diile : Qui ne croit pas en Dieu peut croire aux charlatans.

A d6faut de croyances religieuses, le Parisien du Boulevard a le sentiment de Phonneur d^v^lopp^ ^ un haut degr^, comme tous les Fran9ais d'ailleurs. Ce noble sentiment Pemp^che de commettre certaines fautes dans lesquelles tombent souvent des gens qui valent mieux que lui. Mais il s'y m61e une dose 6norme d'orgueil, qui est fatale au gouvernement de Paris. Comment en efFet serait-il facile de gouverner des gens qui se croient tous n6s pour ^tre empereurs ?

Au reste, I'honneur, sans humility et sans foi, fait perdre la notion de la justice, et pousse si des exag6rations d^plorables. Ainsi compris, I'honneur n'emp^chera pas un journaliste de publier une calomnie, €it de donner ensuite un coup d'6pee au calomni6 qui osera demander une reparation. Moins encore se g^nera-t-il de difFamer un pr^tre, ou une pauvre religieuse. Son honneur ne lui inspire pas m^me la pens6e que ces gens-lsl aient droit k leur reputation.

En outre, I'homme qui met I'honneur au-dessus de la vertu n'est pas toujours fier, et c'est pourquoi il arrive k notre Parisien de faire quelquefois liti^re de ses principes, et de subir m^me quelques affronts pour arriver k un poste d'honneur, ou obtenir une decoration. Les crachats dpres sur sa poi trine effacent les autres.

Hors ces cas interess^s, il est trfes exigeant en fait d'egards et de consideration — ce qui n'est pas la preuve d'un merite reel. Car le vrai merite aime la vertu pour elle-m^me et non pour les faveurs qu'elle rapporte. Si la faveur est refusee, la vertu reste et lui suffit. Mais il en est autrement pour le faux merite : il ne lui reste rien si la faveur manque. La consideration est pour lui comme un chiffre indiquant la valeur de la marchandise.

C'est pourquoi le boulevardier aime les principes qui cotitent le moins et qui rapportent le plus. Les croyances qui ne rapportent rien et qui exigent des sacrifices ne trouveront jamais en lui un serviteur bien fiddle. En faisant un retour sincere sur nous-

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mtoes, nous d^couvririons peut-6tre que plusieurs Canadiens sont Parisiens sous ce rapport.

La Fontaine a d6coch6 des traits fort m6chants contre la fatuity de ses compatriotes :

Se croire un personnage est fort commun en France. On y fait I'homme d'importance, Et Pon n'est souvent qu'un bourgeois.

C^est propreTnent le mal frangois.

La solte vanit6 nous est particuli&re.

Les Espagnols sont vains, mais d'urie autre mani^re : Leur orgueil me semble en un mot Beaucoup plus fou, mais pas si sot.

Cette satire tst sans doute exag6r^e — comme toutes les satires — mais le boulevardier I'a bien m6rit6e. II est essentiellement poseur. II a Pair suffisant et le verbe sonore, ou criard. 11 s'6coute parler avec autant de complaisance qu'il en met si savourer un motif d'op^ra — ou un cigare.

Une de ses nombreuses fatuit^s, c'est de croire que Paris — c'est-£l-dire Jui-m§me — a toutinvent^, et qu'il n'y a rien de bon ni de beau en dehors de Paris. Voici comment cette conviction se forme chez lui.

Sans doute, les theories nouvelles et les inventions surgissent de partout. Mais naturellemerit leurs inventeurs les apportent k Paris, parce qu'elles trouvent Isl un piedestal sur lequel on les apercevra de loin, et parce que Paris est un foyer immense d'oii elles pourront rayonner sur le monde. Notre Pari-

sien les examine, les vante, les nomme et finit par croire qu'il les a in ventres. II trouve si bien les mots, qu'il croit avoir trouv6 les choses. Ce n'est qu'une erreur 16g6re : il n'est point inventeur, mais inventif.

Au surplus, il faut en convenir, les vrais inventeurs sont rares. Trouver ce que personne n'a trouve avant vous, ^tre le premier, en quoi que ce soit, devient de plus en plus difficile.

C'est la remarque que me faisait I'autre soir M. X., et il ajoutait : voyez done Adam et Eve. Jusqu'^ present I'on avait toujours cru qu'ils 6taient bien les premiers • de I'espfece humaine. Mais voici que la science met en doute cette primaute ellem^me. Darwin compte de nombreux adeptes parmi nous, et Ton serait fort embarrass^ aujourd'hui de certifier que le gorille qui fat le pfere d'Adam n'6tait pas un bomme.

— Evidemment, lui ai-je r6pondu. Et I'aieul et le bisa'ieul d'Adam avaient sans doute aussi leurs pretentions fit n'^tre plus de I'espfece des singes, surtout s'ils ont pu pr6voir qu'un jour I'homme aurait la gloire d'engendrer le Parisien !

Mon interlocuteur s'est mis a rire, et tout en d6gustant son caf6 il a caus^ politique, litt6rature et surtout th^Mre d'une maniSre charmante. Car le boulevardier est fort aimable et spirituel.

De I'esprit, il en a presque autant qu'il veut, c'est- £l-dire un peu plus qu'il ne faut. II en a tant qu'il n'a pas le sens commun, ^t, malheureusement pour lui, c'est le sens commun qui gouverne le monde.

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