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HISTOIRE DE PARIS

SZNUE ce titre ne vous effraie pas, mon cher lec-

teur ; il n'est pas sérieux. Je ne ferai pas l’histoire de Paris, pour trente-six raisons, dont la moins bonne suffit : c’est qu'elle est déjà faite.

Un grand nombre d'écrivains ont entrepris ce travail, et l'ont fait plus ou moins bien. S'il faut en juger par le nombre de volumes qu’ils y ont consacrés, il n'y

aurait plus rien à dire sur la capitale de la France.

L'un de ses historiens, qui n’est pas absolument le premier venu—M. Emile de Labédollière—a même écrit ce que Paris était avant le déluge.

Je ne badine pas, il a raconté en détail cette-période, apparemment importante, de l’histoire de Paris, et il nous assure qu'elle remonte à quelques milliers de siècles! Rien que cela! Elle se compose, dit-il, des révolutions du sol ce qui prouve que Paris a toujours été révolutionnaire !

[1 paraît qu’alors les boulevards n'étaient guère différents de . ce qu'ils sont aujourd’hui, et M. de Labédollière, qui y était peut-être, dans la personne de quelque gorille devenu son ancêtre, nous affirme qu'un grand nombre de spécimens z00logiques s’y promenaient librement.

“ Le pélæothère, dit-il, sorte de tapir aux jambes grêles, “ abondait depuis la porte Saint-Denis jusqu’à Pantin. La loutre ‘ guettait le brochet sur:-le port Saint-Nicholas. Le renard “ chassait le lapin dans la forêt du Louvre”

Enfin il paraît que quadrupèdes, bipèdes—avec plumes et sans plumes—et anapèdes virculaient, sans craindre la police,

tout comme aujourd’hui, du Grand Opéra au Collége de France.

La :sule nouveauté qui soit remarquable dans notre siècle, c’est une autre espèce de bipèdes à plumes, qui s'est multipliée. outre mesure, êt dont l’origine se perd dans la nuit des temps ; si nous en jugeons par l'âge de Paris, elle a dû exister bien avant Adam.

Ce qui est certain c’est que celte espèce zoologique est au. jourd'hui tellement nombreuse à Paris qu'on ne saurait y faire deux pas sans en rencontrer quelques spécimens—qu'on appelie journalistes.

M. de Labédollière passe ensuite au Déluge, qu’il appelle un torrent du Sud-Est, et qui devient pour Paris un courant d'im migration. Les éléphants d'Asie, les élans d'Irlande et les pal: miers d'Orient y furent transplantés à la fois.

Alors, continue l'historien de Faris, “ les hommes sont déjà sur les sommités de l'Asie; dans quelques milliers de siècles ils émigreront par bandes nombreuses et viendront animer nos déserts. ” ; ;

N’insistons pas sur ces calculs de fantaisie qui feraient l'espèce humaine si vieille, et laissons M. de Labédollière disserter à perte de vue sur les origines plus ou moins vraisemblables. de Paris.

Tout le monde sait que Lutèce, qui fut le premier nom de Paris, prit naissance dans l'ile de la Cité. Mais cetétroit berceau ne put suffire [longtemps à cette ville d'avenir, et, comme le fleuve qui l’entourait n'était vraiment qu'un ruisseau, elle eut bientôt fait de sauter par dessus.

IL va sans dire que je ne vais Pas vous raconter l'enfance de

la Gaule, ni ses luttes contre les Romains. Mais il me semble

intéressant de comparer les habitants de Lutèce aux Parisiens, "et, sans hésiter, en lisant le Misopogon de l'empereur Julien, je proclame Lutèce au-dessus de Paris sous quelques rapports.

Mais si les Parisiens n’ont Pas su Conserver les mœurs aus. tères des Lutéciens, en revanche, il faut reconnaitre qu'après avoir passé par le christianisme, ilsen reviennent aux croyances religieuses de leurs ancêtres, et acceptent maintenant en grand nombre le dogme fondamental du druidisme,

En effet, les druides croyaient et enseignaient que ‘Les êtres créés sont appelés à se transformer graduellement depuis le dernier degré de l'existence Jusqu'au plus élevé: ” et M. de Labédollière dit: « Leur philosophie, comme on le voit, ne manquait ni d’élévation ni de logique.”

Il y à une autre chose qu'on voit aussi: c'est que leur

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