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LA LONGÉVITÉ PAR LE CAFÉ

Les savants et les philosophes qui se sont occupés à diverses époques du grand problème de la prolongation de la vie par des moyens artificiels, ont généralement compris qu’il fallait en chercher la solution dans le ralentissement des mutations organiques.

Mais la réalisation de leur rêve les a presque toujours entraînés à des aberrations étranges.

Ainsi Bacon et Maupertuis conseillaient d’empêcher la transpiration en recouvrant le corps d’un vernis imperméable.

Grusselback, d’Upsal, s’imaginait pouvoir suspendre la vie par un abaissement graduel de température.

Cardan voulait réduire l’homme à une immobilité absolue, prétendant que si les arbres vivent des siècles, c’est parce qu’ils ne marchent pas.

Le café devait un jour réaliser en partie les résultats merveilleux que l’on demandait, en vain à

des procédés bizarres ou à des arcanes tels que les sels astraliques , la teinture d’or , les essences aériennes.

La physiologie expérimentale a découvert dans le café une propriété singulière qui explique, disons-le en passant, la facilité avec laquelle les générations modernes se sont soumises instinctivement à la domination de ce produit étranger.

Le café rend plus stables les éléments de notre organisme.

Il ralentit le double mouvement de composition et de décomposition moléculaire.

Il empêche le corps de se « dénourrir » , pour nous servir de l’heureuse expression d’un auteur, et devient par là même un agent précieux de longévité.

Mais le café ne joue pas seulement un rôle important dans la statique animale; c’est aussi une boisson intellectuelle.

A ce dernier titre il peut encore contribuer à prolonger la vie en développant ces éléments de spontanéité psychique et d’activité cérébrale qui

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