‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 115 sur 155 · Le Correspondant, 10 juin 1908, p · texte numérisé non relu

Le Correspondant, 10 juin 1908, p

2. Gomme nous l'avons vu dans la première partie de ce travail, c'est ce principe d'action une fois découvert qui a permis à M. Maui'ras l'étude méthodique et scientifique des conditions d'existence de la société. Notons, d'ailleurs, que, sur ce terrain, entre M. Maurras, d'une part, et de l'autre, M. Vaugeois et les anciens membres de l'Union pour l'action morale qui fondèrent l'Action française, on chercherait vainement, à l'heure actuelle, des divergences pratiques importantes. Ils peuvent être extrêmement divisés sous le rapport des doctrines philosophiques : la genèse de leur nationalisme, les fondements qu'ils lui assignent varient avec chacun. Mais leurs conclusions de fait sont identiques. M. Maurras se distingue de ses collaborateurs en ce qu'il n'a jamais donné dans l'individualisme si fort en honneur jadis à l'impasse Ronsin et qu'il a toujours défendu, — avec une fougue d'intensité variable, — le postulat de la patrie. Il s'est contenté d'amener ses amis à un terme qu'il avait atteint depuis lonp-temps. Tous s'accordent en ce point précis et, au regard du résultat, peu importe cette contradiction que l'on a pu relever (Parodi, Traditionalisme et Démocratie, p. 180) entre la con-

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Français ^ », que l'on substitue, comme normes de Tactivité humaine, aux principes rationnels, ne relèvent-elles donc pas également, dans cette théorie, de la raison seule, ne sont-elles pas soumises à son unique contrôle, puisque aucun autre juge, aucune autre raison ne domine la raison ? Et celle-ci n'estelle pas, pour M. Moreau, pour M. Maurras, comme pour le rationaliste pur, la seule mesure de ce qui s'affirme ou se nie ^ ? — A cette objection, Ton répondra qu'il n'y a pas contradiction véritable à reprocher aux rationalistes d'invoquer la raison comme règle efficace de leur activité, et à soutenir au même lieu que c'est à la raison de prononcer entre les sentiments qui font mouvoir les hommes, — s'il est vrai que le rôle de la raison pour le nationaliste se réduit à nous éclairer sur les effets de nos sentiments, de nos tendances, à nous faire voir jusqu'à quel point ces ten-

ceplion tout empirique que M. Maurras se fait des lois sociales et la conception toute romantique de l'instinct national qu'on attribue à M. Vaugeois. — Si cette dernière conception est vraiment romantique chez M. Vaugeois, il se pourrait d'ailleurs qu'elle le fût également, quoiqu'à des titres divers, chez M. Maurras : et c'est ce que nous allons immédiatement examiner.

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