‹ A travers l'œuvre de M. Ch. MaurrasChapitre 117 sur 155 · Cocarde, 15 décembre · texte numérisé non relu

Cocarde, 15 décembre

dehors de l'absolu? si elle s'abstient, comment la société se maintiendra-t-elle ?

Ici nous n'avons qu'à enregistrer une lamentable défaillance. Après avoir tenté de restaurer le règne de l'intelligence et revendiqué pour elle ' le pouvoir de choisir entre ce qui incarne la puissance individuelle et la force sociale, M. Maurras ne lui accorde pas de se prononcer sur ce point critique autrement que d'une manière conditionnelle. L'ordre social est nécessaire pour ceux qui veulent la prospérité commune : quant au bien commun, qu'est-ce qui le fait vouloir, tous le doiç^ent-ils vouloir ? M. Maurras, pour éviter une contradiction flagrante, s'épargne ici de répondre : il se dérobe et se retranche dans son relativisme agnostique ^. Mais en vain : la logique a vite fait de reprendre ses droits.

Les besoins, les exigences personnels sont en effet beaucoup plus présents à l'individu, beaucoup plus impérieux que le souci de la communauté. Avant de penser aux autres, son instinct, non pas confus cette fois, mais précis et inéluctable, le fait s'occuper de lui. Un conflit survient-il entre ses intérêts et ceux de la société, peu lui chaut cette humanité qui passe, dont il n'est qu'un moment et qui n'aura cure de son sacrifice. Se sacrifier à la

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